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en jour, elle approche davantage de notre frontière nord-est, dont elle est chargée de fortifier les postes ..
Ainsi parla à l'agence Renier, c'est-à-tlire à l'Europe, le représenlant de l'Elal du (^ongo ; nous verrons, par la siiilo, ([u'en rendant publiques les notes qui lui avaient été remises, il ne lit que préparer L'()i)inion aux vastes et chimériques projets que nourrissait son souverain, (^es renseignements, bien faits |)()iir donner une idée lavorable de la i)uissance niililaire du Coiigo, fui en réédités par VK toile Belge sous forme d'interview de M. E. Van lùdvelde, secrétaire d'Etat de l'Etat Indépendant du Congo, au moment même où le roi se trouvait à Paris, en conférence avec MM.. Ribot, Hanotaux et Lebon ; ils furent reproduits par le 2'emps.
Le gouverneur général Wahis alla prendre à Aix-les-Bains, les dernières instructions du souv( rain II s'embarqua pour le Congo par la malle (in G et repris, à Borna, la direction du gouveriiemenl local, le l^'" octobre. Le baron Dhanis le suivit par la malle du (5 novembre.
Tandis que Dhanis conférenciait à Londres, un brillant officier de l'infanterie coloniale française, très au courant des choses du Soudan, où il avait fait sept années de campagne, le comman-
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danl Marchand, élaborait, à Paris, le plan d'une mission à conduire dans le haut Ubangi, en vue d'j' aller soutenir l'action du commissaire général Liolard. Déjà, après la conclusion de l'accord franco-anglais, M. Liolard avait reçu mandat de M. Delcassé, ministre des colonies du cabinet Dupuis-Hanolaux, de chercher à ouvrir l'accès du Nil aux possessions françaises de l'Afrique centrale. L'année suivante, le cabinet Ribot, à l'initiative et à la requête de M. Hanotaux, résolut de faire soutenir les efforts de M. Liotard par une mission militaire. Cette résolution fut le p(jin[ initial de la mission du commandant Marchand qui, au mois de septembre 1895, c'est-àdire au moment où le souverain du Congo se trouvait à Paris, soumit son plan au ministre des colonies. Il proposait de remonter l'Ubangi et le Bali et, parvenu au Bahr-el-Homr, de gagner le Bahr-el-Gazal, puis d'atteindre le Nil ])lanc, à Fashoda.
Le commamlant llanolcl, ancien chef des postes congolais du haut Ubangi, qui, par la mission dont il avait été charge auprès du sultan Rabah, était plus ou moins au courant des desseins politiques de son souverain, se rendit alors à Paris, chargé d'une mission confidentielk'. 11 y séjourna
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plus d'un mois. Ses conseils vl les renscigiieiiiciils qu'il donna y l'urenl haulcnicnl ■ij)|)réci6s et reconnus ])ar l'oclfoi d'une disLinclion Iionorififjue. Toutefois, ce ne l'ut que sous le niinislère suivant, préside par M. Bourgeois, que le départ de l'expédilion fut ordonné : M. Guiesse, minisire des colonies, en signa les inslructions, le 24 février 1896. Le départ du personnel eut lieu les 25 avril, 10 et 25 mai.
Puis, toutes les dispositions étant prises en Europe, le commandant Hanolet, nommé commissaire général, s'embarqua i)our le Congo, à Anvers, le 6 juin ; le capitaine Leroi, second de Dhanis, à Lisbonne, le 23 ; le commandant Marchand, à Bordeaux, le 25.
La mission française, à peine débarquée à Loango, le 23 juillet 1896, eut à se débattre contre toutes sortes de difricultés. le lon^^ du /entier, qui, à travers la forêt du Miayumbe, mène à Brazzaville. Quel ne dut pas être le profond ennui du commandant Marchand, qui avait reçu du ministre des colonies une mission toute pacifi(|ue, de devoir, à peine arrivé en Afrique, entamer une lutte sérieuse contre les indigènes révoltés, brûler trente villages, livrer plusieurs combats, avant de réussir à s'ouvrir un passage et à faire
passer ses charges. Comme rien n'avait été préparé pour le recevoir, il fut immobilisé sept mois entre Loango et le pool. Ses premiers soldats n'arrivèrent à Brazzaville qu'à la fin de l'année. De nouvelles difficultés l'attendaient, car ses transports fluviaux n'avaient pas davantage été assurés. L'I-llal du Congo apporta alors à la missif)n française une aide efficace en niellant à sa disposition son steamer la Ville de Bruges^ qui lit deux voyages jusqu'au i)ied des rapides de rUbangi. Le capitaine Costermans, qui commandait à Léopoldville en fut récompensé par l'octroi de la Légion d'honneur.
Les mille soldats recrutés ,[)ar Dhanis dans les postes des Falls, du Manycma et de l'Iluri et qui encadraient environ deux mille indigènes jprécilîitamment armés, ne parvinrent pas, malgré toutes les diligences, à quitter Stanleyville, avant septembre et octobre 1896. Le gouverneur général Wahis s'était porté aux Falls pour transmettre les dernières instructions royales et assister au départ.
Le capitaine Leroi prit }c commandement de l'avant-garde qui se dii'igea, via Avakubi, Kavaîi et Kilo, vers Redjaf sur le Nil. De son côté, le capitaine Clialtin quitta Dungu, le 14 décem-
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bvp suivant, à la têle de 700 hommes. Celui de ces deux officiers qui arriverait le premier à Redjaf, devait en déloger les inahdistes, s'y fortifer et prendre le commandement de l'enclave. Le second devait attendre l'arrivée du gros de l'armée et se joindre à celle-ci pour marcher en avant. Tel était le plan. Les instructions ne prescrivaient pas au chef de L'expédition d^ivoir à respecter le parallèle S^SO' fixé comme limite septentrionale à l'enchive par la convention francobelge. Au contraire, il lui était recommandé, mais sans autre détail, de pousser rapidement vers le Nord, en suivant la rive gauche du fleuve, aussi loin qu'il le pourrait. Nous avons tout lieu de croire que Dhanis ne fut pas mis au courant du but politique de son expédition et (pi'il était simplement porteur d'un j)li cacheté à ouvrir à son arrivée dans les parages de Fashoda.
Des journaux étrangers ayant annoncé qu\ine entente avait été conclue entre TEtat Indépendant et d'autres puissances, en vue d'une action militaire commune au Soudan, M. Lorand interpella le gouvernement. M. de Favereau lui répondit en donnant lecture d'une note dans laquelle il était rappelé que ces bruits avaient déjà été démentis par la presse et qu'au surplus, la
Belgique n'avait i)as à s'immiscer dans l'adminislralion tie l'Ktal du Congo. M. Lorand ne s'élanl pas nionlré satisfait dos déclarations, trop sommaires à son avis, du ministre des Affaires étrangères, M. de Smet jde Naeyer intervint poi affirmer d'une manière catégorique que l'Etat Indépendant n'avait conclu avec aucune puissance des conventions autres que celles qui avaient été publiées.
La réponse du chef du cahinel semble i)rouver que le souverain du Congo n'avait pas jugé nécessaire de mettre ses ministres belges como.è^- Icmeiit au courant de Ja vaste entreprise militaire qu'il })()ursuivait dans le bassin du Nil.