‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 128 sur 217 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

» du 29 mai. Nous étions opprimés, la voix de la justice depuis long- » temps était étouffée, l'empire de la loi méconnu : qu'ont fait les » citoyens de Lyon? Ils se sont levés tous en masse, et, par un effort » commun , ils ont étouffé le monstre de l'anarchie ; voilà notre » conduite, qui osera la calomnier ? Respect aux lois; unité et indi- » visibilité de la République; sûreté des personnes et des propriétés; » attachement à l'intégrité de la représentation nationale; liberté, » égalité, amour de la patrie, de l'ordre et de la paix, voilà nos ser- » ments; peut-il y en avoir d'autres pour de vrais républicains? Si, » d'après une profession aussi précise , vous persistiez, comme on »> l'assure, à diriger la force armée sur Lyon; l'opinion publique, » la confiance de tous les Français, et ce caractère moral qui distin- » gue l'homme de bien, prononceront entre vous et nous. On vous » dira que pour servir des ressentiments et des haines particulières, » vous n'avez pas craint de découvrir les frontières pour allumer le » flambeau de la guerre civile dans le département de Rhône-et* » Loire. Le sang qui serait versé retomberait alors sur vos têtes cou- » pables et criminelles, rien ne pourrait excuser un pareil attentat. " D'ailleurs, comment exécuter un pareil projet? Sont-ce nos frères » des troupes de ligne , nos frères les volontaires des départements » qui seraient les instruments de vos passions? Non, sans doute, la » patrie les a armés pour combattre les ennemis de la République, « et non nos frères.

« Au surplus, les citoyens de Lyon et du département, qui ont dé- » veloppé tant d'énergie et tant de courage , ne se laisseront point » ravir la liberté qu'ils ont conquise au prix de leur sang ; ils dé- » fendront leurs droits par tous les moyens que la loi leur assure ; » ils résisteront à l'oppression, et ne fléchiront jamais sous les efforts » des factieux et des anarchistes.

» Signé : DVBOiSy président du département; Vecollet^ président du dis- » trict de la campagne; Matheron> président du district de » Lyon; Richard aîné. Maillon, administrateurs du départe- » ment; lAEmiEz^ procur&ar général; Coindre, président de la ■» municipalité provisoire; GuiLLiN, procureur de la commune; » Charbon, Remani, Chirat, Royer, Napoly, Grognier, Monu- » GNY, Mazard, Gérin, Rresson, Chastegnier, Logas, Pé- » RiCAUD, Degister et GuiGNOD, officicTs municipaux. «

Pour se mettre au plus tôt en mesure d'appuyer ces fières paroles par la force des armes, les citoyens de Lyon nommèrent, dans chaque commune du département, les membres qui devaient, de concert avec ceux de la ville, composer l'assemblée départementale populaire, et pourvoir à la défense de la cité, si les proconsuls de la Convention osaient l'attaquer.

Pour dessiner la position, pour bien caractériser Fesprit de la résistance lyonnaise dont il était la personnification par la volonté suprême des citoyens, ce nouveau pouvoir fit tirer à grand nombre d'exemplaires et répandit à profusion, sur toute la surface de la République, deux adresses qui exercèrent une certaine influence sur Popinion publique. La première, sous ce titre : Le peiiple de Lyon à la République française, passait en revue tous les excès dont les Jacobins de la municipalité lyonnaise étaient accusés; crimes cent fois plus monstrueux, suivant les rédacteurs, que les privilèges, les droits odieux, le despotisme de l'ancien régime. Les signataires de cette adresse montraient sous le jour le plus hideux les clubs des sans -culottes usurpant tous les pouvoirs, distribuant tous les emplois, nommant à toutes les places, calomniant les autorités constituées dont ils cherchaient à entraver la marche, prêchant l'indiscipline et la désorganisation dans l'armée, semant parmi les soldats la défiance contre leurs chefs, s'attachant à les avilir, et insultant môme les généraux qui avaient bien mérité de la République. Us représentaient la violation des propriétés, le pillage, Pincendie, le meurtre mis à l'ordre du jour, les massacres en permanence et les bourreaux se baignant dans le sang des victimes, pour ensuite se gorger de leur or. « Tandis que les ■ favoris du club , disaient-ils , pillaient les trésors de la France, » tandis que la RépubUque consommait deux cent cinquante mil- » lions par mois , ses braves défenseurs manquaient d'armes et » d'habillements, de chaussures, de subsistance, de munitions, et w se trouvaient réduits à un dénùment qui ne pouvait être sur- » passé que par leur courage. » Après avoir flétri énergiquemenf les hommes et les choses des clubs, ils terminaient ainsi :

« Pour mettre le comble à tant d'horreurs, les Jacobins résolurent > d'attenter à la représentation nationale; cette aflVeuse conspiration »' se tramait depuis longtemps ; afin d'en préparer le succès, les com- » missaires furent envoyés dans les départements ; ils y commirent

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