LE MINISTÈRE DES COLONIES ET LE CONSEIL COLONIAL
Ui: arrêlé royal du 30 octobre a créé un mini slèrc des colonies ; un second de même date a chargé du nouveau portefeuille, M. Jules Renikiii • nu troisième, du 3 novembre, a organisé l'administration centrale du département.
(A'ite administration comprend, indépendamnienl du cabinet du ministre, un secrétariat général et cinq directions, celles de la justice et de Tinstruction publique, de Tinlérieur, des finances, de l'industrie et du commerce et de l'agriculture. Aucune direction n'a dans ses attributions les affaires étrangères, qui sont traitées par le ministère des Affaires Etrangères. Les textes officiels (décrets, arrêtés, etc.) qui ont
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organisé l'Etat du Congo, sont abrogés. Les fonctionnaires et employés de l'administration de celui-ci. passèrent au nouveau département. MM. les secrétaires généraux Liebreclits et de Cuvelier et le trésorier général Pochez prirent leur retraite. M. Droogmans, secrétaire général des finances, fut nommé secrétaire général du département. iM. Denyn, ancien secrétaire de la commission d'enquête, devint le chef du cabinet du ministre. Le premier projet de loi formant le budget de l'administration centrale du ministère ne portant que sur le mois de décembre 1908, fut discuté à la Chambre le 26 novembre, sur le rai)port de la commission centrale présenté par M. Tibbaut,
La loi sur le gouvernement de la colonie institue un Conseil colonial». Il comprend le ministre, président, et quatorze conseillers. Huit d'entre eux sont nommés par le roi ; les six autres sont choisis par les Chambres législatives : trois par le Sénat, trois par la Chambre. La majorité est donc désignée par le pouvoir exécutif. La loi prévoit un certain nombre d'incompatibilités. Ce conseil délibère sur toutes les questions que lui soumet le roi ; il donne son avis, . sous forme de rapports motivés, sur les projets
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(le (lécrt'ls ; il peut adresser des vduix au j^ouvernemenl. Sauf le cas d'urgence, il doit être consullc sur tous les projels de nouveaux décrets. Cl'esl une sorte de comité tecliniqiie de tégislation.
Le Sénat a désigné comme membre du conseil : iMM. Dubois, le baron du Sart de Bouland, et Touriiay-Delilleul ; la Chambre, MM. Didderich, Morisseaux et Herbert Speycr. Parmi les conseillers nommés par le roi figure le commandant Dubrcucq. ancien commissaire de district de îKqualeiir el le missionnaire De Clercq, des missions de vScheul. M. Louwers, ancien magistral au Congo, a été nommé secrétaire. Le conseil fut ii.slallé le 10 décem])re 190(S. Dejniis lors, il n'a cessé de collaborer activement à la confection (les décrets. Les trois délégués de la Chambre et M. Tournai, délégué du Sénat, s'y distinguent parliculièrement par leur zèle en faveur des réformes.
Son département installé et son personnel constitué, le ministre des colonies désireux de se rendre compte du pays qu'il avait à administrer, s'embarqua pour le Congo, en compagnie Ide Madame Renkin (22 avril 1908). 11 y resta quatre mois. Sous la conduite de M. Van Damme, secrétaire général du gouvernement local, il vit
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le Mayumbe, la région, du chemin de fer, le Kasai et le Sankuru jusqu'à Lusambo, le haut fleuve jusqu'à Stanleyville et termina sa tournée d'inspection par une visite aux chantiers de construction du chemin de fer des grands lacs.
M. Renkin avait été précédé dans la colonie par deux de ses collègues de la Chambre, qui n'avaient pas attendu le vote de l'annexion pour s'y rendre: M. Tibbaut, qui partit, le 11 juin 1908, et M. Em. Vandervelde, le 23 juillet. M. Tibbaut visita le Mayumbe, puis gagna le Stanley-pool et remonta le Kasai et le Sankuru. M. Vandervelde, après avoir vu les districts du littoral, s'embarqua, à Léopoldville, pour le haut fleuve, où il visita Bolobo, Irebu, Coquilhalville. Eala et Nouvelle-Anvers. 11 fit de plus une excursion dans la concession de la Société \nversoise » . au pays de Budja, que radministralion paternelle du commandant Gérard avait réussi à calmer.