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LE CONGO ET L'ANGLETERRE

La silualioii élail plus Lciulue encore en Afrique qu'en Europe : Léopold II prenait comme un malicieux plaisir- à la com})liquer el à la rendre 1)1 us i)érilleuse de jour en jour. Nous avons dil à la suite de quels incidents la mission du commandant Lemaire fut envoyée dans le bassin du Nil. Au lendemain de son départ du Bahr-el-Gazal, il s'en fallut de peu que les agissements de l'Klat du Clongo ne fussent considérés par le cabinet de Londres, comme un casus helli.

Le 8 mars 1905, au poste de la Meridi, le commandant avait réussi à signer avec le major Boulnois, gouverneur du Bahr-el-Gazal, un modus Vivendi pour le maintien du bon ordre dans les territoires contestés, arrangement provisoire également honorable pour les deux gouverne-

nu'iils en cause : celui du Soudan assuniuil Tadminislration du territoire pendant la durée des négociations diplomatiques ; celui du Congo conlinuail à occuper les vingt stations créées et armées par ses officiers. Le 22 avril, Lemaire céda son commandement à son second, le lieutenant Paulis et rentra en Europe. Dès que l'arrangement de la Meridi fui connu, à Londres, le gouvernement donna oidre de lever tous les postes anglo-soudanais situés au sud <lu parallèle 5" 30' sauf un. Par contre, à Bruxelles, on s'empressa de prendre les disj3ositions les plus agressives : on combla les vides du personnel européen de la mission scientifique»; on lui envoya des renforts en soldats et en munitions ; on lui télégraphia d'avoir à occuper les postes abandonnés par les forces soudanaises, en même temps qu'on lui donnait des instructions de guerre.

L'Angleterre si conciliante jusqu'alors se fâcha, sans toutefois songer encore à la menace. Elle somma l'Etat indépendant d'avoir à retirer ses soldats au sud de 5° 30' de latitude et. comme première sanction à cet avertissement, elle ferma le Nil à ses couriers et à ses transports vers l'enclave.

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La fcniiclurc du Nil ayant réduit à merci le gouvernement du Congo, celui-ci abandonna son attitude belliqueuse. Les postes furent levés précipitamment, les négociations diplomatiques reprises et le baron van Letvelde, ministre d'Etat, reçut, dans les i)liis mauvaises conditions, la délicate et pénible mission de les faire aboutir.

La convention signée, à Londres, le 9 mai 190(5. mit fin au litige. Les officieux en célébrèrent les clauses comme une nouvelle victoire de la diplomatie du roi-souverain, mais celui-ci ne cacha pas à son ministre, son vif mécontentement. Si la question des territoires à bail a été réglée sans effusion de sang, c'est grâce à la circonspection et à la louganimité du cabinet anglais, à la patriotique habileté de MM. Lemaire et Paulis, à la raison du baron van Eetvelde.

Restait à résoudre le différend dérivant des sombres pratiques du rubber system » .

Les relations diplomatiques entre le Congo et l'Angleterre en étaient arrivées à l'état aigu. Les «livres blancs» en font foi. L'échange de dépêches entre sir Edward Grey, ministre des Affaires étrangères, et sir Arthur Hardinge, ministre du roi, à Bruxelles, était incessant. «Vu l'état de l'opinion dans ce pays, au sujet des affaires

de l'Klal du Congo, écrit le IG avril, sir Edward. il importe que je sache ce qu'il est permis d'attendre ([uaut à la cessation des abus qui me sont constamment signalés... Répondant à des (|uesli()ns et à des discours, à la Chambre des Communes, j'ai évité jusqu'ici toute discussion sur les affaires révélées par la Commission d'enquête. On espère que les réformes seront réelles, efficaces, et appliquées sans tarder. S'il en était autrement, il serait impossible d'éviter les controverses et les commentaires hostiles...» Sir Arthur allait voir le chevalier de Cuvelier qui^ invariablement, lui répondait: «Les affaires intérieures de l'Etal du Congo, comme celles de tout autre Etat indépendant, ne regardent que lui seul et nous ne pouvons nous départir de ce principe d'autonomie . L'échange de vues avait donc pris un ton plutôt aigre, lorsque parut, au Ballet'n officiel, l'ensemble des documents portant la date du 3 juin 1906.

A ce moment, la session parlementaire belge était close. Mais, à Londres, le phare qui, dans la soirée, brille au sommet de la tour du Parlement, disait que les Lords et les Communes délibéraient. La lettre du roi-souverain et les dé-

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