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LA CONFÉDÉRATION DES ETATS

«Boula Matari», le casseur de pierres, et aux hommes blancs qu'il guidait soais la bannière éloilée, en Euroipe, les puissances se montrèrent moins coailanles. L'heure des difficultés diplomaliques sonna. Les Français et les Portugais entrèrent en lice simultanément. 11 fallut combattre, d'une part, l'ardeur conquérante (h- M. de Brazza, (pii avait phmté le <h*ai)eau français à la riv(3 septentrionale du Sianley-Bool ; d'autre part, le gouvernement de Lisbonne, qui relevait énergi- (îuement ses prétentions historiques à la souveraineté, non seulement du littoral, mais même de l'hinterland, sans désignation de limite. La ratification par la (Chambre française du traité coaiclu avec le roi iSIal^oko, cédant ses Etats à M. de Brazza, les prétentions de celui-ci sur la rive méridionale du Pool et la reconnaissance des droits discutés du Portugal par le cabinet de Londres, caractérisent la situation difficile, quasi inextricable, de l'Association du (k)ngo, au déjjut (ie l'année 1884. Le triomphe des revendications françaises au Pooil, c'était la ruine des entreprises belges dans le haut fleuve ; celui des prétentions portugaises sur le littoral, c'était l'issue à la mer fermée et l'insuccès dans le bas. < Pour coinjurer ce i)éril, écrit le général Brialmont, Banni ng

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conseilla à M. Frère-Orban, chef du cabinet, de prendre l'affaire en main et d'arborer le drapeau belge en Afrique. Cet acte eût coupé court a la polémique... M. Frère-Orban se mit en rapport avec le roi ; mais l'accord nécessaire ne s'établit pas». A cette liem'e périlleuse, les diplomates de l'Associatioin surent se mettre au niveau de ses explorateurs. Sous la présidence du roi, MM. Lambermont, Banuing et Strauch veillaient à parer aux graves événements politiques, si menaçants pour l'entreprise privée qui, depuis cinq ans, avec la plus surprenante audace, jouait du pouvoii" sooiverain sur les rives du Congo. Les grandes puissances la traitèrent avec une condescendance extrême, parce que son fondateur était le roi des Belges et que le souvenir de la Conférence humanitaire de 1876, continait à auréoler ses hardis projets. La convention si^gnée le 23 avril 1884, entre le colonel Strauch et M. Duclerc, chef du cabinet français, et par laquelle l'Associatioai s'engageait à donner à la France un droit de préférence, si elle était amenée un jour à réaliser ses poissessions, amena la reconnaissance, par cette jpuissance des droits acquis par le Comité d'études. De leur côté, les Ftats- Unis habilement sollicités, avaient, quelques jours

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;iii|);ir;iv;ml (\0 avril'), rrroiinu sa soiiivcrniiu-lr prcDiière vicloirc ^nifiu'c |)ar le jfém'ral San- U)V(\. sur im lorrain difficile et délicat, et ([iii fil seiisalion dans les chancelleries eiiroipéennes. Pleiii de sympalhie pour "le but humain et généreux de rAssocialioiii internationale % le gouvernement de Washington reconnaissail son pavillon h l'égal de ceh'i d'un ,<fouvern' menl ami. T.e danger des prétentions françaises écarlé. reslail à parer à celui des prétentions portugaises, plus affirmées que jamais, depuis (fue lord (^•ranville avail, par trailé signé le 2R février 1 <S(S1 reconnu la soiuveraineté du Portugal sur le littoral et sur les deux rives du Congoi jusqu'à Noki. Le péril grandit encore, lorsque, le 20 mai, le député Cordciroi déposa h la tribune des Cortcs. un projet de loi créant la Province portugaise du CongO' . ayant pour chefs-lieux Cabinda. Landana, Banana, Boma et Noiki. Un toile général accueillit la combinaison de lord Granville : elle ne résista pas aux critiques dont elle fut l'objet, même en Angleterre.

Depuis plusieurs mois déjà, la question africaine s'était imposée aux méditatioins du prince de Bismark et l'intervention de l'illustre liooime d'Etal était sollicitée. L'Association lui avait fait parvenir, ainsi qu'au gouvernement anglais, un Ménioire sur les prétentions du Portugal, rédigé par Banning. Ce redoutable réquisitoire contre la politique codoniale du Portugal en Afrique, contribua grandement à modifier l'opinion anglaise et fit sur le chancelier allemand une l)rofon(le impression. L'idée d'une conférence internationale naquit et fut soumise par le gouvernement allemand au gouvernement français, le 17 avril 1884, en vue de régler, « dans un esprit de bonne entente mutuelle les coinditions les plus favorables au développement du commerce et de

la civilisation dans certaines régioins de l'Afrique». Deux mois plus tard, lord Granvillc dénonçait le traité portugais. Bismarck, alors à l'apogée de sa fortune et l'arbitre des destinées de l'Europe, avait habilement pris en main la cause de l'œuvre des Belges sur les rives du Congoi. Le péril était conjuré.

