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IV. — L'Autriche Hongrie contemporaine

C'est en effet vuie lutte de races qui constitue le fond de toute la politique en Europe centrale et orientale. L'Autriclie-llongrie, abrégé de l'Europe, connaît, au début du XX"' siècle, les i)lus âpres de ces luttes qui tendent, sinon à la dissolution de la monarchie, du moins à la dislocation du dualisme.

Les races et les nationalités en Autriche. — En Autriche, les Allemands, race dominante, occupent au nombre de 9.200.000 la région du Danube moyen et des Alpes, duTyrolàlaplaine hongroise par la haute et basse Autriche, la Styrie et la Carinthie, la Bohème du nord. Revenus depuis 1906 du radicalisme pangermaniste qui rêvait d'une annexion à la Grande-Allemagne, mais installés au cœur de l'Empire, à un carrefour des voies européennes, ils défient encore les autres races, d'importance et d'activité très inégales. — Car les Ladins du Tyrol du sud, quoique donnant avec succès l'assaut vers Botzen, Brixen et môme Innsbriick, sont trop peu nombreux (27.000). Les 700.000 Italiens, au contraire, qui occupent les côtes d'Istrie avec Trieste et le Trentin, exaltés par les souvenirs lointains de la grandeur de Venise et le spectacle de l'unité du u Royaume », se posent en Ilalia irredenla, complotent au besoin contre le gouvernement (( allié et ennemi » de l'Italie (1890) et, au moyen de manifestations tumultueuses, prétendent obtenir, avec une administration autonome, une Université de leur langue. — La Carniole appartient aux Slovènes pour qui Laybach est une capitale historique: catholiques en relations avec les autres Slaves du sud, ils sont plus de 1.200.000 qui souhaiteraient la constitution d'une grande lUyrie. — Les Tchèques présentent en Bohème centrale et en Moravie un bloc de(i millions d'individus ardents à reconquérir sur les Allemands tout ce que les vainqueurs de 1(320 ont arrachéau royaumede saintV^^enceslas. Toutleuresleflicace: écoles, églises, sociétés de gymnastique (soliols). Peu à peu, au prix de batailles sans fin entre étudiants, soldats, bourgeois et paysans des

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deux races, ils récupèrent leur domaine patrimonial d'où ils expulsent l'Allemand. Prague, redevenue tchèque, s'affirme centre intellectuel et artistique, avec son Musée national et sonThéâlre national élevés par souscription patrioticiue,son Université tchèque. Aujourd'hui, leurs ambitions s'étendent : ils veulent construire des églises et des écoles tchèques hors de Bohême (à Vienne, par exemple, oiî ils sont 230.000), puis grouper leurs cousins de race dans V Union slave de Kramarsch et de Sustersitch. Ne sont-ils pas, à rencontre des projets pangermanistes, qui tendent à réunir les 150 millions d'hommes parlant allemand, de Hambourg à Trieste, l'avant-gai'de des Slaves d'Autriche, la seule barrière résistante? — Les Polonais de Galicie (à l'ouest du San) ont acquis une situation privilégiée. Forts de leur nombre (presque 4 millions et demi), ils ont reconstitué autourde Cracovie un groupement très homogène qui célèbre avec une ostentation voulue les souvenirs nationaux (1), concentre les grosses sommes du « fonds polonais » pour créer des écoles en pays germanique, prépare toutes choses pour qu'une Pologne renouvelée trouve sa place dans le fédéralisme attendu. — A l'est du San, au contraire, 3 millions et demi de Rutbènes ou Petits-Russiens .se plaignent déjà de l'hégémonie polonaise, et dressent dans Lwow (Lemberg) leurs églises grecques-unies, où ils sauvegardent leur rite et leur langue. — Plus loin, la Biikouine, halte forestière des peuples au pied des (( ports » carpathiques, qui présente à côté de 250.000 Roumains, en compétition avec des Rulhènes, des colonies d'Allemands, de Magyars, de Polonais et de Juifs (répandus aussi en Galicie autourde Brody ou « Nouvelle Jérusalem »), achève, sur les terrasses qui penchent vers la plaine sarmate, la mosaïque cisleithane.

