‹ Histoire politique du XIXe siècleChapitre 41 sur 96 · SÉBASTOPOL · texte numérisé non relu

SÉBASTOPOL

(D'après un dessin de Gustave Doré)

mirent à Mentchikov de recommencer l'attaque contre les lignes anglaises assez mal gardées. Elles formaient la droite des travaux du siège, entre le ravin du port du sud et les hauteurs d'Inkermann. Mentchikov y jeta deux colonnes qui s'entassèrent sur la crête du Saponn-Gora, dans un espace d'un kilomètre à peine, mais qui surprirent les Anglais. En même temps, une division attaquait Bosquet sur la Tchernaïa. Bosquet comprit que ce n'était q^u'une démonstration ; tout en défendant ses postes, il envoya au secours des Anglais deux brigades de zouaves qui, après une lutte acharnée, forcèrent les Russes à la retraite. Ils y perdirent 12.000 hommes, les alliés 4. .300.

5) Continuation du siège. Après Inkermann, les troupes alliées s'organisèrent pour passer l'hiver sur le plateau de Chersonèse^ balayé par les vents et les neiges du nord ; elles souffrirent du

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froid et de maladies de toutes sortes qui emplirent les liApilaux de Kamiesfh (où les généraux en chef avaient étahli leur quartier général) et de (Constant inople. Les renforts nécessaires arrivaient lentement («piehiues-uns retardés par le cyclone du 13 novembre (|ui lit périr 800 hommes sur les rochers de la Corse); t'i la fin de janviei- ISîiS, l'armée française comptait 75.000 hommes, les Anglais seulement 27.000 dont la moitié indisponibles. Seuls les Turcs eurent à combattre ; leurs 20.000 hommes repoussèrent (17 février) 30.000 Russes devant Eupaloria.

Pour en finir, la France et l'Angleterre pensèrent à solliciter l'alliance de l'Autriche. Ruol avait consenti à ménager des pourparlers entre les adversaires (7 janvier) ; mais l'entêtement du tzar à conserver l'hégémonie maritime de la mer Noire les fit échouer. De dépit, l'Autriche réclama de la Diète germanique la mobilisation de l'armée fédérale contre les Russes; auprès des cours allemandes la diplomatie française l'appuya. Mais, ici encore, la Prusse rendit à la Russie un de ces services essentiels dont Talleyrand avait prévu dès 1815 la succession régulière : le 30 janvier, elle opposa son veto à la mobilisation, mais pour la faire décider le 8 février contre la France et masser sa propre armée sur le Rhin. Dans ces conditions, la coopération militaire offerte par Cavour, aux frais du Piémont, qui se couvrirait seulement par un emprunt de guerre émis à Londres, devait trouver bon accueil. Le Irailé du 20 janvier 1855 en prit acte; mais Cavour qui, signant avec l'Angleterre seule, n'aurait sans doute rien gagné à la paix, obtint de Napoléon III qu'un article du Moniteur indiquât l'intention impériale d'associer le Piémont aux bénéfices de l'entreprise. Avant que les 17.000 soldats que Victor-Emmaniiel envoyait en Crimée, sans prendre la peine de définir diplomatiquement la situation de leur chef, LaMarmora, eussent débarqué à Sébastopol, Nicolas l'""" mourait (2 mars 185^1), épuisé par les émotions de la guerre, mais resté jusqu'au bout inaccessible à la tentation de céder.

6) Les opérations de force (avril-août 1855). Au printemps, les armées alliées liireiil |)orléesà 130.000 hommes; le général du génie Niai [U'it la direction des travaux d'approche, très inégaux jusquelà aux travaux de défense de Todtleben. Le 9 avril, un bombardement, qui fut inefficace, devait faciliter les opérations contre Malakov, considéré comme le centre de la position. Le nouveau commandant en chef français 1 1(3 mai), général Pélissier, hux.'a le 7 juin, après une forte canonnade, la division Bosquet à l'assaut des Ouvraf/es blancs et du Mamelon mi, étaldis par les assiégés en avant de l'enccMute. Bosquet les occupa ; mais (piaud, le

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48 juin, Pélissier fit attaquer Malakov, il y perdit plus de o.OOO hommes (dont 1.700 Anglais) et fut repoussé. Dix jours après, lord Haglan succombait au choléra.

La canonnade se ralentit en juillet; cependant Nakhimov fut tué le 10 et Todtleben grièvement blessé. Alexandre II prescrivit alors d'attaquer les Français et les Piémontais installés sur la rive gauche de la Tchernaïa dont les Turcs, à l'extrême droite, gardaient la haute vallée. Contre ces 40.000 hommes, Gortchakov, successeur de Mentchikov, lança .">(). 000 Russes en trois corps. Deux attaques

échouèrent. Les

assaillants avaient 8.300 hommes tués ou blessés ; les alliés, surtout les Piémontais, qui supportèrent au ponl de T raidir le plus gros effort des Russes, 1.750 (IG août).

7) Prise de Séhastopol (8 septembre).

Dès le lendemain, Pélissier reprit le bombardement avec 800 bouches à feu contre les 1.380 de la place, et rapprocha les cheminements souterrains à trente mètres de Malakov. 11 ne restait plus qu'à donner l'assaut. Pélissier convint avec le général Simpson, successeur de Raglan, que les colonnes s'élanceraient à midi le 8 septembre. Depuis le 5, le bombardement ne cessait pas. A l'heure convenue, la division de Mac-Mahon emporta Malakov et s'y maintint solidement. Les autres attaques échouèrent; mais la prise de Malakov décida les Russes à la retraite que le tzar autorisa. Sans signer de capitulation, ils firent sauter une partie des ouvrages, incendièrent les maisons, n'abandonnèrent aux nouveaux maréchaux de France, Pélissier, Canrobert et Bosquet, que des ruines. Ils laissaient 13.000 tués ou blessés ; les alliés avaient sacrifié 1 LOOO hommes.

S) La paix décembre 1.8 5 5- janvier 1856). Alexandre 11 ne demanda pas la paix. La perle de Kinbnrn, à l'embouchure du

Un conseil de (iiERitE EN Chimée

(Lord Raglan, Omer-pacha, Pélissier)

(D'après un tableau du Musée de l'Armée)

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