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son fils ahu- Abbas-Hilmi se vil imposer Hiaz-|)ach;t comme premier ministre au lieu lie Fakri-pacha, partisan (runc politique moins (lépendanle. Après quoi, Nubar et Moustafa Fehnii reparurenl pour contresigner roiu^anisalion des ti'ibunaux d"excei)tion destinés à punir les attentats indiijrènes contre les soldats anglais, les réformes militaires du sirdar Kitchener et l'augmentation des forces anglaises en vue de la reconquête du Soudan. 2' La reconquête du Soudan égyptien. — Gordon jirétendait que
rilgypte devrait laisser les provinces du Soudan « telles ipie Dieu lésa créées ». Telle n'a jamais été l'opinion des Anglais; bien plutôt pensaient-ils, avec lord Salisbury, qu'une « moitié de la puissance égyptienne a été enlevée et est restée au i)0uvQir du despotisme le plus infernal qui ait jamais affligé une portion quelconque de riiumauilé » (1896), et qu'ils se devaient de l'arracher à ce despotisme. L'expédition, préparée par le major 'Wingate, chef du service des renseignements au ministère de la Guerre au Caire, s'attesta tout à fait anglaise, par le refus de la France et de la Russie de laisser prélever sur les réserves de la Dette les 12 millions et demi nécessaires à l'entrée en campagne. L'habileté anglaise fut de combattre la l)arbarie musidmane en haute Egypte à l'heure même où le sultan suzerain, en face d'une Europe qui avait épuisé sa faculté d'émotion à craindre pour ses finances, massacrait impunément ses Ai-méniens. Fu aviil I8!M), Kitchener remontait le Nil, repoussait les avant-gardes derviches et, rejoint par les troupes de l'Inde débarquées à Souakim, occupait Siiarda (mai). Retardé par une épidémie de choléra, il reprit à l'automne la marche vers le sud, s'accompagnant d'une flottille de canonnières, et entra dans Dongola (20 septem1)re). L'année suivante, il posait une voie ferrée pour relier Ouadi-Halfa avec Abou-IIained (occupée en juillet) et regagner en ligiu' droite la boucle et les rai)ides du lleuve. Kn automne, /?e/"6(V lut pris et Chendi attaqué, vers la sixième « cata-
LOKIJ IvITCHENEK DE IvlIARTOlM
(né en 1S51)
Pholo Hassan o
l' ANGLETERRE IMPÉRIALISTE 2<)7
racte » ; la roule de Bevber à Souakim, vrai débouché du Soudan sur la mer Rouge, s'ouvrit aux caravanes. — La campagne de 1898 fut décisive. Kitchener, en marche vers Halfaya, écrasa une première armée mahdiste (mars-avril). Le 30 août, il bombardait Omdurman; le 2 septembre, il y tuait 11.000 derviches, prenait la ville, où le tombeau du mahdi fut ouvert et les cendres jetées au veut. Abdullah s'enfuit vers le sud, abandonnant Khartoum dont Kitchener prit possession au nom de l'Angleterre et de l'Kgypte. Sur les murs reconquis flottèrent les deux drapeaux.
Kitchener s'étonna d'apprendre que d'autres blancs fussent signalés dans la vallée du Nil. Il se hâta vers Fachoda où, le '21 septembre, il se rencontra avec le capitaine Marchand, établi depuis le 10 juillet sur les collines de sable de la rive droite. Marchand était parvenu à saisir, dans les solitudes du Soudan, ce que le gouvernement français considérait comme lui gage nécessaire pour traiter avec les Anglais de Tévacualion de FÉgypte. Car le Soudan égyptien appartenait en droit au sultan, ou, si l'insurrection nmhdiste l'en avait détaché, il devenait ves nulliiis, à la disposition du premier occupant. Idée conforme aux faits puisqu'elle invoquait la force pour justifier l'occupation, à la condition que le premier occupant ne fût pas exposé à en rencontrer un plus fort. Ce fut le cas des 130 Sénégalais et de leurs officiers français en face des ti4. 000 Anglais campés à Khartoum. Le 11 décembre, Marchand évacua Fachoda où s'établirent deux bataillons anglais; en janvier suivant, lord Kitchener de Khartoum, gouverneur général au nom du khédive, organisa les provinces reconquises. Puis il donna la chasse aux dernières armées de derviches. En novembre, un lieutenant d'AbduUah était vaincu ; le 24, le khalife, ses frères, un fils du mahdi, surpris par le colonel Wingate, étaient tués à Oiim- Debvikat. Osman-Digma fut pris dans la région de Souakim et le Kordofan réoccupé (janvier 1900). Wingate-pacha, successeur de Kitchener appelé en Afrique du sud, pacifia le Soudan dans les limites fixées à l'ouest par la Convenlion anglo-française de -J899 au Bahr-el-Ghazal, et dans le sud jusqu'aux grands lacs.