L'empire allemand, suivant l'exemple des Etats- Unis, reconnut l'Association internationale du Congoi comme puissance souveraine, le 3 novembre, et, son chancelier inaugura la Conférence de Berlin, le 15.

Dans son discoairs d'ouverture, il insista sur le principe de la liberté commerciale coimme véhicule de la civilisation chez les peuples primitifs ; il en fit la pierre angulaire du programme de la Conférence. Mais l'un des représentants de l'Angleterre, sir Edward Mallet, prit aussitôt la parole pour dire que, si l'exploitation des marchés flu Congo> était désirable, le bien-être des indigènes ne devait pas être négligé, et il ajouta — comme s'il avait eu le clair pressentiment de l'avenir: «ceux-ci perdront plus qu'ils ne gagneront, si la liberté du commerce, dépourvue de contrôle raisomnable, venait à dégénérer en licence».

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Le baron Lambermonil et Emile Banning, délégués de la Belgique, prirent la part la plus aclive aux travaux de la haute assemblée, ainsi que le ccjloiiel Slrancli, qui n'y joua, toutefois, jusqu'à la veille de la clôture, qu'un rôle occulle. Le code rédigé en vue tl'une entente internatioinale dans le bassin conventioinnel du Con^o et du Niger, code que les plénipotentiaires édifièrent au cours des trois mois que se poursuivirent leurs délibérations, est une œuvre de la plus haule porlée civilisatrice. Klle fait le plus grand hoinneur aux diplomates qui y collaborèrent. La liberlé du commerce comprise dans son sens le puis étendu, était adoptée comme le moyen le pins pratique d'introduire la civilisation en Afrique. La liberté d'établissement et de conscience, la tolérance religieuse étaient garanties. Le libre échange était proclamé. Tout monopole ou privilège, généralement quelconque, était interdit. Les droits des indigènes étaient recoinnus ; ceux-ci devaient être protégés et guidés vers un état social meilleur et il devait être veillé à l'amélioration graduelle de leurs conditions morales et matérielles, plus spécialement par les voies du commerce. Le Congo et le Niger étaient déclarés ouverts au libre trafic de toutes les natioms.

De l()ii[(\s les déclarai ions (|iii l'ureiil failes alors, les plus im[)oirlantes el les plus décisives sont celles du baron Lamhennont, plcnipolenliaire belge, à qui avait été confié le soin de l'édiger les raj)iM)rls relatifs à h\ liberté du coniuîerce. Le régime à appliquer doit reccinnaître aux indigènes le droit de disposer librement d'enx-mèmes et de leur sol héréditaire. Il ddit tendre à stimuler chez eux le goût du travail, afin de hâter leur marche vers un meilleur état social. Le comimcrcc doit avoir au Congo une grande liberté d'allures et pouvoir s'y développer à la faveur d'un large système de tolérance et de garanties. Chacun doit y avoir la liberté illimitée de vendre et d'acheter. La carrière doit rester ouverte, sans restrictions, à la libre concurrence. Il ne peut être créé aucune situation l)rivilégiée, aucim monoipole, quels qu'ils soient. Si ce régime devait un jour être revisé, la revision ne poiurrait avoir lieu que pour le rendre encore plus favorable aux intérêts commerciaux. La proclamatiom de la liberté commerciale pleine et entière, au Congoi, est marquée comme but aux efforts des puissances. Celles-ci somt unanimes à se pronomcer en faveur de la permanence du régime le plus libéral.

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ïïnfiii clos mesures sévères étaient édictées contre le travail forcé, la traite et le transport des esclaves. C'étaient les nobles aspiratioins, formulées en termes si élevés, dans le discours inaugural de la Conférence géographique de 1876, codifiées, neuf années plus tard, par l'assemblée des plénipotentiaires des puissances civilisées. < Ce régime inspiré par les idées les plus libérales, écrit Banning, écartant toute velléité d'exploitatiom égoïste, doit protéger, à la Fois, les indigènes et les européens dans leurs rapports avec les puissances civilisatrices. Il sanctionne les principes justement chers à notre époque, de liberté religieuse et civile, de concurrence loyale et pacifique et rompt oaivertement avec les traditions surannées de l'ancien régime colonial .

La concorde et la paix étaient enfin assurées dans le centre de l'Afrique. Elles y étaient symbolisées par le drapeau Weu à étoile d'or que les Reîges avaient planté aux Stanley Falls et que les puissances, les unes après les autres, avaient reconnu à l'égal du pavillon d'un pouvoir ami.

