LE CAUCHEMAR DE L'EXCLAVE
la partie méridionale du Bahr-ei-(iazal, à l'ouest de la rivière Ye et au sud du 5f"^ parallèles, territoire qu'il recevrait à titre de possession souveraine définitive, ce qui devait mettre fin à la question du territoire pris à bail sur lequel ses prétentions étaient de plus en plus contestées. Le commandant Charles Lemaire, fut chargé d'aller reconnaître rapidement si le pays offert en échange de l'enclave, était suffisamment avantageux.
En même temps, et dans le i)lus profond secret, l'Etat organisait une seconde inisslon, d'allure scientifique, également destinée au Bahr-el- Gazal, celle des capitaines Royaux et Van Landeghem. De la résidence du sultan azande Doruma. elle devait, en longeant la ligne de faîte Nil-Chari, gagner secrètement Hofra-en-Nahas et occuper militairement les mines. Mais les forces anglo-soudanaises lui barrèrent la route et rexpédition regagna l'Uele.
L'expédition Lemaire réussit, après avoir traversé du sud au nord toute l'enclave de Lado, à pénétrer plus au nord, dans le territoire contesté, jusqu'aux chutes de Strauch, par 6°, où elle prit contact avec les troupes anglaises. Après sept mois de palabres, l'ordre lui parvint <le rétro^ga-
191 LES DÉBUTS DE L'aBSOLUTISME.
dcr. Lemaire, après avoir conclu avec les Anglais un accord provisoire, quitta le Nil, laissant les postes occupes à son successeur, le lieutenant Paulis. Nous passons sur les tristes incidents qui suivirent et qui, à la suite des insti'uctions envoyées de Borna, eurent pour résultat la fermeture momentanée de la route du Nil par les Anglais. Finalement, les officiers belges, qiii. depuis tant d'années, peinaient dans les territoires pris à bail, reçurent l'ordre de battre en retraite et d'évacuer tous les postes qu'ils y avaient créés.
Dans toute cette affaire, le gouvernement anglais agit avec une grande circonspection et une diplomatique prudence. Malgré les provocations, il se garda du moindre acte de violence : on n'eût pas manqué de proclamer une nouvellefois qu'il rie s'en prenait jamais qu'aux faibles.