AUX PARLEMENTS ANGLAIS ET BELGE
M. Janson. réclama de l'Etat du Congo la fin des abus engendrés par l'esprit de lucre. Il y a danger pour le Roi, dit-il, à devenir spéculateur et commerçant. On objecte que les bénéfices qu'il réalise, il les dépense en grands travaux publics, à Bruxelles. «Je ne veux pas du Mont des Arts, s'écria-t-il, s'il doit s'élever grâce à de cruelles corvées». Enfin, M. Hymans se rallia sans hésiter à l'ordre du jour de AI. Woeste, parce qu'il répondait d'une façon adéquate à l'interpelliition étrangère que l'on avait reproduite au Parlement belge. 11 ne voulait pas s'associer à la campagne anglaise.
Le spectre de l'étranger agité par M. Woeste et le Cabinet eut raison des vérités révélées par Topposition. La grande majorité des députés, en suspectant l'humanité du gouvernement du souverain du Congo, eût craint, du reste, de dépJaire au roi des Belges. Même aux heures des décisions les plus graves, la politique de courtoisie se refuse à abdiquer. Elle est une des caractéristiques des minorités anémiques.
L'ordre du jour fut voté par 90 voix contre 33 et 7 abstentions. Tel était le sentiment de la Chambre belge, au mois de juillet 1903.
Cependant les événements devaient bientôt
224 LES DÉBUTS DE l'ABSOLUTISME.
(loiiner raison aux iiitcrpellateurs. L'enquête, réclamée par les socialistes et les radicaux et rel)oussée par le gouvernement, soutenu par k.s catholiques et les libéraux, allait se faire et la vivi lumière quelle projetterait sur la triste co.i- (lilioii des [)Oj)ulations indigènes du Congo, allait dessiller bien des yeux. Telle est la puissance de la vérité que ceux-là mêmes qui s'étaient patriotiqucment refusés à accorder créance aux faits précis apportés à la tribune nationale par -MM. Vandervelde et Lorand. allaient devoir protester à leur tour, devant l'avis conforme des magistrats enquêteurs.