L'Oii$»-aii(la et l'Afrique orientale angflaise. — Lorsque l'Kquatoria fut abandonnée par l'Egypte, après le départ d'Eminpacha. Anglais et Allemands d'Afrique orientale en revendiquèrent la possession. Les premiers, avec Mac Kinnon, avaient, le 25 mai 1885, fondé la « British East African Association », qu'une charte de la reine Victoria transforma en Impérial Brilish East Africa Company 3 septembre 1888). Mais l'activité de IL B. E. A. se limitait à la
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ivgioii côtièi-0. An sud, uno Compagnie allemande de l'Afrique orientale, l'ondée par Karl Peters, avait passé dès 4884 avec les chefs indigènes, entre Zanzibar et le lac Tanganyka, des traités qu'une charte impériale homologua le 27 février 1885. C'est par ces territoires et vers Zanzibar que s'établissaient depuis longtemps les relations de l'Kquatoria.
L'accord anglo-allemand de juin 1890, ((ui reconnut à l'Angleterre le protectorat de Zanzibar, la laissa maîtresse d'occuper les territoires situés au nord (nord-est et nord-ouest) du Victoria Nyanza, pendant que VOsl Afrikanische Compagnie rangeait le sud dans son hinterland. Aussitôt le capitaine Lugard, agent de l'Ibea, poussa jusqu'au lac Albert où il embaucha les anciens soldats d'Emin. Il était temps, car une expédition belge, partie de Léopoldville, venait d'atteindre Ouadelaï.
Dans l'Ouganda, la conquête anglaise se heurta au roi Monanga, qui, résigné à être ledernier roi nègre, voulait du moins rester roi. Aussi fermait-il le pays aux étrangers et persécutait-il les chrétiens. En fait, trois partis s'y disputaient : des Arabes musulmans qui depuis 1850 faisaient un commerce régulier; des Anglo-protestants, que la « Church Missionary Society » soutenait depuis le premier voyage de Stanley (1873), et qui apprirent aux indigènes, de 1878 à 1890, quelques métiers manuels; des Francocatholiques, les Pères Blancs du cardinal Lavigerie, arrivés en février 1879 avec les évêques Livinhac et Hirth et le P. Lourdel. Ils groupaient 4.000 convertis (dont la sœur du roi) autour de 60 chapelles. — En 1888, une première crise avait éclaté par l'hostilité des Arabes négriers contre les chrétiens. Monanga, détrôné (septembre 1888), fut réinstallé par les chrétiens qui battirent les musulmans (4 octobre 1889), et prit pour conseiller le P. Lourdel. Jaloux, les protestants en appelèrent à I'Ibea qui leur envoya Jackson et Gedge ; mais Monanga refusa le protectorat (H mai 1890). Lugard survint (13 décembre), arracha au roi le traité (^"26 décembre) qui donnait à des Européens la direction de l'armée et de la justice, à un agent de l'Ibea le contrôle des tuiances, et qui proclamait la liberté des cultes.
Lugard, marchant vers l'ouest, ne put pas annexer toute l'Équatoria (octobre 1891). La guerre civile le rappela dans l'Ouganda. Monanga avait refusé de châtier un catholique, meurtrier d'un protestant ; les protestants armèrent, mais durent se replier jusqu'au fort de Kampala où Lugard mitrailla les vainqueurs (tout en protégeant les missionnaires français assiégés par les protestants). Et comme Monanga s'était enfui avec 7.000 catholiques
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dans une île du lac Victoria, Lugard les y canonna ; les protestants pillèrent l'île, vendirent les femmes comme esclaves (janvier 4892). Monanga finit (30 mars) par subir le protectorat.
Les ressources de l'Ibea s'en trouvaient épuisées ; en décembre 1892, elle évacuait l'Ouganda. Sir Gei-ald Portai, après enquête, en prononça l'annexion (avril 1894). Ouadelaï, capitale de l'Équatoria, fut occupée. A ce moment, les Français en étaient encore à la conquête du Tchad. Quand la compagnie de Tlbea disparut, remplacée par V Afrique orientale anglaise (juin 189S), le domaine entier du Nil supérieur et des grands lacs, assuré à la domination de l'Angleterre, constituait un ensemble de positions d'attente créatrices de (( droits » et u d'intérêts spéciaux » pour le jour où se réglerait la question d'Ethiopie.
A CONSULTER
Laugel : L Angleterre politique el sociale. — Métin : L'Inde d'aujourd'hui. — Aubin : Les Anglais aux Indes et en Egypte. — Grenard : Le Tibet. — Leroy-Beaulieu : Les Nouvelles sociélés anglo-saxonnes. — Siegfried : La Démocratie en Nouvelle-Zélande. — H. Moreau : Sir Wilfrid Laurier. — Charles-Roux : Le Canal de Suez. — Sir Alfred Milner : L'Angleterre en Egypte. — Bbéhier : L'Egypte de ijg8 à igoo. — Dehérmn : Eludes sur l'Afrique. — Métin : Les transformations de l'Egypte. — Driault : La question d'Orient. — De Freycinet : La question d'Egypte. — Hanotaux : Fachoda.
I. L'Afrique Australe. — II. Edouard VU et les nouveaux problèmes politiques.