I . — Vimpérialisme américain
Le g-oiiverneuieiit du général Graiit (18G8-187(>). —
Après 1870, les seules questions qui pouvaient se poser entre citoyens des États-Unis concernaient des intérêts économiques. La politique extérieure elle-même sy ramenait, interprète exacte des nouveaux besoins industriels et commerciaux. A les résoudre, Grant se trouvait médiocrement préparé, soldat transformé en politicien, d'allures volontiers césariennes, résolu à gouverner sans dépendre d'un Conseil. C'est ainsi qu'il brisa les résistances des blancs du sud contre l'oppression des carpel-baggers soutenue par les commandants fédéraux ; à ses yeux, toute tentative des blancs pour assurer la liberté des élections passait pour une révolte contre son autorité. Il se fit même donner par le Congrès la faculté de suspendre en certains cas Yhabeas corpus ^mars 1871). Jusqu'à 1872, date à laquelle des républicains désabusés conclurent alliance avec les démocrates, neuf comtés de la Caroline du sud restèrent soumis à la loi martiale. Des ministres, discrètement, avaient protesté ; en deux ans, Grant renouvela complètement le cabinet.
En 1872, sa réélection sans concurrent augmenta enooi'e son assurance. Un conflit avait éclaté en Louisiane entre deux candidats (pii se prétendaient élus l'un cl l'autre aux fondions de gou-
LES ÉTATS-UxNIS DEPUIS 1S7O 557
Verneur. Grant envoya Shei'idau avec des troupes expulser la majorité démocrate du palais législatif et y installer les adversaires. Cette fois, la réprobation générale força Grant à reculer et à laisser les Louisianais régler entre eux leurs querelles.
La seconde présidence fut troublée par des scandales financiers. Dans certaines villes (New-York, Buffalo, Philadelphie, Chicago, Cincinnati, San-Francisco), des syndicats non uniquement républicains achetaient des corps municipaux le monopole de l'alcool (comme à Saint-Louis) ou la concession de travaux publics (comme à New-York). Dans quelques États, les compagnies de chemins de fer ou les banques achetaient les gouverneurs et les membres des législatures. Il n'est pas jusqu'au gouvernement fédéral dans lequel l'opposition démocratique ne dénonçât le despotisme militaire mis au service de particuliers influents. Des crédits considérables obtenus du Congrès sous le prétexte d'améliorer la navigation du Mississipi et de ses affluents, des subventions énormes accordées pour la construction de voies ferrées à travers des régions désertes, des fraudes au préjudice du Trésor, la corruption et le favoritisme, finirent par ameuter l'opinion. Le 10 mai 1875, Bristow, secrétaire des Finances, fit perquisitionner dans trente-deux distilleries d'alcool et condamner trois hauts fonctionnaires complices de fraudes ; le secrétaire du président faillit subir le même sort. Mais les chefs républicains contraignirent Bristow à démissionner. Puis ce fut le tour du général Belknay, ministre de la Guerre, déféré au jugement du Sénat pour avoir accepté un pot de vin, et acquitté à la minorité de faveur. Encore, après 1876, fallut-il poursuivre le secrétaire de la Marine.
La crise tic 1870-1880. — Grant, qui semble avoir admis la possibilité pour lui-même d'un troisième terme présidentiel, au mépris delà tradition créée par Washington, n'eut pas à l'affronter; la Convention républicaine de Philadelphie se déclara (( invinciblement opposée à l'élection de qui que ce soit à une troisième présidence ». D'autre part, l'Ouest venait d'assurer la victoire aux Démocrates dans la Chambre des représentants (1875) ; son candidat, Tilden, ne succomba devant Rutherford Hayes que parce que les votes de l'Orégon, de la Louisiane et de la Floride avaient été falsifiés. Les mêmes politiciens qui avaient élu Hayes l'empêchèrent de rien réformer. Le général Garfield, élu en 1880, fut assassiné quatre mois après son entrée en fonctions (2 juillet 1881). Depuis, les Démocrates ont réussi trois fois à ressaisir la présidence, avec Cleveland (1884 et 1892) et Woodrow Wilson, 1912; les
autres présidents apparleuaioiit au parti républicain : Harrisson, ISSS; Mac-Kinley, I8Î)6 et i!IUO; Roosevelt, vice-président en 1900, devenu président après l'assassinat de Mac-Kinley (1901), réélu en 190i;Taft, 1908.
Nouveau classemont des partis. — La distinction élémentaire entre démocrates et l'épublicains a cessé en grande partie de correspondre à la i-éalité . Tout au |)lus ])eut-on dire que les Démocrates réclament des mesures de décentralisation, le libreéchange ou plus exaetepient (car il n'existe plus de purs libreéchangistes) des tarifs douaniers modérés, une armée et une marine réduites au strict nécessaire, l'impôt progressif sur le revenu et une politique d'économie nationale. Les Républicains inclinent vers la centralisation, l'adoption d'un tarif fortement protectionniste, l'accroissement de l'armée et de la marine en vue de conquêtes coloniales, l'augmentation des dépenses publiques contrôlées par le pouvoir central. Ces partis ne se classent plus d'après des idées ; ils sont devenus de grandes organisations matérielles qui défendent surtout des intérêts. Leurs étiquettes mêmes ne représentent que des souvenirs historiques. Républicains et Démocrates essaient périodiquement de conquérir la présidence ou la majorité au Congrès ; en fait, ils s'occupent peu de politique et combattent autour de trois questiohs essentielles : la monnaie d'or et d'argent — la question des tarifs douaniers — l'impérialisme.