Lr reconnaissance par l'Angleterre suivit celles des Etats-Unis et de l'Allemagne. Elle date du 11 décembre 1884 et comporte deux déclarations Celle que le colomel Strauch remit à sir Ed. Ma-

Ict, cxiM)so (juc l'Assoicialioii du ('ongo ;i rU'" fondée «dans le but dv l'avoriscr la civilisatioiii et le commerce de rAfri([iie , ({u'elle fera loait ce ([iil esl en son poiuvoir «pour empêcher la traite et supprimer l'esclavage». De son côté le gcivernement anglais accorda son apjîrohation ; au but humanitaire et bienveillant de l'Associatiom» et reconnut soin pavillon.

C'est en partie sur ces déclarations ([ue, ((uinze ans plus tard, VAboiif/ènc Protection Society s'ap- ])uiera pour soulever contre la politique du gouvernement congoilais, les deux chambres du Parlement et l'opinioin publique anglaise toute entière. La presse congoilaise protestera alors au nom du respect dû aux droits inviolables du souverain. La réalité est que l'Acte de Berlin tempéra ceux-ci par l'obligatiom d'avoir à tenir compte des conditioins que nous venons d'énumérer. L'Etat, dont les possessions sont entièrement comprises dans le bassin coinventionnel du Congo avait bel et bien, en signant l'Acte de Berlin, accepté une sorte de cahier des charges, c[ui lui imposait des devoirs et des servitudes. Bien plus, l'Acte prévoyait l'institution d'une commission internationale de surveillance, dotée de droits régaliens, qui, si elle avait dû fonctionner, au-

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r.til consliliu'' un Parlenu'iit au jiclil pied gcuvciviaiil ](' ("-on^o (k' coin pic à demi avec le souverain.

L'Associalion s'empressa d'adhérer aux obligations de principe contenues dans l'Acte général. Le 23 février 1885. jour O'ù le colonel Str;.ucli en fit la déclaration au nom du roi I.éopold, fui poiur celui-ci l'occasion d'une démonstration flatteuse et pour la Belgique, une journée historique à jamais mémoirable. Tour à tour, les membres de la haute Assemblée se levèrent ]iour saluer de leurs vœux le nouvel Etat africain et rendre un solennel hoimmage h son fondateur. Après avoir vaincu toms les obstacles, ne venait-il pas d'assurer l'avènement d'un pouvoir qui s~'était donné la mission d'introduire la civilisation et le coimmerce. au cœur de la barbarie africaine ? Quatorze Etats, parmi les [)lus ]niissanls de la terre, entouraient avec sympathie le berceau du jeune Etat, dont Léopold TI était le père.

«Ses voisins, en .\frique. 'dit le baroin de Courcel. plénipotentiaire de la France, seroint les premiers à profiter du développement de la prospérité de l'Etat du Congoi, et de toutes les garanties d'ordre, de sécurité et de boinne adminis-

Iration clomt il entreprend de doter le cenlre de l'Al'rique. 11 doit sa naissance aux aspiralioms généreuses, à l'iniliative éclairée d'un prince entouré du respect de riùiroi])e. 11 a été voué dès son berceau à la pratique de toutes les liberlés... »

Sir Edward Malel, plénipoliaire de la drande- Bretagne, s'exprima en ces termes: «Pendant de longues années, le roi Léopjold II, dominé par une idée purement philanthropique, n'a rien épargné, ni efforts persoinnels, ni saci'ifices pécuniaires, de ce qui pouvait comtribuer à la réalisation de son but... On croyait que l'entreprise était troip grande pour réussir. On voit maintenant que le roi avait raison et que l'idée qu'il poiursuivait n'était pas une utopie. Noais saluons l'Etat nouveau-né avec la plus grande cordialité et nous exprimons le désir sincère de le voir fleurir sous son égide » .

Le comte de Launay, plénipotentiaire de l'Italie, dit en terminant sa harangue: «Le monde entier ne peut que témoigner de sa sympathie et de ses encouragements poair cette œuvre civilisatrice et humanitaire, qui honore le XIX*" siècle et dont les intérêts généraux de l'humanité proiliteiil et profiteroint toujours».

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La manifestation du 23 février se transforma en triomphe lorsque, trois 'jours après, à la dernière séance de la Conférence, sou président, le prince de Bismarck, prononçant pour la première fois le noim de la nouvelle puissance, dit : «Le nouvel Etat du Congo est appelé à. devenir un des principaux gardiens de l'Œuvre que nous avons en vue. Je fais des vœux pour son développement prospère et pour >raccomplissement des nobles aspirations de soin illustre fondateur».

