CHAPITRE XXII
SOMMAIRE : Désarmement des Jacobins. — Proclamation du 4 juillet. — La commission populaire se déclare en permanence. — Travaux de fortifications. — Organisation de la défense. — Adresse des représentants dn peuple aux Marseillais. — Séances de la commission.
Pour compléter leur victoire, les nouvelles autorités lyonnaises opérèrent, le 3 juillet, le désarmement des Jacobins. « Depuis quelques jours, dit le Journal de Lyon du vendredi 5, les Jacobins de Saint-Georges semblaient menacer d'une insurrection. Des mouvements séditieux s'étaient fait apercevoir dans cette section, ainsi que dans celle du Gourguillon ; les femmes se rassemblèrent mardi, à neuf heures du soir; près de deux cents se portèrent aux lieux des séances de la section, elles y commirent mille excès, et forcèrent par leurs menaces et leurs cris effrayants les bons citoyens à se retirer. C'est alors que les anarchistes levèrent le masque; ils s*écrièrent qu'il fallait dissoudre le comité de surveillance, qu'ils ne voulaient plus de permanence de section, mais un club, et accompagnaient leurs cris séditieux par ceux de : Vive Matai! vive Chaîner! Allons délivrer Challier; portons-nous aux prisons/ Parmi les agitateurs se distinguaient les citoyens Bourat, fabricant de gaze; Serviet, cardeur de soie; Blanc, Molard, Rivet et Robert, fabricants d'étoffes. Les Jacobins du Gourguillon étaient venus se joindre à ceux de Saint-Georges; la force armée fut requise, et bientôt toute cette tourbe d'agitateurs fut mise en fuite, et la nuit fut tranquille.
Le président et le secrétaire du comité de surveillance dressèrent chacun procès-verbal de cet événement, et le portèrent, le
lendemain, à la municipalité. Le décret suivant en fut le résultat immédiat.
« Le procureur de la commune, considérant C4)mbien il est in- » stant de réprimer de pareils excès, et de prévenir les suites fà- » cheuses qui pourraient en résulter; considérant que, dans les cir- » constances actuelles, les mesures partielles laisseraient aux factieux » les moyens de tout désorganiser ; considérant combien il est essen- « tiel de ne pas laisser entre les mains des assassins, des agitateurs, » des armes qui ne doivent servir qu'à la défense des propriétés et » des personnes, au maintien du bon ordre et à l'exécution des » lois, requiert le désarmement des personnes suspectes dans les V deux sections de Saint-Georges et du Gourguillon »
Le conseil général l'arrêta. Il eut lieu le même jour. Environ dix mille hommes étaient sous les armes et rangés sur deux haies le long des maisons, depuis le pont d'Âinai jusqu'à Saint-Just. Toutes portes d'allées et les fenêtres étaient fermées; un canon braqué à la place de Saint-Georges, un au pont volant, et deux autres à Saint-Just. Tout se passa dans le plus grand ordre, et deux cents Jacobins à peu près furent forcés de remettre leurs fusils, dont un mois auparavant ils s*étaient servis pour assassiner les braves citoyens.
Les six chefs agitateurs que nous avons désignés plus haut, furent arrêtés et conduits sous bonne escorte à la police correctionnelle.
Le 4 juillet, la commission populaire et républicaine publia une vigoureuse proclamation :
<t Enfin le peuple a parlé, disait-elle; nous sommes en état de •» résistance à l'oppression. Tyrans d'Un jour, proconsuls, dictateurs, » centumvirs, tremblez, votre règne est passé... Le peuple de Rhône- » et-Loire déclare qu'il mourra pour le maintien d'une représen- » tation nationale républicaine, libre et entière.
» 11 déclare que la représentation n'est ni entière, ni libre.
» Il déclare qu'il demande, dans le plus bref délai, la réunion d'une >' représentation nationale libre et entière.
' 11 déclare que jusqu'au rétablissement de son intégralité et de