Alonométallîstes et Bîaiétallîstes. — A partir des élections de I89G, la question monétaire est passée au premier plan. Depuis l'origine, la frappe des monnaies d'or et d'argent était libre aux États-Unis; mais comme le rapport réel entre les deux monnaies différait du rapport légal (fixé par Calonne au XVIil" siècle de 16 à 1), les États avaient frappé peu de dollars-argent et beaucoup de monnaies divisionnaires à titre réduit. Pendant la sécession, le secrétaire du Trésor, Chase, émit des billets pour 50 millions de dollars (juillet 1861). En ISeii, une loi établit le cours forcé du papier. Chase émit alors pour 150 millions de dollars de m billets des États- Unis » {greenbacks) qu'il porta bientôt à 450 millions. L'agiotage fut énorme sur ces billets qui, à la paix, perdirent jusqu'à 60 pour 100 de leur valeur faciale. Pour assainir le marché, la loi de /S73 revint à la circulation métallique, supprima le dollar-argent, établit l'étalon d'or. Mais, précisément en 1873, la production de l'argent augmenta dans les Étals de l'ouest, alors que les Hôtels des monnaies d'Europe se fermaient peu à peu à la frappe libre de co-tiiétal.
Les siluennen, possesseurs ou actionnaires de mines d'argent, capilalistes ou spéculateurs, intéressés aux exploitations du Mexique, de Bolivie, du Chili, formèrent un parti politique nouveau appuyé sur les fermiers de l'ouest, grands emprunteurs, qui acceptaient bien de recevoir en or, mais qui (sans tenir compte de ce fait qu'une pièce de 5 francs en argent ne vaut plus que 2 fr. 50 en or) tenaient à pouvoir payer en argent. De la sorte, ils se libéreraient à moitié prix; en ce sens, il serait exact de prétendre que « qui paie ses dettes s'enrichit ». — Beaucoup de gens du peuple s'imaginent aussi que plus Vinfïalion de la (c douce monnaie » (soft money) sera grande, plus la fortune publique augmentera.
Populistes et démocrates bimétallistes imposèrent alors les lois Bland elSIierman (l87S-1890),qui obligeaient l'État fédéral à acheter pendant trois ans et à dates fixes un gros stock d'argent, et à émettre lies bons du Trésor correspondants payables en argent ou en or, au gré du porteur En quinze ans, il y dépensa 464 millions de dollars. Mais de cette « inflation » devait sortir la crise de 4893 : l'or américain passa en Angleterre (pays à étalon d'or) et en Allemagne, qui venait justementde démonétiser l'argent (1890). Cleveland obtint du Congrès l'autorisation de ne plus acheter de métal blanc (août i893). Pourtant, en t896, la Convention démocrate réclamait encore la frappe libre de l'argent et de l'or, au rapport de 4 à 46 ; Bryan, son candidat, invectivait les financiers de l'est qui, pour leur seul avantage personnel, voulaient u crucifier les États-Unis sur une croix d'or ».
Les Républicains, d'accord avec les banquiers et les propriétaires de grandes voies feiTées, réclament au contraire l'étalon d'or et se disent monométallistes. lis observent qu'il est impossible de garantir aux monnaies diverses, même par une entente internationale, un pouvoir invariable d'achat par rapport aux produits qu'elles paient ; spécialement, entre les deux monnaies, la loi ne saurait établir un rapport fixe. Si la frappe était absolument libre, les pièces d'argent deviendraient de simples a assignats métalliques I), pendant que l'or se cacherait dans les caisses des particuliers. En fait, l'argent, comme le billet de banque, n'est (( qu'une promesse de paiement en or ». Il en faut donc limiter l'émission comme celle même des billets de banque. En 4900, en 1904, en 4908, comme en 1896, contre les silvevmen et les populistes. Républicains et Démocrates de l'est (entre le Potomac, l'Ohio et le Missouri), représentant encore 54 pour 400 de la i)opulation et 64 pour 100 lie la richesse nationale, s'entendaient pour donner 500.000 voix de majorité au candidat de la (( saine monnaie ».
Los linnnccs et lo tarif donaiiior. — Jusqu'à la guerre de Sécession, il n'avait pas vraiment existé de finances fédérales; seuls les droits de douanes alimentaient le Trésor. Ils pi'oduisaient au surplus une somme très supérieure aux dépenses, ce qui permit d'éteindre la dette fédérale en 4835. Mais en 4837 les spéculations de l'ouest déterminaient une crise financière et les receltes de douanes diminuaient. 11 fallut engager des dépenses et lever de nouveaux impôts pour la guerre du Mexique, pour doter la marine (1853) et les services civils. Les plus-values des douanes suffirent avec l'emprunt jusqu'à 1861.
