L'INAUGURATION DU CHEMIN DE FER
En dehors des entreprises niloliqucs, l'histoire du Congo est sobre de faits marquants, pendant la période 1896-1900.
Si l'on excepte la belle exploration du commandant Brasseur dans la région de l'Urua, en 1896. el celle non moins féconde en résultats scientifiques, du commandant Ch. Lemaire, aux sources du Congo, en 1898-1900, l'achèvement et l'inauguration officielle de la grande entreprise privée du chemin de fer, requièrent seuls l'attention.
La première moitié de la ligne de Matadi au Stanley-Pool fut inaugurée, jusqu'à Tumba, le 22 juillet 1896, par le vice-gouverneur général Wangermée. La locomotive atteignit le pool, le 16 mars 1898. Les cérémonies de l'inauguration officielle de la ligne furent présidées par le colonel
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Thys, dircctciir-gcncral, assiste des directeurs Espanel et (Tûffiii. Elles eurent lieu, du 2 au 8 juillet, en présence de M. Fuchs, vice-gouverneurgénéral de l'Etat, du comte H. d'Ursel, représentant le gouvernement belge, de M. Buis, bourgmestre de Bruxelles. Il n'est pas au Congo une œuvre qui ait mieux mérité de la civilisation. Les puissances signataires de l'Acte de Berlin le reconnurent en envoyant des délégués assister officiellement à son inauguration. Dans les cérémonies, c'est le baron von Dankelmann délégué de r.Vllemagne qui, en 1882-83. avait fait un séjour dans le bas-Congo, qui i)rit la parole en leur nom.
Outre les directeurs cités, le personnel de l'entreprise a compte parmi les ingénieurs de sa construction : MM. Trouet, Paulissen, Adam, De Backer, Cito. Biermans. Le docteur Bourguignon, (jui fut déjà le médecin des études, en 1887, est encore aujourd'hui, le chef du service sanitaire. L'année suivante, le capitaine Mahieu achevait la construction de la ligne télégraphique qui relie le bas Congo à la station de l'Equateur.
On devait sup])oser que l'achèvenient du chemin de fer des chutes allait, dès 1<S!)7. |)rovoquer de nouvelles initiatives du commerce ])rivé.
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à la suite des facilités de coiniminication que la voie nouvelle allait lui offrir. Mais la mainmise (le ri^tal cl (les sociétés à monopole avait enrayé (oui élan, paralysé toute initiative et le mouvement, qui avait élé si vif avant t892, n'aboutit pas. Cependant, le fait qu'une partie du bassin du Kasai était encore ouvert au commerce libre, ])rovoqua la constitution de quelques petites entreprises au capital restreint, créées en vue dc- la récolle du caoutchouc. Déjà la Société hollandaise et la Société belife du haut Congo y avait des factoreries.
Pour le surplus, l'activité officielle du gouvernement central semble surtout avoir été accaparée, d'une part, |)ar la l'épression de deux révoltes militaires, d'autre part, par l'exploitation du domaine de l'Etat. La mutinerie des Batetèla de Luluabourg et celle des soldats de l'expédition Dhanis furent longtemps pour l'Etat un cauchemar et une lourde charge. Poursuivis, cernés ei battus, les mutinés, bien armés, ne tardaient pas a reformer leurs, bandes et recommençaient leurs brigandages. 11 fallut de longues années pour en avoir raison.
Quant à la récolte de l'ivoire et du caoutchouc, e!le tînt toutes les promesses faites à la veille
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de la discussion du projet d'annexion. L'exportation de l'ivoire, qui avait été de 186 tonnes, en 1894, s'éleva à 273 tonnes, en 1895; à 246, en 1896; en 280. en 1897, ce qui représente, pour ces trois années seulement, une valeur d'environ 13 millions de francs. La progression des envois de caoutchouc est plus suggestive encore. L'exportation qui était de 338 tonnes, en 1894, atteignit 577 tonnes, en 1895; bondit à 1,317 tonnes, en 1896, et à 1.662 tonnes, en 1897, représentant pour les trois dernières années une valeur d'environ 18 millions de francs. Chaque année, la part du Domaine privé et des deux sociétés à monopole 1' Anversoise» et r«Abir» devenait plus grande, dans le chiffre global. La fâcheuse situation finanière de 1894 s'était modifiée du tout au tout.