Les races et les nationalités en Hong:rîe. — En Transleithanie, les Magyars forment deux masses d'inégale importance : au centre de la plaine danubienne, des Alpes aux Carpathes et à la basse Tisza, et sur les degrés orientaux du bastion transylvain. Là, ils sont les Szeklers, les garde-frontières. Au total, 9 millions de maîtres détestés qu'assiègent comme sur un champ de combat les autres nationalités : Slovaques et Ruthènes au nord. Roumains au sud-est. Croates et Serbes au sud, des colonies d'Allemands au centre même : H millions de non-Magyars. — Les Slovaques

(1) Le monument qui, dans Cracovie, dresse la statue équestre de Ladislas Jagellon et commémore la victoire des Polonais et Litliuaniens à GrQnwaid (1410) sur les Chevaliers Teutoniques (le grand-maili'e .lungingen est étendu mort aux pieds du roi), a été élevé aux frais du pianiste Paderewski. ^

(plus de "2 millions) s'isolciil dans les liaulos C.arpaliics, aussi dt^fiants du Polonais (pie du lloui^n'ois. — Les Roumains constituent la grande niajofité en Transylvanie : environ î) millions de paysans de race latine et de culte orthodoxe, contre ^00.000 Allemands luthériens et 700.000 Mof/ijars calvinistes. Traités en sujets, aux droits diminués, suspects de se considérer comme une Floniania irredenla soustraite aux libres destinées du <( Royaume » voisin, ils revendiquent obstinément une autonomie qui restaure le grandduché, ou au moins la province de 1863, avec rEmpereur pour grand-duc. — La Nagoda, violée dès le principe, remise en question par tous les partis magyars, n'a pas assuré la paix aux 3 millions de Serbo-Croates, qui tolèrent avec peine sur leur sol 200.000 Allemands et Hongrois. Depuis 1908, le .Sabor, de majorité nationaliste, n'est plus convoqué que pour être dissous. Le ban Tomasitch, incapable de gouverner avec une majorité d'opposition, le proroge après une seule séance, et le dissout (août 1910). Des élections « tartarcs »> (candidats et électeurs évincés des lieux de vote, emprisonnés pour la période électorale, destitués arbitrairement de leurs droits, villes en état de siège, etc.) essaient de constituer une Diète docile aux volontés magyares. Cependant, le Sabor refuse le budget de l'année (mars 1911) ; il est dissous. Nouvelle dissolution en janvier 1912. Cette fois, le ban Tchouvaj, au lieu de procéder aux élections dans les trois mois, se fait nommer commissaire royal ponr traquer les journaux, briser l'opposition, appliquer la dictature brutale. Plus de constitution, au moment même où les Croates escomptaient des profits personnels de la dernière conquête territoriale de l'Autriche.

Développeinoiit de la politique balkanique. — Cette conquête, c'était l'œuvre personnelle de l'Empereur et du baron d'AerenthaL appelé au Ballplatz après la disgrâce de Goluchowski, le (( brillant second » de Guillaume II (octobre 1906). Jusque-là, toute la politique étrangère de la monarchie s'était déroulée dans le cadre de l'alliance allemande, puis de la Triplice, D'Aerenthal, jeune (né en 1851), qui avait passé seize ans de sa carrière diplomatique à Pétersbourg (et trois ans à Bucarest), lié au surplus à la (( camariUa » de l'archiduc héritier, apportait une formule nouvelle : moins dépendante de l'Allemagne, plus cordiale avec l'Italie, l'Autriche-Hongrie développerait, par un accord raisonné avec la Russie, ses positions balkaniques. Déjà, en 1897, le programme austro-russe (réédité à Muerzîeg, septembre 1903) précisait l'entente à deux qui, de l'aveu de l'Europe et dans l'esprit du traité de

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Berlin, réaliserait les réformes dans les provinces européennes de la Turquie, exercerait sur l'ensemble des Balkans un contrôle privilégié. Mais, dans ce d syndicat », l'un des associés, absorbé en Asie, devait pour l'Europe s'en rapporter à l'autre, et ce fut l'Autriche qui, seule, moyennant la pi'omesse tacite de ne rien faire, exerça pendant dix ans la (( délégation )) européenne. Elle en profita pour consolider ses progrès dans les provinces ottomanes de l'ouest, et dans certaines cours balkaniques.

