‹ Histoire politique du Congo BelgeChapitre 93 sur 110 · LES FETES COLONIALES D'ANVERS · texte numérisé non relu

LES FETES COLONIALES D'ANVERS

Au mois de juin 190Î). la ville d'Anvers organisa pour célébrer l'annexion, des fêtes palrioTuiues en l'honneur du souverain, auquel le monde des affaires fit un accueil enthousiaste. Léopold II y prononça un discours où il insista sur certaines idées qu'il n'avait cessé de pratiquer alors (ju'il était souverain du Congo, idées qui lui restaient chères et qu'il jugea opportun, en celte circonstance, de recommander encore. Il y a au Congo, dit-il, à côté des ressources que la loi coloniale réserve exclusivement aux besoins de la colonie, d'autres sources de revenu qui pourraient cire utilisées en des affectations de la plus haute nécessité coloniale >. Et il demanda pourquoi Ton n'y attribuerait pas certaines quantités d'hectares ou certaines mines, aux promoteurs de banques en Extrême-Orient ou de lignes de navigation belge?» Ce retour inattendu à une politique

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écoiiomiqiie coloniale condamnée par l'opinion publique et par la représentation nationale, ne manqua pas de surprendre. Seul le haut commerce anversois y applaudit.

Mais le chef du cabinet interpellé, le 6 juillet, à la Chambre, par M. Furnémont, rassura le pays et tint à déclarer que le gouvernement, tout en assumant la responsabilité de la harangue royale,» n'admettrail jamais un système qui pourrait avoir pour conséquence l'épuisement de la colonie au profit de la métropole». La Chambre souligna cette déclaration catégorique par le vote unanime d'un ordre du jour déposé par M. Hymans et actant que « le discours prononcé, à Anvers, se bornait à appeler l'attention sur des possibilités» et, que «la loi coloniale garantit l'intervention et le contrôle des Chambres, en cette matière». Ce fut, en somme, une réédition de la scène des «recommandations solennelles», provoquée par la lettre royale du G juin 1906.

Ainsi que l'a dit au cours du débat, M. Emile VanderveMe, le discours d'Anvers constitue une nouvelle manifestation d'une politique royale distincte de celle du gouvernement » . Elle caractérise la mentalité spéciale du roi, nourrie par l'exercice de «l'Union personnelle» que le Parlement

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belge consentit, en 1885, au profit du souverain absolu du Congo. Elle établit, en outre, qu'en dépit des représentations respectueuses mais fermes, faites par la Chambre, les préoccupations humanitaires et civilisatrices des premières années, étaient irrévocablement reléguées au dernier plan dans l'esprit de Léopold II ; le mécanisme des grandes affaires « mondiales 1 1 des entreprises luxueuses de travaux publics, s'y était substitué. Le Congo, grâce à sa richesse en caoutchouc avait été, avant tout, pour le fondateur de l'Etat indépendant, la source qui lui avait fournis en abondance, les moyens financiers nécessaires pour mettre sur pied des affaires en Chine et au Maroc, pour construire, en Europe, des parcs et des avenues, pour édifier de somptueux édifices, depuis la Cote d'azur jusqu'à Bruxelles, Laeken et Ostende, en passant par le château de Balincourt.

Celui-ci était la résidence princière d'une dame Delacroix, dite «baronne Vaughan, qui — ce n'était plus depuis longtemi)s uu secret pour personne — était la compagne du vieux souverain auquel elle avait donné deux fils et près duquel, elle joua, dans les dernières années de sa vie, un rôle prépondérant.

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