LA LETTRE ROYALE DC 3 JUIN
de la colonie, d'en diriger l'exploitation, d'y introduire les réformes jugées par elle nécessaires, de régler l'emploi de ses ressources ? Allait-on, après l'annexion, voir se dresser en face de l'aulorité belge, l'autorité des comités royaux, inamovibles, dirigeant la Fondation de la Couronne et le Domaine National ?
Les membres du cabinet belge ne furent pas les moins stui)éfaits devant les documents du 3 juin. «Au dernier tournant de la roule, écrit M. Vanden Heuvel, ministre de la justice du cabinet de Smet, le roi embarrassa singulièrement lui-même le succès de son œuvre, par le ton impérieux de son langage, par un désir excessif de conserver à sa disposition d'impcrlantes rp^ssources pour les travaux qu'il projetait, enfin par une méfiance extrême à l'égard des pouvoirs publics».
La lettre royale et le nouveau testament faillirent même provoquer une crise ministérielle. ; Le ministère protesta immédiatement, écrit le même auteur. 11 ne pouvait rester aux affaires si l'obligation dont parlail le codicille était une obligation dans le sens littéral du mot . Mais le roi a toujours exercé un irrésistible ascendant sur son entourage immédiat : l'incident demeura momentanément sans suite.