Alors survinrent les impôts de guerre : le d®"" juillet 186'2, les (( impôts intérieurs » de 1817 étaient rétablis {excise des spiritueux, droits sur le tabac et sur la bière), avec des taxes supplémentaires (sur les voitures, les yachts, les billards, la vaisselle d'argent), des droits sur les bénéfices des banques et des compagnies d'assurances, et encore des droits de timbre, des droits successoraux, un impôt progressif sur le revenu, des taxes sur les produits fabriqués et les matières premières, etc. Mais le rendement ne suffisait pas ; il fallut augmenter les droits. La guerre avait coûté 3.350 millions de dollars; en 1866, la Dette fédérale s'éleva à 2.773 millions de dollars. — S'il n'avait tenu qu'aux Républicains victorieux, qui abolissaient pourtant de 1866 à 1870 les impôts (( intérieurs », atténuaient l'impôt sur le revenu (187-2), supprimaient en 1883 les taxes sur les allumettes, les chèques et les dépôts dans les banques, ils auraient volontiers, malgré les excédents de recettea réalisés à partir de 1875, maintenu, avec l'excise sur les spiritueux, le tabac et la bière, et même aggravé les tarifs de douanes. Mais le sud et l'ouest en réclamaient la révision. Ils durent l'attendre jusqu'à la première élection de Cleveland (1884).
Cleveland, opposé à la politique de gaspillage, s'attaqua au tarif douanier en tant qu'il produisait des excédents artificiels de recettes dont l'État ne trouvait pas l'emploi. Même, pour l'exeise, la base de la taxation apparaissait u mauvaise, inégale, illogique » ; car elle frappait à l'excès le consommateur au seul profit des industriels. 11 fallait donc abolir les droits sur les matières premières exigées par l'industrie, diminuer les droits sur les objets de première nécessité. L'industi'ie américaine ne doit plus limiter ses ventes au marché national; qu'elle aille faire concurrence aux industries étrangères à l'étranger. .Mais le lull conforme, volé par la Chambre des représentants, fut arrêté au Sénat.
Les élections de 1888, qui s'engagèrent sur la question du tarif, donnèrent la victoire aux Républicains. Mac-Kinley, né dans l'Ohio
ôf.l
en 1843, major pendant la guerre civile, député en 1876, entré au « Comité des voies et moyens » en 1880, en tira la conclusion pour son parti. Il montrait aux ouvriers qu'ils avaient intérêt à défendre l'industrie nationale contre la concurrence de l'Europe (oîi les travailleurs sont moins payés) et à maintenir leurs hauts salaires. Car il ne convient pas que des citoyens, qui élisent le Président, les sénateurs et les représentants, redeviennent pauvres et dépendants du vieux monde. A l'agricultui-e elle-même, In protection est utile; car elle lui ouvre de nouveaux marchés intérieurs, autrement avantageux que les marchés étrangers grevés par les frais de tra nsport .
(( Nous sommes à la tête de toutes les nations pour l'industrie agricole, pour l'industrie minière, pour l'industrie manufacturière.
Cela est dû à vingt-neuf années de politique protectionniste. »Mac-Kinley, président du Comité des voies et moyens, élabora la loi douanière de 4890.
Le bill Mac-Kinlei) établit un régime do protection à outrance, pour ménager certains intérêts industriels en vue d'un avantage politique. Il élève les droits sur les objets manufacturés, taxe les laines et les peaux exemptées jusque-là comme matières premières, abolit le droit d'entrée sur le sucre, mais établit des primes à la production du sucre tout en maintenant des droits sur les sucres raffinés. Toutefois, le tarif de 1890 n'ouvrit pas l'ère de prospérité merveilleuse cpie l'on s'en promettait; le prix des produits agricoles diminua, les salaires restèrent stationnaires, l'augmentation du prix des articles manufacturés pesa lourdement sur les classes pauvres. Aux élections de 1892, un courant de réaction servit les Démocrates qui enlevèrent la majorité au Congrès et firent élire Cleveland président. Cleveland introduisit alors le tarif Wilson-Gorman (-1894), purement fiscal, qui revenait aux principes de la
Mac-Kinli;v
-,(\2 C.IIAPITRI-: XX
protection moilôive. Alors .les gros industriels, groupés eu Irusis l>our monopoliser le trafic de certaines denrées, menacés par la réduction des droits, achetèrent au Congrès les votes des libreéchangistes qui, par une série d'amendements, rendirent le tarif méconnaissable. Dans l'ensemble, les droits étaient plutôt relevés ; mais VAmei-ican Siiyar Re/ining C" obtenait une exception en faveur du sucre provenant des îles Hawaï : il entrerait en franchise (I parce qiu' plusieurs personnages ini|)ortantsdu trust avaient des intérêts dans ces îles ». (lleveland, découragé, laissa le tarif devenir loi sans y apposer sa signature.
tue crise de misère ouvrière, les faillites financières de IBUit ramenèrent les électeurs aux Républicains. Mac-Kinley présenta le protectionnisme comme a le rempart de l'indépendance industrielle américaine ». Depuis 1896 jusqu'à lOliî, les Républicains se sont maintenus au pouvoir.
