CHAPITRE XXII
- espères en vam souiller do tes impostures ; viens-y mourir en M héros de Coblentz, et ensuite nous embrasserons ,nos frères que n tu as égarés.
» Vive la République une et indivisible î «
Fait à Grenoble le 7 juillet i79S, Tan il de la République française.
Sourde aux menaces des députés, la commission populaire et républicaine de Lyon ne négligeait rien pour organiser la résistance : les procès-verbaux de ses séances sont d'un puissant intérêt. Une députation de la section du Port-du-TempIe fut admise un matin à celle du six Juillet, pour féliciter les membres de cette assemblée, sur la marche [ferme et vigoureuse qu'elle avait adoptée en présence des événements qui se précipitaient. Elle proposa plusieurs moyens de sûreté générale, auxquels on avait déjà pourvu; Forateur recevant le baiser fraternel accepta, pour la députation entière, l'invitation que le président lui lit d'assister à la séance. Des députés des sections de la Guillotière se présentèrent ensuite, et offrirent généreusement leur concours entier, absolu; faisant volontiers le sacrifice de leur vie et de leur fortune, pour coopérer dignement au salut public, et maintenir l'exécution des arrêtés de la commission. Dans cette même séance, l'assemblée, après avoir entendu le rapport de ses députés, considérant que, s il était impossible d'indemniser tous les députés faisant partie de la commission populaire, de la perte d'un temps précieux dans la saison d'été, il était juste de pourvoir à leurs dépenses de chaque jour, arrêta qu'il serait al* loué à chaque député une indemnité de six livres par jour, plus vingt sous par lieue de poste pour les frais de route, tant de larrivée que du retour. Elle adopta pareillement un projet d'adresse pour les campagnes, que lui proposèrent ses comités, ordonnant d'imprimer à la suite de cette adresse le serment prêté dans une précédente séance, de tout sacrifier pour empêcher le rétablissement des dîmes, cens, servitudes et droits oppressifs de l'ancien régime.
Cette mesure produisit un grand effet sur les paysans travaillés incessamment par des hommes perfides , qui parcouraient les communes limitrophes pour pervertir l'opinion publique, et semer la défiance contré les principes, les idées et les intentions du peuple de Lyon.
îJ56 HISTOIRE DE LYON. — 1793.
La séance du soir de ce même jour fut interrompue par l'inlroduction d'un général de la Convention, le citoyen Laroque, arrivé la veille à Lyon. Le président Gilibert le pria de déclarer, avec la noble franchise d'un vrai républicain, les motifs qui l'avaient amené sur le territoire du département libre de» Rhône-et-Loire. Le général répondit que c'était par les ordres du pouvoir exécutif qu'il se trouvait en ce moment de passage à Lyon, se rendant de la Maurienne, où il commandait un corps de troupes, sur les côtes de la Rochelle où l'appelait un nouveau commandement; ses pouvoirs, parfaitement en ordre, étaient en rapport complet avec ses paroles.
« C'est bien, général, lui dit le président, demain vous pourrez quitter Lyon ; maintenant regardez qui nous sommes : nous sommes vos frères et vos amis, dites-le bien partout; annoncez de notre part aux soldats que vous allez commander, qu'ils doivent redoubler d'efforts et de courage pour combattre les ennemis de Textérieur; dites-leur ensuite que tous les bons citoyens des départements sont levés pour écraser les ennemis de l'intérieur, et que le jour de leur triomphe, qui ne peut être éloigné, sera le jour de leur réunion avec leurs braves frères d'armes des frontières pour exterminer les tyrans coalisés. »
La séance du 8 fut en partie consacrée au renouvellement du bureau de la commission, les pouvoirs du président ayant expiré avec la huitaine. Après deux tours de scrutin, l'un pour la nomination des président et vice-président , l'autre pour celle de cinq secrétaires. La pluralité absolue des voix maintint à la présidence le citoyen Gilibert, et porta à la vice-présidence le citoyen Morillon ; les citoyens Raymond, Dutroncy, Loyer, Gras et Petit furent nommés secrétaires; Petit fut spécialement chargé de la distribution de l'ouvrage aux commis, de l'expédition des arrêtés et de la surveillance de l'impression. Ce nouveau bureau entrant aussitôt en fonctions démêla, sur l'exposé de plusieurs membres, deux mesures fort importantes : l'une concernait les armes de Saint-Etienne qui pouvaient d'un moment à l'autre tomber au pouvoir des montagnards. La commission arrêtait à ce sujet, par un premier article, que les autorités constituées de la ville de Saint-Etienne prendraient les mesures convenables pour faire transférer à l'arsenal de Lyon toutes les armes à feu de guerre actuellement fabriquées, et pour faire