CHAPITRE XX
SOMMAIRE : Situation de la France. — Manœuvres des fédéralistes. — Déclaration de l'assemblée centrale des départements. — Décret du 17 juin. — Lettre de Marat en faveur de Cballier. — Lettre de Laussel. — Débats de la Convention dans la séance du 21 juin. — Décret proposé par Robert Lindet. — Résistance des autorités lyonnaises. — Serment prêté par Gilibert. — Adresse de la section de la rue Tnpin. — Préparatifs de guerre des Lyonnais. — Les représentants du peuple à Grenoble.
Les circonstances servaient merveilleusement les projets des fédéralistes qui, se rapprochant chaque jour davantage du parti monarchique, attaquaient avec lui l'unité nationale et les principes progressifs de la révolution. Les ennemis extérieurs, repoussés des frontières par l'héroïque dévouement du peuple, exaspérés d'avoir perdu la campagne de 1792, avaient organisé, sur une plus grande échelle, celle de 1793. Alors des armées nombreuses et bien disciplinées manœuvraient sur le Rhin ; le roi de Sardaigne, qui s'était vu enlever dans la précédente campagne la province de Savoie et une grande partie de son comté de Nice, menaçait vivement nos frontières, et appuyait ses mouvements sur un nombreux corps de troupes autrichiennes. Les Espagnols faisaient des progrès dans la partie occidentale du Midi. La Grande-Bretagne, maîtresse des mers, enchaînait sous la proue de ses vaisseaux notre commerce et notre marine, pendant que son or et ses intrigues fomentaient nos dissensions intestines. A l'intérieur, la guerre civile éclatait de toutes parts. La Vendée royaliste était devenue un vaste champ de bataille, où de simples paysans , commandés par de jeunes gentilshommes, ne craignaient plus de se mesurer en ligne, en rase campagne, corps à corps, avec les fiers soldats de la Convention. L*Ouest proclamait Louis XVII , Marseille s'apprêtait k voler au secours de Lyon, iiiumi-