‹ Histoire politique du Congo BelgeChapitre 91 sur 110 · LE VOYAGE AU CONGO DU PRINCE ALBERT · texte numérisé non relu

LE VOYAGE AU CONGO DU PRINCE ALBERT

niour en chef Adam, la ligue eu couslrucliou jusqu'au bout du rail. Slauleyville Tul alleiul le 29 juiu. La secoude grande étape du voyage éLail lermince, celle qui fut la plus uiouvcmenléc et la plus variée, car tous les modes de locomotion, à pied, à cheval, en pirogue, en wagon plat, en voiture de chemin de fer et en steamer, y furent ulilisés.

De Stanleyville au Stanloy-pool, le prince fut transporté en bateau, jusqu'à Léopoldville, d'où un ti'ain spécial le mena, à Matadi, sous la conduite du directeur du chemin de fer, l'ingénieur (lerckel. Le 18 juillet, il arrivait à Boma^ où le 26, après avoir visité les plantations de la société «Ursélia», dans le Mayumbe et les établissements de la Compagnie des Produits du Congo, dans l'île de Mateba, il s'embarqua pour l'Europe. Son séjour dans la colonie avait été de près de trois mois. 11 l'avait traversée suivant un itinéraire d'un développement de 4.300 kilomètres.

Après le coup d'oeil jeté sur la région minière ; après l'exploration pédestre de la région, à peine occupée, du Luapula-Kamolondo ; après la visite aux chantiers de construction du chemin de fer du haut fleuve, le prince s'était rendu compte de ce qui avait été réalisé, au cours d'une période

380 l'ère nouvelle.

(le trente années d'occupation, entre Stanleyville et Borna. Assurément, il n'avait vu que la façade de l'édifice, les belles statious, missions, factoreries et les camps d'instruction, installés à la rive et desservis par un service régulier de bateaux et par la télégraphie. Il avait admiré le fonctionnement du chemin de fer créé par le colonel ïhys, les grands établissements «l'élevage et de plantatioxis du bas Congo. Il avait vu, à Léopoldville et Boma, fonctionner les différents services administratifs.

Mais pour ce qui s'était fait dans l'hinterland de l'artère maîtresse du fleuve, il dut forcément continuer à s'en rapporter aux autres, car il n'avait pénétré ni dans le bassin de la Mongala, ni dans les territoires de l'Abir et du ci-devant «domaine de la Couronne , ni dans le Kasai. Il n'avait pas pu constater de visu la situation des populations, dans la ré gion caoutchouquière proprement dite. C'est la seule lacune importante de ce beau voyage, si intelligemment organisé et si heureusement accompli.

Aussi, avec un sens parfait de la propriété des termes, le voyageur se garda-t-il de manifester son sentiment sur la situation d'une colonie qu'il n'avait pu qu'entrevoir, le long d'un itinéraire

LE V0YA(;E au COXCO ])[' PRINCE AI.HE'Vr. 381

fixé à l'jivaiicc ; innis il tint à dire son adiiiiratioii pour le pays ([u'il venait de traverser, en adressant, de l'escale de Sierra-Leone, au roi son oncle, le tclégramtne suivant : Avant de quitter r Afrique, permettez-moi de vous dire mon émeriH'ilIemenl jmur la t)eUe contrée dont vous avez fait une colonie Ju'lge>.

Au débarquement, à Anvers, le 16 août, il fut reçu à l'hôtel de ville et y prononça un discours. Il ne voulut pas cacher plus longtemps combien le sort des populations indigènes l'avait ])iTOccupé et (lue. sous ce rapport, il restait beaucoup à faire. C'est, dit -il, en poursuivant te relèvement du niveau moral des indigènes ; c'est en améliorant sans cesse leur situation matérielle: c'est en combattant les maux dont ils souffrent ; c'est en multipliant auss' rajvdement que possible les voies de commun'cat'on, que nous assurerons V avenir du Congo.

Après Anvers, Bruxelles fit au voyageur une réception chaleureusement sympathique.

Page 1