Or, voici qu'en 1907 la Russie, qui avait réglé ses intérêts asiatiques avec le Japon et l'Angleterre, se libérait de l'entente à deux pour

L^rfïSMSi: 'ï^

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Sei;aje\o, capitale de la Bosnie (D'après une pholographie)

discuter avec Edouard VII des affaires de Macédoine. D'Aerenthal n'hésita pas. Il annonça (janvier 1908) que l'Autriche allait construire une voie ferrée pour relier à travers le sandjak, de Serajevo à Mitrovitza, le réseau bosniaque avec la ligne déjà autrichienne du Vardar (Mitrovitza-Salonique). Aussitôt, la Russie mettait en avant un autre projet de voie ferrée du Danube à l'Adriatique, et posait devant les puissances la question même de la Macédoine (févriermars). Mais alors, la révolution constitutionnelle de Constantinople (23 juillet) appelait toutes les provinces (y compris la Bosnie-Herzégovine) à députer au Parlement, et paraissait orienter la u Jeune- Turquie )) victorieuse vers Londres et Paris. D'Aerenthal, qui avait

int'oniié ru gros Pélorsbourg de sus intentions (entrevue de Buchlan avec le ministre russe des Affaires étrangères, 46 septembre), (( étendit la souveraineté autrichienne » sur la Bosnie et l'Herzégovine, en restituant à la Turquie le sandjak de Novi-lJazar (5 octobre 1!)08).

A l'étonnement général, l'Autriche, prenant confiance en son armée pour laquelle, en peu de mois, elle dépensait 500 millions, assurée (en février 1909) du secours militaire de Guillaume H,

oublieuse pour quelque fenqjsdeses querelles intérieures, domina d'assez haut la crise européenne qu'avait déchaînée l'annexion (octobre 1908avril 1909), Aux Serbes et aux Monténégrins, irrités et accablés de voir ruiner leurs espérances en une réunion de toute la race, elle signifia sa volonté, en les menaçant de la guerre.

A l'Allemagne officielle, assez mécontente du procédé, elle demanda d'exercer une pression sur la Russie pour que Pétersbourg lâchât ses iMonténégrins et ses Serbes, et lui laissa prendre pour la galerie l'apparence avantageuse d'avoir arbitré le conflit.

A l'Italie, qui réclamait plus bruyamment que les autres la réunion d'une conférence pour sanctionnerau moins la conquête, elle accorda l'abrogation des entraves maintenues depuis 1878 sur les deux ports monténégrins. Mais d'Aerenthal, de même qu'il refusait la conférence à l'Europe, — au parti militaire qui voulait (( exécuter » la Serbie pour l'annexer, réaliser d une grande Serbie sous le sceptre des Habsbourg » et vaincre au besoin l'Italie, en profitant du tremblement de terre de Messine, pour « rendre » le Monténégro à TEnq^ire turc désormais d rajeuni », il refusait aussi la guerre. Depuis lors, il conserva dans les affaires européennes une indépendance qui acceptait fort bien, quoi qu'en pensât Berlin, les Français au Maroc (juillet 191 li et les Italiens en Tripolitaine, pourvu qu'il pût jouer à son aise et seul de ses Mirdites catholiques d'Albanie et se ménager par eux ;i Constantinople de fructueuses interventions. Ainsi, tout en procurant du prestige au souverain, il relevait l'esprit public dans la monarchie et lui inspirait confiance et fierté.

