RUBBER SYSTEM
Les Anglais des colonies, qui simplifienl tout, ont choisi ces deux mots, qui signifient : Je sysiènic du caoutchouc, pour désigner d'une manière (•o)icrèle et saisissante, le régime appliqué, dans TElat du Congo, à l'explollation par les indigènes des forêts des donîaiiics et des sociétés concessionnaires.
L'impôt n'est pas payé en numéraire, mais en travail . Dans les districts à caoutchouc, le con- Iriljuable au lieu de fournir de la main-d'œuvre, est tenu à livrer un nombre déterminé de kilogrammes de caoutchouc. S'il est en défaut vis-àvis du fisc, celui-ci a recours à divers moyens de contrainte : les chefs sont retenus, châtiés jusfiu'au moment où leurs sujets ont fourni le iiond)re de kilos exigés ; on prend des otages ; on
emprisonne des femmes et des enfants ; la chicolte est appliquée aux récolteurs qui n'apportent ]):is au poste l'imposition prescrite. Des sentinelles sont placées dans les agglomérations pour surveiller le travail des natifs. Les villages récalcitrants reçoivent la visite de patrouilles militaires. Parfois des expéditions «punitives» vont infliger aux habitants un châtiment exemplaire. Des villages sont incendiés. Les indigènes fuyards sont traqués. Les instincts sauvages des traqueurs se réveillent. C'est au cours de ces chasses que des mains ont été coupées par les soldats noirs, sur des cadavres d'indigènes tués.
Le système s'étend à la fois sur le territoire et sur la population, sur les richesses naturelles et sur le travail de Tindigène. Après tout, ce n'est qu une forme nouvelle de l'esclavage, d'apparence moins odieuse que celle qui dépeupla l'Afrique, aux siècles passés : le Congolais n'est plus arraché à son sol natal ; il demeure dans son pays dOrigii'e, pour en extraire les trésors au profit d'un maître étranger tout puissant : Boula Matari. Tout est à redouter d'un pareil système applicpié ])ar un gouvernement (jui se revendi(pie des idées niodcnu's et fait un constant étalage tle sa mission