LE CONGO ET L'ANGLETERRE
crels de réformes du 3 juin, y raiiieuèrcnt, les 3 et 5 juillet, la question du Congo.
A la Chambre hnute, lord Reay, ancitMi soussecrétaire d'Etat pour les Indes, le marquis de Lansdowne, ancien chef du Forcign Office, l'archevêque de Cantorbéry, primat de toute l'Angleterre et le marquis de Ripon témoignèrent «de l'absolue unanimité existant au sein de i'assembléc, sur la question en discussion . Aucun des oi'ateurs ne voulut admettre <les prétentions extravagantes qui ont été émises récemment par le chef de l'Etat du Congo, entendant traiter ces vastes territoires comme s'ils étaient son bien l)rivé propre et sans direction aucune du dehors». Lord Fitzmaurice, sous-secrétaire d'Etat, d'accord avec les nobles lords et répondant au nom du gouvernement, estima toutefois (qu'il serait de bonne politique pour l'Angleterre de subir 1 influence de l'opinion en Belgique et de veiller à ce qu'aucune attaque ne se ])roduisît contre le gouvernement ou le peuple belge».
A la Chambre des Communes, l'Etat du Congo fut àprement pris à partie [)ar sir Georges Parker, sir Ch. Dilke, le comte Pearcy et M. Bennett. Les réformes y furent déclarées par tous, insuffisantes et dérisoires. < Les réformes i)romises.
(lit 1111 des orateurs, rentrent toutes dans cette politique de l)luit' ({ui caractérise le régime congolais . Aux ap])laudissements de la Chambre, le comte Pearsy déclara que nul plus que lui ne se réjouirait « de voir le Congo devenir réellement, sous les auspices de la Belgique et le contrôle de son Parlement, ce que ses fondateurs avaient voulu qu'il fût : un monument perpétuant les sentiments humanitaires, les aspirations et les principes de la nation belge >. On attendait avec curiosité la réponse du gouvernement. Sir Edward (irey se leva et déclara ne pas vouloir examiner de trop près le caractère des réformes décrétées et combien elles étaient en deçà de ce qu'elles auraient dû être>. Il restait méfiant «parce que le système lui-même était mauvais;, mais il enregistrait avec plaisir qu en Belgique un changement remarquable avait eu lieu : le Parlement et le peuple belges avaient enfin manifesté des préoccupations qui promettaient de croître». La Belgique s'apprêtait à reprendre la discussion de la question. (Je voudrais qu'elle fût encouragée et non embarrassée. J'aimerais attendre et voir ce que produira l'automne».
Mais avant l'automne et la discussion annoncée à la Chambre belge, devaient se produire de nou-
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veaux incidents, d'une extrême gravité, qui démontreraient que l'Etat du Congo n'avait modifié en rien sa manière de comprendre la politique économique d'un pays neuf et que, quoiqu'on dise et ({u'on fasse, il n'entendait pas changer de ligne de conduite.