LA DERNIÈRE DECLARATION DE L'ETAT DU CONGO
Lp roi des Belges sanctionna le 18 octobre 1908, les lois concernant l'annexion et le gouvernement de la «Colonie du Congo Belge ^^ {!) .
Avant de disparaître, l'Etat du Congo tint à faire une dernière déclaration pour dégager, ditil, «les principes directeurs qui avaient guidé sa politique des appréciations contradictoires dont son administration avait été l'objet .
Il exposa qu'au début, il avait été laissé à luimême «pour faire pénétrer un rayon de lumière dans les ténèbres de l'Afrique». Son effort pour
(1) Le Moniteur belge à^s 1% et 20 octobre 1908 et le dernier fascicule du Bulletin officiel de l'État du Congo (octobre 1908, n" 10 bis) paru le même jour, contiennent l'ensemble des documents relatifs à la cession du Congo à la Belgique.
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iiileriialionaliser la conquête pacifique de l'Afrique s'éiniella et ses tentatives pour s'associer des concours à l'étranger restèrent vaines. La colonie fut sans mère patrie et sans gouvernement métropolitain qui assumât ses charges. Elle ne j)ul donc compter que sur les subsides rie son fondateur et sur les ressources qu'il parvenait à tirer d'elle-même pcnir l'ouvrir à la civilisation et au progrès.
Parce qu'il a édicté la règle de la donianialité ties terres vacantes, on a crié au vol. au brigandage, à la si)oliation. à la confiscation . Ou oublie que la loi foncière a inscrit comme règle fondamentale, le respect des droits (i'occu|)ation lies indigènes. Tous ont été respectés. On s'en est pris aussi à ce ([u'on a appelé le travail forcé et l'on s'est servi, à ce propos, du lerine esclavage . Rien, ni en droit, ni en fait, n autorise une telle terminologie. C'est dénaturer ce tei'ine (pie de ra])pliquer à la faculté (pia rindigèm' (le payer son impê)l. en produit ou vn îraviiil. lorscpiil ne |)eul ou ne veut se libérer en ni'geni.
On 1';) re]ii'ésenlé comme le plus !>r;iii(l |)r()- )UMét;iire cl le plus grand marcliand de caoulcbouc i\u monde. .Mais il n'a exercé ses droits de i}r()])riélaire (pie dans rinléi-ét général. On
LA DERNIÈRE DÉCLARATION DE l'ÉTAT DU CONGO 371
A voulu faire croire que le souverain ot ses agents agissaient clans des buts d'intérêts personnels. Il est inexact que les agents du Congo aient reçu des primes depuis 1895. Le souverain n'a jamais retire un centime pour son profil personnel de l'Etal qu'il a fonde. Il n'a cessé d'avoir conscience de ses devoirs supérieurs, lorsqu'il délivrait tout un peuple de la traite et de ses horreurs, mettait fin aux guerres intestines, au cannibalisme et aux pratiques barbares. Enfin, lorsque ses vues humanitaires ne se trouvèrent pas entièrement réalisées, il institua une Enquête et la coinmission (pi' il envoya au Congo rendit hommage à sa politique, en maints passages de son, rapport.
Ce mémoire publié parle Bulletin Off^'c'cl d'octobre 1908 n'est pas signé. C'est une sorte de plaidoyer pro domo en réponse aux violentes attaques dont le régime instauré dans le bassin du Congo était robjiet, en Europe et en Amérique. Son caractère posthume et la naïveté de ses déclarations firent qu'il ne fut guère discuté.
Li' 15 novembre, la Belgique assuma le droit (!(; souveraineté sur le ci-devant Etatj Indépiendant (l'i Congo. Le lendemain, à Boma, Tinspccteur
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d'Elat Cihislain porta le fait à la connaissance dv public, par la proclamation suivante :
J'ai Vhonneur de faire savoir au personnel de VEtat Indépendant du Confia, à tons les résidents non indigènes de races européenne et de couleur, et à tous les nationaux congolais^ qu'à partir du i5 novembre 1908. la Belgique assume la souveraineté sur les territoires composant VEtat Indepenadnl du Congo.