ET LA PROPOSITION D'ANNEXION DE
M. BEERNAERT.
A la séance de la ('hainbre du 15 février li)01. le comte de Smet de Nneyer, chef du cabinet, déclara que la dite convention arrivait à son terme le LS, et qu'il était autorisé à déclarer que le gouvernement de l'Etat du Congo consentait à retarder Jusqu'après les vacances de Pâques la décision à prendre par le Parlement, sur l'annexion ou l'abandon du Congo. A la séance du 29 mars suivant, il déposait un projet de loi signé la veille par le Roi et qui portait simplement : « Le remboursement des sommes prêtées... ainsi que la débition des intétêts sur les mêmes sommes^ sont suspendus».
17 1 I.A SECONDE TENTATIVE d'aNNEXION.
Al! projet c'tait annexée nne lettre de M. Van lù'tvekle. ([ui interprétait la lettre écrite par le roi à -M. Heernaert. du (S août 188!). Le ministre de !'l">lat dn ('.ongo annonçait, notamment, qne son souverain se réservait le droit d'invi'.cr hi Belgique à prendre nne résolution définitive et immédiate si. par la suite il était amené, par les intérêts en cause à vouloir mettre un ternie '"à sa mission.- Cette phrase diplomatique faisait, entrevoir une révocation possible du testament royal ([ui. en 1890. avait soulevé tant d'enthousiasme. ."Mais contre la pensée d'une modification quelconque au document royal, d'aucuns protestèrent avec indignation.
Qiuant à l'annexion, le cabinet belge feignait de ne j)as se prononcer, d'abandonner au Parlement le soin de la faire ; mais il s'empressait de déclarer que. sans dissuader le pays de la reprise, il lui semblait que son opinion n'était ])as encore faxorable. Cette formule équivoque souleva de vives criti(|ues. Si la Chambre votait le j^rojet qui lui étailsoumis. les garanties qu'offraient les conditions des prêts faits en 1890 et 1895 disparaissaiciit. De plus. IT^tat du Congo reprenait le droit de faire te! emprunt ([ui lui ])lairail. sans avoir à solliciter raulorisation du prêteur, et les profits
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qu'il allait tirer de ses cessions de terres ou de mines ne devaient plus servir, avant tout, à réduire sa dette. Enfin, le projet allait jusqu'à enlever à la Belgique le libre choix du iuoni:'iit où elle annexerait. C'était le retour à la situation ante 1890, avec cette aggravation que l'œuvre humanitaire et civilisatrice, couronnée, à Berlin, en 1885, s'était transformée en une vaste entre- ])rise commerciale dirigée suivant des procédés à jamais condamnés.
Ou su bien vite que le roi était opposé à toute cession du Congo à la Belgique et que le cabinet n'avait eu qu'à s'incliner devant sa volonté Inen arrêtée. Cependant, un groupe de députés conservateurs au courant des dessous de la politique congolaise, estima que la solution proposée était contraire aux intérêts l)icn compris du pays, en même temps qu'elle ne tenait aucun compte des complications internationales qui s'annonçaient. M. Beernaert déposa donc, le 29 mai, \\\\ con[re-i)rojet proi)osanl l'annexion immédiate pure el simple, que signèrent avec lui MM. Léon de Lantshëere, Auguste Delbeke, Heynen et Verhai'gen. Les socialistes, i)ar l'organe de leur leader, M. Emile Vandervelde, s'élevèrent énergiquemenl contre le projet gouvernemental. Le