CHAPITRE XVI
tout prix la renvoyer indéfiniment, lis dénoncèrent donc au comité de salut public, que les sections étaient décidées à se constituer en permanence, à s'opposer à la formation de l'armée révolutionnaire et à la perception non terminée des contributions forcées; ils demandaient en outre la révocatiôir des assemblées fixées au i9.
Le comité de salut public avait aussitôt arrêté qu'une députation serait nommée pour engager les trois corps administratifs à se réunir, afin daviser au moyen d'éloigner l'exécution de*la lordu 21 mars; mais les corps supérieurs rejetèrent avec indignation la proposition qui leur fut faite, et répondirent avec fierté : ^ Nous sommes décidés à secouer le joug de la municipalité ; allez dire à ceux qui vous envoient que la loi du 21 mars aura son cours. »
Les assemblées se formèrent en effet aux époques indiquées. A la vue des apprêts que la municipalité faisait pour les combattre, les sections se déclarèrent en permanence. L'une des pltis braves, composée en partie d'hommes du peuple, de portefaix et de mariniers, celle qui, le 15 janvier, avait brisé les tables que les sans-culottes avaient dressées sunles places publiques pour recevoir les signatures des citoyens qui demandaient la nîort du roi , la section du Port-du- Temple, voulut motiver ainsi cette résolution :
« Cejourd'hui 19 mai 1793, l'an W de la République,
» Les citoyens de la section du Port-du-Temple, assemblés sous la » présidence du plus ancien d'âge , en conformité de la convocation » faite le 12 de ce mois ;
» Considérant i^ qu'aucune loi ne défend aux citoyens de s'établir » en assemblée de section permanente; qu'au contraire il parait, par » l'article 11 de la loi du 2 mars dernier, que les sections doivent être » permanentes, puisque la discussion qui pourrait survenir au sujet » des déclarations faites par-devant les commissaires surveillants, » doit être renvoyée par-devant elles pour y être statué définitive- •» ment ;
« 9? Que le seul moyen et le plus efficace pour ramener l'ordre, » qui parait être troublé dans cette- ville depuis quelques mois, est k » permanence des sections, parce que c'est là que les citoyens exer- » cent pleinement leurs droits et qu'ils peuvent s'éclairer et se se- » courir mutuellement ;
» 2" Que la permanence des sections est le seul moyen de prévenir
» le retour de tout acte arbitraire, et que la liberté, légalité et la » résistance à loppression, sont des droits naturels, et se trouvent » consacrées par la Convention dans sa déclaration des droits de » Thomme ; •
» 40 Enfin que les villes ou les sections qui 3ont permanentes, sont » celles qui jouissent de la plus grande liberté, telles que les villes » de Bordeaux et de Marseille; -
» Ont arrêté à la majorité de cent une voix contre dix, de se dé- » clarer en permanence, et que copie du présent arrêté sera commu- » niq^ée aux corps aditiinistratifs et aux autres sections de la com- » mune de Lyon.
» Signé REYNARD, » Secrétaire provisoire, «