Le parti républicain impérialiste. — L'entrée aux affaires de Mac-Kinley (4 mars 1897) marque une date nouvelle dans l'histoire américaine. Pourtant le message inaugural, abondant en promesses de réformes financières et monétaires, s'autorisait de Washington pour répudier toute intervention dans les affaires des autres pays. En fait, ces réformes intérieures n'avaient pour but que de favoriser le développement d'une politique de conquêtes. Dès le 24 juillet, poussée par les industriels qui avaient engagé 75 millions dans la campagne présidentielle, la majorité républicaine votait le tarif Dingley, qui aggravait la taxation des matières premières, maintenait le droit d'entrée sur le sucre, mais abaissait de 50 pour 100 les anciens tarifs pour rouvrir à des industries récemment développées l'accès lies marchés étrangers. La législation se mit ainsi au service de certaines coalitions d'intérêts (syndicat du borax et trust des sucres). Mac-Kinley se fit seulement autoriser à signer des arrangements de commerce avecla France, le Portugal, l'Allemagne, l'Italie et les Antilles anglaises. — Il régla de mênn^ la question monétaire ; la mission Wolcott, envoyée en Kurope, n'avait pas réussi à fixer, par une entente internationale, la valeur du métal-argent. Le Congrès déclara (octobre 1900) le dolhir-or unité de valeur, et maintint la | monnaie d'argent et de pa[)iei' à parité avec cet étalon. |
La politi(|ii<' lie conquêtes. — Kn 1900, le parti ré|>ublicain proclamait : m .Nous reprenons la doctrine de Monroè dans toute son :, étendue. » (>r Monro^ n'avait parlé que pour le continent américain; f
ce qui n'empêchait pas que, dès 1842, les États-Unis n'étendissent la doctrine à l'Océan Pacifique et ne fissent connaître qu'ils s'opposeraient à toute ingérence de l'Europe dans le gouvernement des lies Hawaï. Cependant les Anglais fondaient leur colonie du Honduras en Amérique centrale et pouvaient devenir, grâce au canal dès lors projeté à travers le Nicaragua, maîtres du passage entre les deux Océans. Le traité Clayton-Biihver de 1850 stipula que ni l'Angleterre, ni les États-Unis ne construiraient le canal sous leur contrôle exclusif. Pour un temps, la (( troisième frontière marilime n serait ainsi neutralisée au sud. Au nord, elle s'étendit jusqu'au détroit de Behring quand les Russes eurent cédé, pour 7.(200.000 dollars, leur colonie de V Alaska (avril ^SQ1). Après 4890, c'est au delà même du continent que le parti républicain allait reporter ces frontières.
i° Conquête des îles Hawaï [1898). — Four les États-Unis, les îles n'avaient d'abord présenté, sur les routes du Pacifi(iuc, qu'une valeur de position. En 1875, par dérogation à la politique des tarifs autonomes, ils signèrent avec elles un traité de réciprocité commerciale ; c'est qu'elles exportaient le sucre, pour le bénéfice presque unique de capitalistes américains. Plus tard, ils obtinrent une station de charbon à Pearl-Harbour, dans, l'île de Oahu (1884), signe d'une domination à peine dissimulée. En janvier 1893, la reine Lilinokalani fut renversée et un gouvernement provisoire offrit au président Harrisson (qui accepta) d'annexer décidément les îles. Mais après lui Cleveland hésitait; c'est malgré le président que le Sénat reconnut la République hawaïenne !iS9i). Mac-Kinley se laissa gagner aisément à l'idée de l'annexion par le trust du sucre et par les autres industriels intéressés; il la fit prononcer par le Sénat au milieu même de la guerre avec l'Espagne (7 juillet I8!»8).
2" Conquête de Cuba, de Porto-Rico et des Philippines {i898). — A Cuba, où l'Espagne voyait sa domination contestée depuis le commencement du siècle, la révolte avait gagné l'île entière de 1868 à 1878, redoublé en 1895 (l). Les États-Unis avaient intérêt au rétablissement de l'ordre, nécessaire ici encore à leur commerce du sucre. Cleveland chargea les consuls américains de surveiller la situation, menaça même Madrid d'intervenir. Dans l'Union, deux courants se manifestaient : la partie tranquille de la nation, antiannexionniste par principe, préférait au besoin la politique d'isolement. Les Républicains, par contre, s'élevaient contre le système de répression violente du général Wcyler, dénonçaient les souf-
(1) Voir chap. ii, iv, p. 54.
h6i CHAMTHK XX
l'i'aiMt's lies (I reconceiiliados » eiiteniiés dans les cunips espagnols. L'opinion excitée réclama « Kree Cuba » yCuba libre). L'impérialisme exploitait ainsi des sentiments de générosité; mais lui-même se laissait exploiter en-dessous par les spéculateurs sur le sucre.