• Un Miroite catholioue DK l'Albanie itv nord-ouest

L AUTRICHE-HONGRIE DEPUIS iS/JO

Derniers problèmes intérieurs. — Cette politique de réalisations balkaniques a survécu à la mort de d'Aerenthal (17 février 1912) Mais elle n'a qu'assoupi les revendications des nationalités qui l'annexion acquise, se sont réveillées aussi ardentes. Les Hongrois voulaient que la Bosnie-Herzégovine leur lut donnée, rappelaient les « droits » des rois apostoliques sur la Bosnie, obtenaient (janvier 1909) la création par le ministre commun des Finances, de Burian, d'une Banque hongroise agraire de Bosnie (mais avec un vice-président autrichien). Les Croates réclamaient aussi la province. Elle forma donc un territoire administratif spécial, auquel l'Empereur octroya une constitution (17 février 1910). ASerajevo, le gouverneur est assisté d'une Diète de 92 membres, dont 20 de droit (16 ecclésiastiques et 4 laïques) et 72 élus pour cinq ans par trois curies : curie des grands propriétaires musulmans, des plus fort imposés et des professions libérales, — curie des villes, — curie des communes rurales (ces deux dernières au suffrage universel ; dans les trois, par circonscriptions confessionnelles) (1). Régime complexe, condominium de l'Autriche et de la Hongrie, dans lequel le souverain gouverne en vertu de trois litres distincts : comme Autrichien (assisté du ministère cisloithan), comme Hongrois (assisté du ministère transleithan) et comme Austro-Hongrois (avec le ministère commun). Aux indigènes il offre tout juste la tolérance contre acceptation de la bureaucratie.

C'est qu'en Autriche s'affirmait alors, après le Parlement « curial 0 aboli, la stérilité du premier Parlement de suffrage universel. En vain, Beck avait pris au ministère deux chrétiens-sociaux et un Tchèque ; les premiers, en majorité dans la Diète de Basse- Autriche, réclamaient d'autres portefeuilles ; les Jeunes-Tchèques recommençaient l'obstruction et Beck démissionnait. Bienerth formait alors un ministère de fonctionnaires (décembre 1908), mettait Prague en état de siège, s'efforçait en vain d'accommoder Tchèques et Allemands sur la question des langues par des conférences, par un règlement, par un projet de loi (février 1909), réussissait à grandpeine à enlever le vote de la loi militaire. L'obstruction recommençait, obligeait à tenir une séance de quatre-vingt-six heures 15-18 décembre 1909i, à modifier le règlement du Reichsrath pour parvenir au vote de quelques lois sociales et de conventions de commerce avec la Serbie, la Bulgarie et le Monténégro (1910). A leur tour, les Polonais se déclaraient contre Bienerth ; mais l'Empereur le maintint avec ses ministres fonctionnaires, pour ne pas

(1) Les électeurs comprennent: 173. 127 Serbes orthodoxes (31 mandats) : 137 365 musulmans (24); .'<8.929 Croates catholiques (16j; 2.744 Israélites (1 mandai).

30 CaiAI'ITRE I

(( parleiuentariser » le gouvernomcMil (l'2 décembre), piurugea, puis renvoya la (lliambre (30 mars 1911) et, s'armant de l'arlicle 14, proiimli,''iia le biidi^et (en déticil de 198 millions), fixa le contingent, négocia a\ ei- les banques de Vienne, au ilélaul île Paris, un emprunt de 76 millions de couronnes. Les élections de juin 1911 amenèrent la défaite des cbrétiens-sociaux ; mais quand Gautsch remplaça Bienerth, l'émeute éclatait à Vienne, et bientôt le comte Stuergkh reinpla<:a Gautsch.

En Hongrie, même stérilité tumultueuse. L'opposition coalisée s'acharna contre la loi militaire que présentait le nouveau ministre Lukacz. Coups de sifilet, jets d'encriers, cors de chasse, trompes d'automobile, coups de revolver sur le président. Lukacz et Tisza, président de la Chambre, recourent alors au coup de force, font voter les lois « à la houzardc », expulser par des soldats 60 opposants qui, à chaque séance, empêchés de siéger, cherchent à prolonger le scandale. A la fin, les 260 ministériels, restés seuls, adoptent en bloc les projets du gouvernement : Universités nouvelles, indemnités à des villes et à des fonctionnaires, chemins de fer en Croatie, en Dalmatie, etc. Et l'opposition, jugulée au Parlement, tient des meetings pour en appeler au peuple.

La « question d'Autriche ». — Cependant, la Diète de Bohême n'est toujours pas convoquée, non plus que celle de Croatie. Les Croates protestent contre l'absence illégale de représentants du Sabor dans les Délégations (non réunies en 1910). Les Italiens, à qui l'on otîre une Faculté de droit italienne, la refusent à Vienne et à Roverelo, et la réclament' à Trieste. Ruthènes et Polonais, dans des batailles, ensanglantent l'Université de Lemberg (1910). En fait, il n'existe plus de régime représentatif; les ministères ne sont investis et maintenus que par la confiance du souverain, qui seul assure la suite dans les affaires et la permanence dans le gouvernement.

