CHAPITRE XXIV
« Citoyens Républicains,
> Le peuple souverain du département de Rhône-et-Loîre s'étant » assuré que la représentation nationale avait été violée, que la Con- » vention n'était ni libre, ni entière, s'est levé en masse, a proclamé » sa volonté de résister à l'oppression , de maintenir dans toute Té- » tendue de son territoire, la sûreté des personnes et des propriétés; » il a déclaré qu'il résisterait de toute sa force à la réintégration de » toute espèce de tyrannie, sous quelque dénomination qu'elle osât se » présenter : ces trois serments des représentants du peuple de Lyon » i^nfertnant une profession de foi politique , annoncent assez les » sentiments républicains les plus purs et les plus énergiques.
• A peine ces représentants ont-ils été constitués en assemblée » populaire, républicaine et de salut public, qulls ont sondé la-pro-* » fondeur des plaies de l'État, après s'être assurés, par l'aveu même ' des députés de la Montagne, que la représentation nationale n'était » ni libre ni entière. L'assemblée départementale a déclaré qu'elle » ne cesserait de faire les plus grands efforts pour procurer l'inté- » gralité et la liberté de la Convention ; convaincue que la repré- » sentation nationale, libre et entière, est le palladium qui doit réu- » nir tous les Français, son unique dessein est de la voir promptement » réunie et occupée à nous présenter une constitution vraiment ré- » publicaine. L'assemblée départementale de Rhône-et-Loire soUi- » cite cette réunion de tous les membres de la Convention. Soixante- » cinq autres départements font la même demande, marchent sur la » même ligne, veulent, en résistant à toute oppression tyrannique, » écraser le monstre de l'anarchie et lui faire succéder le règne des » lois d'un peuple libre et républicain.
• Citoyens I vos représentants ne sont occupés que des mesures » de sûreté générale et particulière, qui toutes tendent à assurer • vos personnes et vos propriétés. Us ont sagement arrêté qu'ils lais- » seraient aux autorités constituées du département le plein et en- » tier exercice de leurs fonctions. Tout occupés du bonheur gêné** » rai de leurs commettants, ils ne se sont arrogé aucun exercice » d'administration qui pût les distraire des fonctions augustes aux- » quelles vous les avez appelés.
» Par ce plan aussi simple que lumineux, l'assemblée départe- » mentale a déjà fait publier plusieurs arrêtés de sûreté générale
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» et particulière qui émanent tous, comme corollaires ou conséquent » ces immédiates, des trois serments et de la proclamation. Ces arrêtés » et la proclamation ont été les fruits d'une longue et paisible dls- » cussion. Tous ceux qui ont été témoins des travaux de la corn* » mission populaire , républicaine et de salut public de ce dépar- » tement, attesteront que, pendant tout le cours de ses travaux, les » passions ont gardé un silence respectueux devant la raison qui a » seule proposé, discuté et motivé les arrêtés de rassemblée; aussi » devons-nous vous apprendre avec une grande satisfaction que » tous ces arrêtés ont été pris à l'unanimité.
» Citoyens! la commission départementale ne s'est permis, jusqu^à » ce jour, aucun relâche à ses travaux; la seule distraction qui lui » soit accordée, c*est de participer à cette fête civique et républi- » caine : se voir entourés des braves frères d'armes de tous les can^ » tons , être témoins de leur union , voir couler des larmes d'atten* » drissement, lorsqu'ils se donnent le baiser fraternel ; voilà la ré- » compense que demandent vos représentants; elle seule les sou- » tiendra dans le reste de la carrière qu'ils doivent encore parcourir.
» JÈgalitéy Liberté^ République une et indivisible ^ Représentation » nationale^ entière et libre; voilà les flambeaux qui ont éclairé et qui » éclaireront toijyours leur marche. »
Le matin de ce jour-là, le comité de sûreté générale de la commission populaire, réuni au comité militaire, avait fait placarder sur tous les murs et fait lire à haute voix sur toutes les places importantes de la ville, une proclamation fort énergique qui devait produire une grande sensation sur les masses. Nous croyons devoir la reproduire ici.
« Lyonnais 1
» L'anarchie ose encore lever la tête !
» Dans son désespoir, elle parle de vengeance et de fureur!
» Pour la terrasser et lui imposer un silence éternel, il faut mon- » trer autant de courage que d'énergie!
ù Nous avons tous des propriétés ou des parents à défendre! nous » avons tous des serments à remplir, il faut ou combattre ou périr to sous le fer des assassins I
» Réunissons donc tous nos efforto; que tous les citoyens qui