‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 115 sur 217 · BERTRAND · texte numérisé non relu

BERTRAND

La municipalité s'entourait d'un appareil fort imposant; par ses

soins la vaste cour de l'Hôtel -de-Ville se remplit de Jacobins, et se hérisse de baïonnettes : huit pièces de canons chargées à mitraille sont prêtes à faire feu, de nombreux cavaliers les protègent sabres nus, des bataillons entiers parcourent les rues voisines en arrêtant les patrouilles des sections qu'ils rencontrent. Quarante citoyens, violemment arrachés à leur famille, sont chargés de fers et précipités dans les cachots. Les administrateurs du département veulent se rendre au lieu ordinaire de leurs séances , on leur refuse l'entrée de THôtelde-Ville, et les factionnaires croisent sur eux la baïonnette.

Bertrand, Challier, Riard, Thonion, Achard se multiplient, on les voit partout; les uns donnant des ordres distribuent des armes et des munitions; les autres relèvent et placent des sentinelles, s'assurent si tout le monde est bien à son poste. La municipalité préside elle-même à toutes ces dispositions de combat; elle compte peu sur la capacité militaire du commandantrgénéral Juillard ; cependant elle le garde près d'elle pour lui faire signer toutes les réquisitions qu'elle jugera nécessaire, et confie le commandement de ses troupes à Ledoyen, adjudant-général de l'armée des Alpes.

Tout semblait annoncer un combat décisif : la vue de ces apprêts menaçants enflamme le courage des sections; elles ne se laisseront pas assassiner. Celle de Saint-Vincent demande pour elle l'initiativje de la résistance et la plus grande part du danger; les citoyens qui la composent, presque tous anciens militaires, sont aguerris au feu, plus d'une fois ils ont vu la mort en face, ils serviront d'avant-garde à l'armée lyonnaise; ils s'élancent vers l'Arsenal, baïonnette en avant, et l'emportent sans éprouver la moindre résistance : c'est là qu'ils établissent leur quartier-général. Les vingt-sept bataillons des sections opposées à la commune se rangent en ligne sur la place de Bellecour, et s'apprêtent à marcher au premier ordre qu'ils recevront du conseil général du département réuni aux deux districts installés à l'Arsenal sous la présidence du citoyen Fréminville.

La consternation règne dans la ville, la circulation est interrompue, les magasins sont fermés, la population qui n'est pas armée s'est retirée craintive dans ses appartements les plus reculés, le génie du mal plane sur la ville....

11 est midi; un des commissaires de la Convention nationale, accompagné de l'adjudant-général Ledoyen, le citoyen Nioche, se présente sur le front de bandière des sections; sa figure est pâle, ses

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