‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 155 sur 217 · CHAPITRE XXllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXllI

• pour éloigner de leurs foyers le flambeau de la guerre civile.

» Ils déclarent qu'ils veulent la République une et indivisible, »• régalité, la liberté, et que c'est pour la défense de ces droits sa- »» crés, qu'ils se sont levés, lorsqu'ils les ont crus blessés.

» Ils déclarent qu'ils approuvent toutes les mesures prises par leur » comité de salut public, qui n'a été que l'organe fidèle de leur vo- » lonté souveraine.

» Ils déclarent aux braves soldats que vous égarez qu'ils les re- » gardent comme leurs frères , ils les invitent à ne pas tremper » leurs mains dans le sang des patriotes français qui défendent la »mème cause qu'eux, et sont animés du même amour pour leur » pays.

» Ils vous déclarent enfin que, si, persistant dans vos projets fu- » nestes, vous tentiez de nouveaux eflbrts pour les asservir, le tocsin » de la liberté sonnera dans toutes les communes du département ; » que ses habitants en masse viendront se présenter à votre armée, » réclamer et promettre la fraternité qui doit régner entre les en- » fants d'une même patrie, ou, si Ton continue à vouloir les oppriw mer, opposer la force à la force, et mourir sur les limites du dé- » partement avant de le voir subjugué. »

» Ainsi délibéré par l'assemblée représentative des communes du » département du Gard, à l'unanimité. »

(Suit un grand nombre de signatures,)

1^ réponse des représentants ne se fit pas longtemps attendre; par le courrier du même jour, ils l'envoyèrent aux signataires de l'adresse que nous venons de citer. La voici :

ff Vous nous sommez de laisser partir pour Perpignan la légion » des Allobroges, rien ne retarde sa marche que vous-mêmes. Ren- " trez dans l'ordre et le respect pour les lois; ne prenez point des » arrêtés liberticides ; ne vous coalisez point avec les révoltés de M Marseille pour porter dans les autres départements le fléau de » vos opinions, et les imposer par la force. Examinez la conslilu- » tion; rappelez vos troupes départementales, portez-les aux fron- » tières, et non au centre de la République en violation de toutes » les lois, et nous sommes prêts à marcher nous-mêmes avec vous, »' contre les satellites de l'Espagne.

« Vous nous parlez de responsabilité, elle est terrible; mais ccsl

). pour les hommes coupables, c'est pour les intrigants qui ont » abusé (le la confiance du peuple qu'ils trompent, et auxquels ce « peuple mieux instruit ne tardera pas à demander compte de leur » conduite.

» Signé : Dubois-Crancé, Albitte et GAUTmER. »

Dans le même temps, les officiers municipaux lyonnais, chargés de la correspondance, transmirent à ceux-ci la copie d'une lettre interceptée qui donnait une grande valeur aux reproches des insurgés du Gard. « Citoyens, leur mandaient- ils, nous vous expé- » dions copie d'une lettre qui vous a été adressée le 7 de ce mois « par le citoyen Espert votre collègue. Nous en gardons l'original w pour avoir par devers nous la preuve des reproches que vous « méritez de la part de tous les Français. >>

La copie suivante accompagnait effectivement cette laconique missive.

Perpignan, le 7 juillet 1793, Tan 1I« de la République française.

« Citoyens nos collègues, » Nous ignorons les motifs qui vous ont engagés à suspendre la » marche de la légion des AUobroges qui nous avait été annoncée « par le ministre de la guerre ; nous en avons le besoin le plus ur- » gent. Le citoyen Bonnet, notre collègue, vous instruira de la fà- » cheuse position de l'armée des Pyrénées- Orientales. Si vous ne » pouvez pas nous envoyer quelques bataillons de votre armée, lais- « sez du moins venir ceux qui nous sont destinés.

» Salut et fraternité. %w(? ESPERT,

» (Copie collationnée.) Crolle, secrétaire. »

Ce feu roulant d'adresses, d'arrêtés et de proclamations qui se croisaient incessamment, ne produisait aucun résultat; les partis en présence continuaient à s'observer mutuellement. Les rebelles du Midi s'étaient trop compromis, pour opérer un mouvement rétrograde, dans leur marche insurrectionnelle; d'un autre côté, les Montagnards comprenaient bien que toute halte dans la voie nouvelle que leur avait ouverte le 21 janvier, serait pour eux un arrêt de mort ; de part et d'autre le choc devenait donc inévitable, il aura

LaIRASSE, DEi..

h colonel de Gheoelette.

Page 1