L'Association Internationale du Congo, qui n'avait pu participer aux délibérations de la Conférence, sortit de celle-ci en puissance amie». Quelques chefs du bas Congo avaient commencé l)ar lui transférer, par des traités, leurs droits souverains. Les Etats-Unis et l'Allemagne avaient, ensuite, reconnu som pavillon. Puis, tandis que les plénipotentiaires délibéraient et faisaient œuvre collective, les charges de pouvoirs de l'Etat tu gestation, MM. Slrauch, Banniug, Ed. Pirmez, (Couvreur, poursuivaient des négociations, en vue de sa reconnaissance par les autres 43uissauces et de la délimitation de ses fromtières. Celles avec la France et le Portugal furent lougues et laborieuses. Finidement, toutes les puissances représentées s'étaient entendues pour re-

connaître que la société privée constituée par le roi des Belges et qui, depuis cinq ans, doinuait des preuves indéniables de sa vitalité, était de nature à faciliter la solution de la question du bassin du Coingo. Par leurs reconnaissances, successives, elles donnèrent, en fait, au nouvel Etat une existence internaliomale régulière. Toutes les recomnaissance de souveraineté sont datées de Berlin, du 14 octobre 1884 au 23 février 1885. Certaines puissances, la Grande- Bretagne notamment, s'y réservaient le droit d'organiser elles-mêmes, au Congo, une juridiction consulaire, jiusqu'à ce qu'il fut pourvu d'une manière suffisante à l'administration de la justice à l'égard des étrangers, auti'e obligation qui, le cas échéant, restreindrait les droits souverains du chef du nouvel Etat.

Quoi qu'il en soit, la fondation de celui-ci par l'initiative d'un homme et sous sa seule responsabilité, sans lien officiel avec aucune métropole, est un fait sans précédent dans l'histoire. Il est vrai que ce fondateur était le Roi des Belges. Simple duc de Saxe-Cobourg, il n'eût pas réussi. 11 est vrai encore que les puissances étaient unanimement consentantes : en dépit des quatre cents traités recueillis par Stanley et le colonel Gol-

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dsmilh, l'Etat issu de l'ancien Comité d'études n'eût pu être ni subsister, si un accord ne s'éiait pas réalisé en sa faveur, dans les coulisses de la Conférence.

La lettre ]nir laquelle Léoivold 11 sollicila des Chambres l'autorisatioin d'ajouter à son titre dv : R()i des Belges celui de : Souverain de V Et(d Indépendant du Congo, date du 15 avril 1885. (^ette autorisation lui fut accordée à titre personnel et dans les termes suivants : S. M. Léopold II. roi des Belges est autorisé à être le chef de V Illat fondé en Afrique jmr V Association Internationale du Congo. L'union entre le nouvel Etat du Congo sera exclusivement personnelle > . Il n'y eut d'autre vote hostile que ceux de MM. Neujean, à la Chambre, et Vaucanii)t au Sénat : les i)artis radicaux et socialistes n'avaient pas encore de dépulés. Aucune protestation ne s'éleva pour s'étonner de cet étrange anachroriisme, qui confiait l'évolution et la régénération d'une lace à m souverain désormais aussi absolu (|ue le Izar de Russie ou le sultan de rur(|uie, seul arl)iîre des destinées de ses sujets nègres et (pii, comme Louis XÎV. allait pouvoir dire: L'I'lal. c'est moi 1 On assure que M. I'"rère-()rl)an devenu le chef de l'opposition à la suite des

élections qui amenèrent l'avènement du cabinet Beernaert, s'inquiéta pour soin pays du vote de l'union persomnelle et redouta de voir réunies une courotnne de roi constitutionnel et une couronne de poitentat absolu sur la tête d'un souverain, dont il avait élé à même d'apprécier les tendances autocraliciues. Mais devant les laits accomplis, il jugea toute résistance vaine et se contenta de marquers on opposition, par son absence. M. Bara fit des réserves. L'exercice du pouvoir absolu au Congo devait avoir, sur le fonctionnement du régime parlementaire belge, de regrettables conséquences.

Les associatioins commerciales, industrielles el marilimes du pays exprimèrent au roi leur reconnaissance pour sa constante j)réoccupation de rechercher et d'ouvrir à l'activité nationale des débouchés noaiveaux. Les conseils communaux de toutes les grandes villes lui envoyèrent des adresses de félicitations. On vit même, en cette circonstance, traverser la Manche et se rendre processioinnellement au palais de Bruxelles, le lord-maire, les aldermen et les shérifs de la Cité de Londres, précédés de leurs massiers et de leurs porte-glaive, pour «remercier le fondateur de l'Ltat du Congoi des efforts éclairés, phi-

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lanthropiques et désintéressés qu'il avait faits et qiû avaient abouti à un triomphe plus éclatant que les plus belles conquêtes obtenues par l'épée». Qui, à cette heure, pouvait s'imaginer que quelques vingt ans plus tard, ces mêmes magistrats présideraienl un meeting de protestatioiu. dénonçant l'Etat du Coingo à la réprobation du moïule civilisé ?

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