L'Kspagne cependant rappela Weyler et annonç^-a l'octroi d'institutions autonomes. Mac-Kinley en prit acte (décembre 1897 mais l'iivoya la llotle fédérale aux D/ij Torliifjas, à l'ouest de la Floride. Le 20 janvier 1898, le cuirassé Maine entrait dans le port de la Havane ; le 15 février, il sautait avec !2oO hommes d'équipage. Le ('ongrès, interprète de l'exaspération populaire, vota une u résolution conjointe » i)ai' laquelle il se prononrait en faveur d'une république cubaine et conseillait à l'Espagne d'évacuer (Juba ('20 avril 1898). L'ambassadeur espagnol Dupuy de Lôme ne lit aucune réponse. La guerre aussitôt commeni;a.
Elle dura peu. Les Américains, maîtres de la mer, opéraient à portée de leur arsenal de Key-Wesl. Le commodore Schley bloqua les côtes de l'île ; lorsque l'escadre cuirassée d'Espagne de l'amiral Cervera eut gagné le port de Santiago de Cuba, il l' n embouteilla » en coulant deux transports dans le goulet. Le 3 juillet, Cervera voulut sortir; une canonnade bien dirigée le jeta à la côte et détruisit son escadre. L'opération s'etîectuait si précise que les artilleui's américains l'acclamaient ; le capitaine de vaisseau Philip les fît taire : u Ne criez pas ! ils meurent ! » (Don'tcheer ! They are dying ! '. — Sur terre, la guerre, mal préparée par le secrétaire d'État Alger, avec une intendance défectueuse et un mauvais service de santé, s'attesta mal conduite, sans plan stratégique, sans autre idée tactique (pie de se ruei- en charges brillantes de cavalerie sur les positions d'infanterie espagnole (à Pinar de! ftio et à Sanliago';. — Cependant, aux Philippines, l'escadre en bois de l'amiral Montojo avait été brûlée par l'amii-al Dewey à Cavité, dans la rade de Manille, en présence (.le l'escadre allemande d'observation de l'amiral Diederichs (1''' mai). Il était question de former une « escadre de l'Europe » destinée à bombarder les côtes d'Espagne. Le 12 août, la guerre prit lin par les préliminaires de Washington, que signèrent Day, secrétaire des Affaires étrangères, et l'ambassadeur de Franco Jules Cambon. A la/ja/a(/t'Prtr/s (10 décembre 1898), Mac-Kinley réclama l'évacualion de Cuba, la cession de Porto-Rico et de l'île de Guam dans les Ladrones, enfin la cession des Philippines (où, à la date du 12 août, les Américains n'occupaient encore que Manille) moyennant 100 millions de francs. Les Espagnols durent céder sur tous les points.
Pour les États-Unis, les diflicultéb ne Ninrcnt (piensuile. La
Constitution n'avait prévu comme possible qu'un accroissement continental ; comment assurer le gouvernement aux colonies d'outre-mer? Porto-Rico et Hawaï furent organisés en avril et mai 1900. Hawaï, dont le sucre doit entrer en franchise en Amérique, est un (( territoire » ; les Hawaïens sont citoyens américains et élisent un représentant au Congrès. L'administration intérieure a conservé le régime de 1894. — Porto-Rico est une colonie qu'administre un gouverneur assisté d'un Conseil exécutif nommé par le Président et d'une Chambre de délégués élus. Les habitants sont ci-
Un village aux Philippines
toyens de l'ile, non citoyens américains; ils désignent seulement un commissaire qui les représente à Washington. — A Cuba, les difficultés provenaient des exigences des anciens insurgés : Maximo Gomez, leur commandant en chef, réclamait Cuba libre au nom des raisons d'humanité qui avaient déterminé rintervcntion. Seulement, tandis qu'une Assendjiée élue travaillait à la Havane (décembre 1900) à élaborer une Constitution, les trusts américains s'efforçaient d'obtenir l'annexion de l'île (1). Le général 'Wood attendit le 20 mai 1902 pour quitter la Havane avec ses troupes;
(1) Le premier commissaire américain envoyé dans l'ile. Robert Porter, écrivait eu 1899:" Tabac, café, fruits tropicaux, minerai de fer et autres minéraux de diverses natures. l)ois de construction, bétail, et riiinonibrablc série des produits qui forment la richesse coinniercialc de ce merveilleux [lays doivent représentei' une valeur annuelle qu'on peut estimer entre 200 et &) millions de dollars et (ju'il serait facile de doubler, peut-être de tripler. •>
une Hépiibliqiw cubaine fut établie avec un présidont, Estreda Palma et un Congrès élu ("24 sénateurs et 63 reiirésentanls). Toutefois, tes Étals-Unis laissaient quelques garnisons chargées de la défense des cAtes, obtenaient des avantages singuliers pour leur commerce moyennant une réduction de droits de 20 pour 100 accordée aux produits de l'île, contrôlaient les relations extérieures de la République, devenaient à sou égard une puissance suzeraine, tout en refusant de garantir ses emprunts. En 1906, à la suite de désordres d'un caractère révolutionnaire, ils intervenaient de nouveau, installaient avec Tafl un gouvernement provisoire (29 septembre) (jui ne se retira qu'après les élections pour un nouveau Congrès.
