XL VII
Les deux fondations semblent avoir été la rançon des quelques décrets de réformes que le Biilleiin Officiel publia en même temps que la lettre royale et le codicille y annexé.
La Commission d'examen créée, le 31 octobre
1905, à la suite du rapport de la Commission d'enquête, avait discuté pendant de longs mois. Elle avait déposé un rapport qui est demeuré secret. Des réformes furent décrétées le 3 juin
1906. Elles reconnaissaient aux indigènes un droit d'occupation sur les terres qu'ils cultivaient ou exploitaient et autorisaient l'administration à attribuer aux villages, dans des buts de culture, des terres plus étendues. Le régime des impositions indigènes était amélioré. Les chefferies étaient réorganisées. Les opérations de police et
les opérations militaires étaient réglementées. Mais la reforme fondamentale, — celle qui, seule, pouvait relever le sort des indigènes, était esquivée. On ne restituait pas aux populations le droit de récolter librement les produits naturels du sol dépendant de leurs villages. La ttiéorie des terres vacantes était maintenue dans toute sa rigueur et avec toutes ses conséquences, — y compris l'arrêt du développement économique des populations noires et l'absence de liberté commerciale.
Les réformes décrétées étaient donc insuffisantes. Elles extirpaient quelques abus trop criants, mais visaient à conserver les bases du régime. Elles les consolidaient même. Un rapport des secrétaires-généraux, portant la même date que les décrets et publié en même temps que ceux-ci. n'en faisait pas mystère. Il déclarait que l'existence de l'Etat était intimement liée à l'existence de .son domaine. On semblait donc plus loin que jamais d'un retour au régime de la libre disposition par les indigènes des produits de leur sol et du rétablissement de la liberté commerciale.