‹ Histoire politique du Congo BelgeChapitre 36 sur 110 · LA SECONDE TENTATIVE I)\\NNEXI0N · texte numérisé non relu

LA SECONDE TENTATIVE I)\\NNEXI0N

Peuple alla jusqu'à laisser sous-cnteiidrc que certains députés de l'extrême gauche voteraient plut(M la proposition Lk-ernaeii cpu' Je projet de Smel. La gauche modérée s'interrogeait et méditait.

A la Chamhre, M. Paul Ilymans déclara que, si le gouvernement avait proposé l'annexion, en soutenant sa proposition par un ensemble de renseignements sur la situation du Congo et on saisissant le parlement d'un projet réglant le régime de la colonie, le pays aurait suivi. Mais le chef du cabinet était plus préoccupé de plaire au souverain du Congo que soucieux des intérêts coloiii;,ux tie !a Relgicjue. Quekpies explications comjilémenlaires ne vinrent qu'au moment même du dé]3ol de la proposition Beernaert et, fait qui met en évidence raffaiblisscment de l'autorité ministérielle sous le cabinet de Smet, elles furent alors fournies par un gouvernement étranger. l'Etat du Congo.

Dans une Note Verbale» celui-ci s'expliqua sur sa décision de ne pas conclure de nouvelle convention et promit d'avertir patriotiquement la Belgique lorsque le moment d'annexer serait venu. En même temps, le roi-souverain adressait

LA LOI DE SMET ni-, >aF.YER. 177

à M. Woeste, ministre d'Iîtat et membre Je la Chambre, une lettre dont celui-ci lut, en commission, (les extraits. Le Roi y déclarait que si la pro])osition d'annexion de MM. Beernaert et consorts, devait être volée l'I^tat Indépendant du Congo se refuserait naturellement à continuer son administration, à i)articiper à une sorte de gouvernement mixte qui, en pratique, serait un véritable chaos et ne produirait, tant an i)oint de vue intérieur qu'au point de vue extérieur, ((u'ébranlements, inconvénients et mécomptes».

Cette lettre était une très insolite intervention du souverain du Congo dans les affaires parlemeniaires de la Belgique. Elle eut néanmoins comme l'a dit M. Emile Vandervelde au cours des débats, l'avantage de faire connaître l'arrière pensée royale : pas plus, en 1901, qu'en 1895, Léopold II ne voulait de l'annexion.

Devant une volonté aussi impérieusement exprimée par le chef de l'Etat, ([ue pouvaient faire les sénateurs et les députés de la majorité, les personnalités financières engagées dans les affaires du Congo?... Evidemment les intérêts su- |)éricurs du pays, les rapports avec les puissances, l'avenir de la future colonie belge imposaient l'irréductible résistance à la politique congolaise,

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