Aux Philippines, Mac-Kinley avait projeté d'établir un gouvernement colonial ; mais les habitants, débarrassés de l'exploitation ei^pagnole, espéraient la pleine liberté. Un indigène, Aguinaldo, de race tagale, forma une République ; mais, traqué dans les montagnes par l'armée américaine, il finit par être pris. Les îles ne furent vraiment pacifiées que par ïaft qui, après son inspection de 1905, installa un gouverneur (L.-E. Wright jusqu'à 1906) aidé de fonctionnaires civils, et négocia avec le Vatican une sorte de Concordat qui régla le sort des dignitaii-os de l'Église catholique et des congrégations religieuses.
3" Acquisitions dans les îles Samoa. — En 1899, le Iridominiuni anglo-germano-américain sur les îles Samoa fut liquidé. Pour leur part, les Étals-Unis reçurent Toulouila et Mciniia dans laquelle ils utilisaient déjà comme dépôt de charbon le mouillage de Pago- Pego. Nouvelle escale dans le Pacifique sur les routes du sudouest.
il. — Les États-Unis contemporains..
I>erniers problèmes inipôrialislos. — Cette politique de conquêtes a déterminé une Iransi'ornialion profonde dans la vie générale des États-Unis.
1" Situation financière. — Non j)as qu'elle les ait endettés. La guerre avec l'Espagne était survenue avant que le Trésor ne connût les excédents de recettes : le War Revenue Ad (1898) doubla les taxations intérieures et en créa de nouvelles (patentes, timbres, droits successoraux, droits sur le thé). Mais un excédent de 80 niillions de dollars permettait d'amortir dès 1901 l'emprunt de guerre de 200 millions de dollars et de diminuer les taxes intérieures. En
dépit des impriidencps commises par la spéculation en 1907, la situation financière demeure brillante.
i" Développement du pouvoir central. — Mais la conquête a rendu plus forte Yaclion du pouvoir fédéral. Non seulement le gouvernement a développé son système d'impôts à la mesure de sa politique d'expansion (alors qu'autrefois l'Américain ne payait guère que pour les dépenses de sa vilh;, de son comté et de son État) ; des personnalités en relief, comme celles de Mac-Kinley et de Roosevelt, d'attitude parfois u césarienne », ont encore accusé le caractère « impérial » delà magistrature suprême. Le président modifie au besoin, de son initiative, les tarifs douaniers à titre de représailles économiques ; il nomme maintenant les membres améi'icains de la cour darbilraqe de La Haye sans le concours du Sénat. Dans les pays annexés, comme aux Philippines, il pi'end des décisions qui le mènent jusqu'à négocier seul avec l'étranger.
L'échéance traditionnelle des huit années reste la seule limite imposée à cette u royauté » (i).
3" Un tel pouvoir doit s'appuyer sur des forces militaires nouvelles. Après la Sécession, l'armée de terre avait été ramenée à 23.000 hommes ; elle a été portée à 78.000 au début du XX" siècle; nul doute qu'elle n'atteigne bient«')t 100.000 hommes. La Hotte, qui dispute à l'Allemagne le second rang dans le monde, doit comprendre 247 bâtiments, dont 74 nuités de combat. L'Union centralisée devient une grande puissance militaiic et navale.
4" Politique panaméricaine. — Cette puissance doit servir à réaliser non plus la simple formule de Monroë : l'Amérique aux Amélicains, mais celle des chauvins enthousiastes : l'Amériijue aux
Roosevelt
(né en 1858)
(1) Encore la campagne présidentielle de 1912 a-l-elle mis aux prises, avec un candidat démocrate, Roosevelt, que la majorité du parti républicain, au mépris de la règle des « deux termes ', avait adopté à son » retour de l'île d'EUjc », c'est-àdire de ses chasses d'Afrique et d'une « tournée •> de prestige en Europe Mais cette fois le peuple américain a réagi contre la menace de » cèsarisme ■.