Cet absolutisme déguisé s'affirme à plein dans les mesures qui doivent permettre à l'Autriche de jouer un rôle plus actif en Europe : augmentation de l'armée, dont le contingent annuel de 163.000 hommes, astreints à un service de même durée qu'en AUenjagne, atteindra bientôt 200.000, programme naval engagé par la commande de deux dreadnoughls sans consulter le Parlement ^lOlO'i, imposé ensuite aux Délégations de 191 1 (4 dreadnoughls, 6 croiseurs, 6 torpilleurs, etc.) au prix de 313 millions de couronnes (1). — Il n'est

(1) Los Dcléyatioiis de novembre l'Jli se laissaient encore arraclier, pour l'année, un crédit de 450 millions.

l'autriche-iiongrie depuis 1849

pas moins net à l'intérieur où il dépend uniquement d'un souverain plus qu'octogénaire que i"2 millions de Slaves (1) et 3 millions et demi de Latins soient mis ou non en possession de leurs droits nationaux, que leur refusent encore 20 millions d'Allemands et de Magyars. — Telle se présente au XX® siècle la a question d'Autriche 0. Si le dualisme avec ses compromis périodiques s'avère aujourd'hui une formule désuète, ce n'est tout de même pas pour poser le problème d'une dissolution de la monarchie. Aux forces de destruction (panslavisme, pangermanisme, socialisme) (2), s'opposent des forces conservatrices :

intérêts confessionnels (des catholiques et des uniates), intérêts économiques, loyalisme dynastique, prestige personnel du souverain, force militaire, administralion commune (centraliste de tendance en Hongrie, autonomiste en Autriche), aspirations mêmes des nationalités.

En fait, les nationalités se défient plutôt du séparatisme, solution extrême qui leur réserverait peut-être d'autres jougs, qui leur enlèverait en tout cas le bénéfice d'appartenir à un grand État (3), point stable par sa position même de l'équilibre européen. Car l'Autriche-Hongrie n'est pas seulement une (( expression géographique », c'est une nécessité géographique. Toutefois, le temps semble passé où Metternich pouvait professer que, dans l'Empire, « le point est de s'arranger de façon que personne n'y soit tout à fait mécontent ». Les nationalités, trop petites séparément pour se rendre indépendantes, mais

L'empereur François-Joseph

(1) Y compris 1.890.CKX) habitants de Bosnie-Herzégovine (en 1910).

(2) Encore les socialistes manifestent-ils assez de loyalisme « impérial et royal ", pour que leurs adversaires les qualifient par dérision de " K. K. Sozial-democraten >>.

(3) « L'Autrichien, dit Schiller, a une patrie : il l'aime, et, à cela, il a de bonnes raisons. »

assez l'orlos pour (Irlcudri' leurs libertés, lui demancicnl de devenir pour elles toutes un refuge assuré, non un pi'nitencier tempéré par des révoltes. Aux gouvernants de Vienne (surtout à ceux de demain) il appaitieut de décider si celte réalisation indispensable a quelque chance de s'obtenir autrement que dans la formule : Pas de nation privilégiée; l'Auti-iche à tous ses peuples.

A CONSULTER

AuKRBACH : Les races el les naliondlilés en Aulriche-Uongrie. — BoURlier: Les Tchèques el la Bohême conlemporaine. — Léger : Le monde slave: Russes el Tchèques; et : la Renaissance tchèque au dix-neuvième siècle. — Savous ; Ilisloire tjénérale des Hongrois (jusqu'à 18(57). — de Mailath : La Hongrie rurale, sociale el polilique. — Recouly : Le pays magyar. — Gon- NARD : la Hongrie au vingtième siècle.

Chéradame : l'Europe el la question d'Autriche au seuil du vingtième siècle, et : l'Allemagne, la France et la question d'Autriche. — Ollivier : la Bosnie el l'Herzégovine. — Henry : Questions d'Autriche-Hongrie et Question d'Orient, et : Des Monts de Bohème au golfe Persique. — Questions actuelles de politique étrangère en Europe (la Question dAutriclie-Hongrie).

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