‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 144 sur 217 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

pour les engager à ne traiter que le sabre à la main avec les soi-disant représentants du peuple; ceux-ci avaient riposté par une violente adresse aux Marseillais : « Citoyens, leur disaient-ils, 6 vous qui fûtes > nos frères et nos amis , nous connaissons le poison qui vous dé- » vore. Marseille, qui a donné l'exemple des vertua républicaines à »Ia France et à l'Europe entière, Marseille s'est laissée séduire et V subjuguer par quelques scélérats hypocrites qui puisent dans la » bourse des riches douze cent mille francs par mois pour soudoyer » ce qu'ils appellent leur armée contre-révolutionnaire. Marseille a » fait en 1792 de grands efforts pour la révolution , Marseille s'est «immortalisée le 10 août devant le palais des tyrans, et Marseille, » la noble ville, flétrissant aujourd'hui ses plus beaux lauriers, va » devenir pour la postérité un objet d'exécration et de pitié.

» Il t'appartient bieH de parler de liberté, à toi Castelanet, à toi » vil aristocrate, qui ne pus obtenir ni estime, ni confiance, ni même » de carte civique tant que Marseille fut patriote I II t'appartient bien » de parler de rendre à la Convention son lustre, toi dont la tête est » proscrite par un décret solennel de la Convention nationale I II » t'appartient bien de parler des lois, toi qui es le chef d'un tribunal » sanguinaire, violateur de tdutes les lois !

» Tu dis que, ralliés autour de leurs premiers trophées, les vain- » queurs du 10 août vont combattre et renverser l'anarchie dans ces » mêmes champs témoins de leurs exploits. Les vainqueurs du 10 août » sont-ils ceux qui composent ta phalange ? Auraient-ils été assez aveu- » gles pour recevoir de toi leur mission? Non, les vainqueurs du 10 » août savent bien que Castelanet et leurs adhérents furent toujours les «ennemis de la liberté et les amis des tyrans; ils savent bien que » ceux qui ont partagé leurs dangers et leurs exploits, le 10 août, » sont les mêmes montagnards que tes pareils appelaient alors des « factieux, qu'ils accusent aujourd'hui d'anarchistes, et qu'ils vou- >» draient égorger. Ces montagnards, des anarchistes, eux qui ont » soutenu tout le poids de la révolution! des anarchistes, eux qui » ont démasqué tous les traîtres! des anarchistes, eux qui viennent » de présenter une constitution qui, dût-elle périr à sa naissance, » restera gravée dans le cœur de tous les bons Français et renaîtra » un jour sur les cadavres des vils hypoérites qui prostituent en » ce moment le saint nom de liberté!

» Tu parles de royalisme! Où est donc dans cette constitution le

«chapitre Roi^ l'artide Dictateur? où est le texte qui permet de «violer les droits de rbcmune et sa propriété? Réponds, vil calom- » niateur, qui ne rougis pas de parler comme les Brunswick, les Co- » bourg et les Dumouriez.

» Tu parles d/unité de la République et tu veux la déchirer I du » respect des personnes et des propriétés, et les prisons regorgent » de victimes! Tu parles du respect à la Convention, et tu la mé- » connais, tu n'en veux plus ! Tu ne veux voir dans la Convention »que les traîtres que va juger la loi, et tu en proscris le reste! » Ainsi, selon ton exécrable numifeste, il n*y avait de véritables re- » présentants du peuple français que les amis de Pitt et de Du- » mouriez. Eh! qu'ont- ils fait ces hommes que tu idolâtres au- » jourd'hui et que Marseille elle-même proscrivit au quinze mars » dernier?

» Tous se sont échappés pour prêcher la guerre civile dans le^ » départements: Buzot est à Evreux; Barbaroux, à Caen ; Biroteau, » Roland sont à Lyon, dans ce repaire qui fut toujours empesté de » miasmes aristocrates; Brissot, faussaire pour la centième fois, est » en Suisse ; d'autres sont dans la Vendée.

» Et c'est aussi pour procurer au peuple français l'espèce de liberté » contenue dans ton manifeste, que ces monstres comblent enfin » la mesure de leurs forfaits !

» C'est-à-dire que c'est pour rendre aux aristocrates leurs biens, » leurs ci-devant châteaux ; c'est pour élever ^ur les cadavres des » patriotes un autel à l'égolsme, un trône au despotisme , ou l'anar- » chie du fédéralisme, que, sans égard aux maux qui en résulteront, » sans fixer les regards sur les puissances coalisées qui bordant les » frontières, ou plutôt c'est d'accord avec elles et tous les révoltés » de la Vendée, que tu veux concourir à la destruction de la pairie.

» Et voilà les trophées que l'on compare à ceux du 10 aoûtl Scé- » lérati à qui comptes-tu en imposer? Vil intrigant! tu mendies par- » tout des secours; tu espères que le noyau aristocratique que Ui as » formé se grossira de tous les mécontents, de tous les ennemis de o la constitution, et c'est, l'étendard tricolore à la main, que tudé- » clares la guerre au peuple au nom des riches. Ah I jette le masque » imposteur qui ne peut plus te servir ; Téchafaud t'attend au bout « de ton abominable carrière! Vims plutôt te mettre à la tête de » ton aveugle phalange ; nous t'attendons sur cette rive que lu

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