fitis r.ii AiMi lii': \\
Etats-l'iiis ! Déjà, poiKlaiil riiivci- IH8l)-1890, un Conr/rès ]>anaméricnin «avait siégé à Wasliiiigloii sons la présidence do Blaine, secrétaire d'Étal de l'Union; le Brésil, Haïti et tjuatorze États hispanoaméricains y proposèrent la conclusion de traités de commerce stipulant des avantages réciproques. Ils décidèrent aussi de recourir à l'arbitrage pour tous les différends entre États américains. C'était une promesse de ZoUvevein dans lequel les l'^tais-Unis auraient assumé la protection des faibles (i), même à l'occasion de leurs conflits politi(jues. Le Venezuela, aux prises avec l'Angleterre pour un territoire contesté à la frontière de Guyane, en recueillit le bénéfice. Olney, secrétaire d'État, déclarait à lord Salisbury que l'Amérique du sud, par sa position u à 3.000 milles d'Océan d de l'Europe, par sa proximité des États-Unis, la similitude de ses institutions, dépendait du contrôle unique de ses voisins du nord. C'était (( une doctrine de droit public américain ». Les États-Unis sont de fait « souverains sur le continent ». Leurs délégués le soutenaient expressément à la Conférence de La Haye (1900), l'affirmaient d'une façon presque inquiétante pour leurs protégés au Congrès de Mexico (1901). En 4903, lors d'une démonstration navale angloallemande au Venezuela, ils se déclaraient opposés en principe à toute conti'ainte exercée par une force armée européenne contre un l<;tatdu sud. Ils rappelaient avec défiance l'exemple de rÉgyi)te; et l'Angletei're devait s'incliner devant cette <( impertinence internationale ». Bien plus ; ils n'admettraient pas sans protester le transfert d'une colonie européenne à une autre puissance d'Europe (celui de l'île danoise de Saint-Thomas, par exemple, à TAUeniagne) ('2). Root, secrétaire d'État, allait, au Congrès de Rio de Janeiro (1906), jusqu'à faire sienne la « doctrine de Drago » qui déniait à l'Europe le droit de recouvrer par la force ses créances sudaméricaines. Au surplus, la formule extrême a été proclamée par Grant : « Le temps n'est pas bien loin où, par le cours naturel des événements, tout lien politique entre l'Europe et ce continent cessera d'exister. »
5" Question de Panama. — Ce jour-là, il es! vraisemblable que la Hotte promenée en 1908, sur l'onlre de Roosevelt, par l'amiral Evans
(1) Au Nicaragua, par où pourrait se construire un canal en concurrence avec Panama, ils contrôlent les douanes, la Banque nationale, les chemins île fer, les compagnies de navigation à vapeur, les concessions territoriales et lei» travaux publics. Le président n'y e.xerce plus qu'un semblant de pouvoir, sous !a surveillance des États-Unis, (|ui préparent ainsi leur protectorat.
(2) Un de leurs écrivains, Mahan, soutient même que si la Hollande était absorbée par l'Allemagne, les colonies hollandaises des Antilles ne pourraient pas être anne-vées par l'Empire allen.and.
LES ÉTATS-UNIS DEPUIS 187O ofi9
clans toutes les mers du globe, n'aura plus besoin de doubler le cap Horn pour opérer à son gré dans le Pacifique. Grant, qui avait préparé l'annexion de Saint-Domingue, négocia dès 186!» avec la Colombie le droit de construire et d'exploiter un canal interocéanique à travers l'isthme de Darien. C'était violer le traité Clayton- Buhver ; c'était surtout, dans sa pensée, faire avorter l'exécution du canal de Panama tju'allait entreprendre u;ie compagnie fran- <;aise. Poussé par les impérialistes, Mac-Kînley obtint de l'Angleterre, embarrassée au Transvaal, le traité Ilaij-Pauncefole (4 février 1900) : il permettait à l'Union de construire seule le canal, qui serait soumis aux mêmes règles de neutralité que celui de Suez. Mais le Sénat refusa de rien retrancher à la souveraineté de l'État, et l'Angleterre s'inclina encore (novembre 1901). Quand la révolulion de Panama ^19u3i eut détaché l'isthme tic la Colombie, les États-Unis, acquéreurs des droits et du matériel de la compagnie française liquidée (4902), obtinrent du [)résident Amador Guerrero la reconnaissance d'une souveraineté de fait aux deux extrémités du canal et sur une bande de territoire de dix milles de large le long de chaque rive, la cession des îles Périco, Naos, Ciilebra et Flamenco qui en commandent l'entrée, le droit d'élever les fortifications nécessaires (//Y///c' Jlay-Biinan-Varilla, iS novembre 1903). Ainsi les berges du canal deviennent d une partie de la ligne côtière des États-Unis o.
6" L'empire du Pacifique. — De même que Porlo-Rico, neutralisant la Jamaïque anglaise, surveille l'entrée du canal sur le golfe du Mexique, de même les îles Chrislmas et Phœnix (en attendant que l'Equateur consente à céder les Gallapagos), en surveillent la sortie sur le Pacifique. Au centre de l'Océan, les Hawaï, à l'ouest les Philippines semblent assurer à l'Union la maîtrise de ce « théâtre de l'avenir » et rejjortent ses frontières en face de ce monde de l'Extrême-Orient, dont l'accommodation constituera sans doute la plus grosse question politique du XX« siècle. Dès aujourd'hui, la concurrence japonaise s'affirme dans les îles Hawaï, où les Nippons sont 70.000, aux Philippines, accablées d'impôts, malmenées par des milices brutales et par des fonctionnaires que la machine politique n'a pas su former encore, et où la u constitution o n'a pas " suivi le drapeau n.
