LES DERNIERES FONDATIONS DE LKOPOLD II
brc bourgcoiscnienl meublée, accessible seulement à la châtelaine de Balincourl. C'est là que la mort vint le surprendre.
Le dimanclie, 5 décembre, Léopokl II fui frappé (le paralysie partielle. Dès le surlendemain, les journaux commencèrent à publier des nouvelles inquiétantes sur son état de santé. Les bulletins quotidiens devinrent alarmants. Bientôt on annonça qu'une opération chirurgicale avait été jugée nécessaire et urgente par les médecins appelés en consultation. Fixée d'abord au L3, elle fut renvoyée au lendemain, parce que Léopold II élail superstitieux et aussi pour lui permettre d'accoiuplir ses devoirs religieux et de régler d'urgence certaines affaires d'ordre privé.
Le 18, il reçut d'abord, à 10 heures du matin, son notaire, M^ Dubost, auquel il fit dresser un nouvel acte de donation par lequel il transmettait à sa fondation allemande, tout en en conservant l'usufruit, les dernières épaves de sa fortune dispersée, étrange assortiment d'objets de tous genres : plaques en diamant de l'Ordre de Léopold et de l'Ordre de la Jarretière, argenterie, cristaux et porcelaines de table, le service du yacht Alberta, des berlines, des coupés de gala et des carosses à la Daumont, les livrées de ses laquais.
396 l'ère nouvelle.
les harnais de ses écuries, aie. le tout inventorié pour une valeur totale de fr. 1.400.000. A 10 3/4 h., le nonce lui apporta la bénédiction papale. A 11 heures, il fit enlever par son valet de chambre, au siège de la fondation de Niederfulbach. trois malles contenant des titres de portefeuille, qui y avaient été déposées un mois auparavant et qui furent remises le même jour à la «baronne Vaughan (1) . A la même heure, il conversa un moment avec son aumônier, Mgr Proost, et à trois heures reçut les derniers sacrements des mains du doyen de Laeken. Enfin, à 6 heures, le cardinal Mercier, archevêque de Malines. qui avait eu la veille une conférence avec les ministres présents à Bruxelles, fut introduit près de l'auguste malade.
Il résulte d'une lettre collective de l'épi-scopat donnée, à Malines, le 24 décembre, et lue le dimanche suivant dans les églises de Belgique, que le roi aurait, in extrenvs. épousé religieusement la (baronne Vaughan»; toutefois, la lettre ne nomme pas cette dame et ne révèle pas à quelle
(1) Lettre adressée par M. Emile Vandervelde au ministre de la justice. [Annales parlementaires . Sénat. Séance du 11 mai 1910).