CHAPITRE XVII
avait perdu leur confiance, elles mirent Ghallier hors la loi, demandant quil filt aussitôt arrêté, mis en prison, pour y être jugé avec la plus grande rigueur.
Les choses en étaient là ; et tout rapprochement entre les deux partis paraissait impossible, lorsque les administrateurs du département tentèrent un dernier effort. Pour empêcher une conflagration devenue inévitable, ils invitèrent les sections à leur envoyer plusieurs députés pris dans leur sein, pour concerter avec eux des mesures de salut public; ils firent la même invitation à Nioche et à Gauthier qui la refusèrent, comme s'ils eussent craint d'entrer dans une voie de conciliation : alors le département et les représentants des sections les prièrent d'éloigner de la ville la force armée qu'ils avaient amenée avec eux, et dont on apercevait déjà l'avant-garde; ceux-ci répondirent avec hauteur qu'ils n'étaient point venus à Lyon pour recevoir des ordres, mais pour en donner, au besoin sabre et pistolet aux poings; d'ailleurs, ils ne reconnaissaient d'autres autorités que celles de la commune et du comité de salut public.
Dès ce moment tout espoir d'accommodement fut perdu. ]..es sections bien décidées à né plus en appeler qu'à la force, redoublent de vigilance et de précautions, pendant que de leur côté les Jacobins se disposent à prendre l'offensive. La municipalité donne le premier signal en s'emparant pendant la nuit de l'Arsenal, et en renforçant les troupes chargées de le garder. Le maire Bertrand avait aussitôt envoyé Tordre suivant au commandant du poste.
« âu nom de la loi suprême.
»> Les membres du comité de salut public du département de Rhône- » et-Loire requièrent le commandant de l'Arsenal de ne reconnaître » aucune force armée, soit pour lui donner des secours, soit pour y> entrer de force dans ledit Arsenal; ils le requièrent, en outre, de » faire agir sa troupe en cas de résistance, avec fermeté, et de » concert avec le commandant de l'artillerie pour repousser la force « par la force.
« A Lyon, le 28 mai 1793.