Or voici que des Japonais, et non des moindres, observent que, depuis les accords passés avec la Russie et la France et l'alliance (renouvelée le 13 juillet 1911; avec l'Angleterre, le Japon, assuré de ses prises sur le continent asiatique et déçu par Formose, a besoin, pour imposer la paix nippone, tout au moins des
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Philippines, dont la coiicpiiHi' de 1898 lu rnisln-. Pour eux, les dilHcultés sLii'vemies à propos de la fréquentation des Japonais dans les écoles de C-alii'ornie (■1906-1908), que Roosevelt n'a pu leur assurer qu'en pesant à Sacramento de tout le poids de l'autorité fédérale, les entraves apportées par les consuls américains à l'établissement de (( nouveaux Jai)ons » au Chili, au Pérou et au Mexique (1), ne font que préparer la crise que rendra fatale l'ouverture du canal de Panama (comme loiiverturc du Transsibérien détermina la crise de Mandchouriei. En dépit des déclarations retentissantes de Roosevelt, le Pacifique n'est pas encore reconnu domaine « impérial » américain.
7» Position « mondiale ^ des États-Unis. — Du moins, il n'est plus possible de tenir l'Union en dehors des questions européennes. Sous couleur de science ou de philanthropie internationale, elle a participé à l'Acte général de Berlin (1885), qui a découpé l'Afrique ; depuis, elle s'est proclamée tutrice de la République nègre de Libéria. Ses plénipotentiaires ont siégé à Algésiras (1906), où ils ne signèrent l'Acte qu'avec des réserves inspirées par leurs <( intérêts » dans l'Atlantique oriental. Le secrétaire d'État Hay a protesté contre le refus des libertés politiques opposé aux Juifs eu Roumanie; il a transmis officiellement à Pétersbourg une pétition des Juifs d'Amérique contre la politique des pogroms et les massacres de Kichinev. Nous sommes loin de la primitive doctrine de Monroë. De la phase panaméricaine, la politique des États-l'nis a passé à la phase « mondiale ».
Sans doute, la nation n'a pas encore, même à l'intérieur, résolu tous les problèmes : elle a su écarter les dernières menaces de la dictature, non pas régler de façon satisfaisante le statut de ses (( jaunes » et de ses « noirs », maintenir ordonnée une rivalité de classes qui s'épanouit en luttes de races. Ce sera peut-être l'œuvre de la génération nouvelle, celle des Universilij men, dont beaucoup lirétendent à remplacer les politiciens. Il est difficile en tout cas de pi'évoiroù consentiront à s'arrêter les prétentions d'une démocratie très sûre de constituer une des ui'andes forces ludionales du monde it)
i\) Voir chap. xvii, v, p. 48S.
(2) Roosevelt déclare : " Avant loul, nous devons nous tenir épaule contre épaule, sans nous inquiéter des afeu.x ou de la religion de nos voisina, mais «.eulementde la sincérité de leur américanisme, Uavailiaiit tous ensemble de cœur, tle tête et de mains à riionneiiret à la puissance de noire pairie commune... L'Amériiiuc contre le monde. L'Amérique à tort ou à raison. L'Amérique toujours. Nous sommes Américains. » 11 réclame aujourd liui une e.vtensiou des pouvoirs fédérau.\, qui, en limitant les privilt''jj;es de puissance ou de fortune accaparés par les « corporations » financières incontrôlées et par les « machines » des vieu.x partis, assure un plus juste foiic-
et spécialement orgueilleuse de ses 94 millions d'habitants (1).
A CONSULTER
BoL'TMY : Essai d'une psyc/wlo(/ie politique du peuple américain. — D RousiERs : La Vie américaine, 2 vol., et : Les Industries monopolisées {trusls) aux Étals-Unis. — Bujag : La Guerre hispano-américaine. — Bargv : La Ueligion dans la société au.x États-Unis. — D'Avenel : Aux Étals-Unis. — Tardieu : Notes sur les États-Unis. — Viallatte : É Industrie américaine. — Hauser : É Impérialisme américain. — Roosevelt : É Idéal américain. — Coolidge : Les Étals-Unis, puissance mondiale. — Pierre Leroy-Beaulieu: Les Étals-Unis au XX" siècle. — Cons : Les Étals-Unis de 178g à igi2 avec un aperçu bibliographique). — Questions actuelles de politicjue élran- (jère dans l'Amérique du nord. — Keein : Au pays de la « vie intense », et L'Amérique de demain.
tioiinement de la démocratie. C'est •( le nouveau nritionalisme ». L'entrée en scène du nouveau parli a déterminé en effet, aux électionii présidentielles de 1912, «ne perturbation totale dans les anciennes machines. Tait, candidat des républicains conserveteurs, s'est elîondié. Pour la première fois depuis 1892, un démocrate est élu, un « University man », sur un programme de réi'ormes fiscales en réaction contre le protectionnisme outré des conservateurs.
(Il Y compris l'.Xlaska, les îles Howa'i et Porto-Rico {ren.'ins de 1910).