‹ Histoire politique du XIXe siècleChapitre 52 sur 96 · III. — Le nationalisme chinois · texte numérisé non relu

III. — Le nationalisme chinois

Le <( Break-iip of China » (1^05-1898). — Simonoseki, dévoilant un Empire tlu Milieu faible, encouragea au dépeçage ses prétendus protecteurs. Li-Hong-Tchang, qui représentait Kouang- Siu au couronnement de Nicolas II, dut accorder, sous le nom de Chemin de fer de VEsl chinois, le prolongement du Transsibérien en r/'a/2s/?îa«rfc/jo«/7eH par Kharbine (1896). Dans sa tournée aux capitales d'Europe et d'Amérique, toujours atteid.il" à sauver la face, il concédait pourtant à la France la reconstruction de l'arsenal île Foutchéou, à des Français et à des Belges la construction d'une voie ferrée de Pékin à Hankéou, aux Anglais une rectification à la frontière birmane et l'ouverture du Si-kiang au commerce international (1893-1897). — Le Japon avançait ses affaires en Corée : dès janvier 1895, il avait imposé au roi Li-Hsi une charte qui supprimait les abus du Palais et de l'administration, établissait une force de police, les Kourenlaï, aux mains d'officiers japonais, prêtait 8 millions pour mettre en train les réformes. L'hostilité secrète de la reine autorisait les résistances provinciales; le résident japonais Mioura-Goro fit tuer la reine par les kourentaï (8 octobre 1893) (i). Avec elle disparaissait l'iulluence chinoise. Mais alors la Corée se souleva ; Li-lisi s'enfuit à la légation russe (février 1896) où il demeura un an, affrontant ainsi le Japon avec la Russie.

Les Russes préparèrent donc en Corée l'opération (analogue à celle de 1858 qui leur avait valu 1.400 kilomètres de côtes dans la I))'ovince maritime) qui échangerait Vladivostok et ses glaces d'hiver contre Fousan ou Masanpo. Par provision, ils signèrent (avril 189()j un protocole en vertu duquel Russie et Japon abandonnaient à la Corée, dans la mesure de ses ressources, l'entretien d'une force armée, et « conseilleraient au gouvernement coréen les réformes reconnues indispensables )). Partage d'attributions : à la Russie, les réformes du Palais, les finances et la garde du roi, Séoul et le Nord ; au Japon, la police des quartiers japonais de Séoul, Fousan, Gensan, les ports et le Sud. Des gendarmes, japonais de Fousan à Séoul, russes de Séoul à Vladivostok, garderaient le télégraphe. La Russie envoya des fonctionnaires, fonda la Banque russo-coréenne , puis brusquement abandonna : en avril 1898, elle reconnut au Japon, moyennant sa collaboration

(1) Ils 1h tailladèrent avec ses femmes et lei brûlèrent api'ès les avoir pélrolées.

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aux réfornios commîmes, ciiliùrt^ liberté pour ses entreprises industrielles. C'est (jue l'ouverture de la Chine venait de s(; faire sur d'antres points.

En 1897, dans le Cliantouiig, où la mauvaise administration, le commerce illéiiral de l'opinm, la contrebande du sel, les désastres causés par les déplacements du l'ieuve jaune avaient développé l'association secrète du « Grand Couteau », deux missionnaires allemands catholiques, les P. P. Hics et Zicgler, furent assassinés. Guillaume 11 envoya dans la baie de Kiao-trhéou la flotte de l'amiral Diederichs ("25 novembre). Puis parut le prince Henri de Prusse qui prit h bail pour 99 ans la baie entière avec l'hintcrland immédiat et le port de Tsing-hio (5 janvier 1898) (1). — Deux mois après, dans le Liao-toung, que le traité de d895 défendait à la Chine de céder à aucune puissance, la Russie se faisait céder à bail Port-Arl/uir et Talien-oiian. Dans cette dernière baie, libre de glaces, les (( coloniaux )) établirent le port commerçant de Dalntj (la Lointaine), qui dut être, ainsi que Port-Arthur, relié au Transmandchourien (•27 mars). — La France, invitée à profiter de cette mise en morceaux (break-up of China), fit confirmer le Pékin-Han-kéou à un syndicat franco-belge, prit à bail la baie de Kouang-lcheou-ouan, en face d'Haïnan, que la Chine s'interdit de céder, ainsi que les provinces limitrophes du Tonkin, obtint la concession d'une voie ferrée de Lao-kay à Yunnan-sen, et, pour un Français, la direction des postes impériales. L'Angleterre à son tour obtint que le Yang-tseu restât ouvert au commerce, sans cession à bail pour aucune nation, occupa la péninsule de Ko\vloung(en face de Hong- Kong» et prit à bail, sur la côte nord du Chantoung, en face de Port-Arthur, Oucï-haï-oueï qu'évacuaient les Japonais enfin payés (avril-juin 4898). — Le Japon prit hypothèque sur le Fokicn, qui ne serait en aucun cas cédé à des étrangers. — En mars 1899, l'Italie elle-même réclamait la baie de San-moun dans le Tché- Kiang, mais sans succès.

La politique de chemins de fer continua cette curée de territoires: ligne de Han-kéou à Canton et Kowloung, concédée à un syndicat anglo-américain ; ligne de Tsing-tao à Tsinan, aux Allemands, à raccorder avec celle de Pékin à Tchin-kiang et Changhaï (provinces du grand canal 1 ; ligne de Tien-tsin à Chan-haï-kouan et Nioutchouangaux Anglais, lignes du Chansi à un syndicat anglo-italien, lignes de raccortiement entre le iMoukden-Poi't-Arthur et le réseau du Petchili aux Russes, d'accord avec lAngleterre lavril 1899i. .\u

1^1) Sur la {)Olitii|iie {illeinaiide en (^hiiif, voir I. I, olmp. \\\iii. ii.

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défaut des soldats, les ingénieurs européens et américains faisaient brèche dans le bloc chinois et, dépassant le littoral que Li-Hong- Tchang (relégué en 1896 à la vice-royauté des deux Kouangs) avait réservé à leur activité, allaient heurter de front, dans l'intérieur, la routine, le conservatisme formidable du peuple, et, chez les lettrés, la haine et le mépris de l'étranger.

La politique des « cent jours » et la réaction nationaliste (juin 1808-niai 1000). — Quelques réformateurs, frappés

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