‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 181 sur 217 · CHAPITRE XXVU · texte numérisé non relu

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famille, et les citoyens qui, par leur âge et d'autres considérations plausibles, ne pouvaient se présenter au feu, et faire partie des expéditions lointaines. Leurs bataillons devaient surveiller les Jacobins qui manœuvraient sourdement dans Tombre, et veiller au maintien de Tordre et de la tranquillité publique. Ils occupaient les postes les moins avancés, gardaient la prison, THôtel-de-Ville; fournissaient des patrouilles la nuit, et agissaient aveuglément d'après les ordres de leur commandant général provisoire Madinier. Le vainqueur du 29 mai avait pour chef de légion le citoyen Baille, et pour lieutftnants-colonels les citoyens Moreal, Grainville et Bernard.

Le département de Rhône et-Loire continuait à envoyer chaque jour de nouveaux députés, de nouvelles adresses à la commission populaire, républicaine et de salut public; les villes, les bourgs et les villages s'empressaient de mettre à sa disposition des secours de toute nature en approvisionnements, en hommes et en argent. Ce fut ainsi qu'un des membres du district de la campagne annonça le 21 juillet la prochaine arrivée d'un secours armé de cinq cents hommes, recrutés dans les environs. Ce fut ainsi que le conseil gé- ^ néral de la commune de Saint-Etienne écrivit, le 22, aux administrateurs lyonnais une lettre pour les féliciter et leur promettre le plus grand concours. Puis, un dimanche matin, un vieux prêtre le curé de Violay, montant en chaire à l'heure de la messe du prône, dit en s'adressant à ses paroissiens : <t Je vous connais tous, mes enfants, je sais que vous êtes attachés de cœur et d'Âme à notre sainte religion, et que vous regrettez sincèrement nos bons princes. Eh bien! mes enfants, le jour de travailler pour elle et pour eux est arrivé ; que ceux d'entre vous qui se sentent assez de courage pour être vainqueurs ou martyrs prennent les armes , et se rendent à Lyon demain : ils y trouveront des prêtres respectés, aimés et écoutés; ils y trouveront des hommes fidèles, ennemis. des Jacobins et des buveurs de sang qui ont tué Louis XVL » Le lendemain, quarante-cinq habitants de Yiolay quittèrent leur village tous bien armés, bien équipés, bien résolus, et se mirent en marche pour Lyon, où la naïveté crédule, la bonne foi de leur pasteur les envoyaient , afin de rétablir un trône que la main d'un empereur pouvait seule relever, un autel sur lequel devait s'asseoir la déesse de la Raison*

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En présence de cette union intime de tous les ennemis du nouveau régime et de ce>oyau compacte de volontés égaies, manœuvrant toutes dans un môme but, les Jacobins retenus, comprimés par la garde nationale, désespérant de triompher au grand jour par la force, résolurent d'arriver au succès par la ruse. Ils profitèrent de la récente organisation de la force départementale pour répandre la défiance et la jalousie dans les rangs bien distincts de l'armée active et de la garde nationale. « Pourquoi, disaient-ils , le comité militaire a-t-il établi une différence, une ligne de démarcation entre une classe égale de citoyens tous animés du même esprit? Pourquoi, quand les uns sont richement soldés, les autres n'ont-ils pas le même droit à la munificence départementale? Quoi ! ceux-ci seront exposés chaque jour au hasard des combats, tandis que ceux-là feront un Service intérieur et à l'abri de tout danger?

Ces observations spécieuses jetées adroitement , envenimées par la calomnie, commençaient à produire un résultat fâcheux, lorsque la commission populaire, républicaine et de salut public se décida sagement à expliquer les motifs qui l'avaient déterminée à créer la force départementale; elle le fit par cette proclamation placardée le 23 juillet sur tous les murs de la ville.

« Braves Lyonnais! vous avez longtemps gémi sous le joug de » l'anarchie ; ce monstre, que vous avez combattu si vigoureusement » le 29 mai, n'est point encore détruit; c'est une hydre toujours » renaissante, vous ne sauriez trop la surveiller. Le jour est arrivé » où il faut imposer silence aux factieux et aux malveillants; le » jour est arrivé où il faut anéantir toutes ces machinations infer- » nales ourdies par le crime et inventées par la calomnie.

» Vous êtes peut-être à la veille de voir vos possessions attaquées; » de nouveaux satellites, rassemblés sous les ordres d'un de ces » proconsuls qui prêchent le pillage, semblent menacer votre ville : » il vous faut des moyens de défense, et vous ne pouvez en trouver » de prompts et de sûrs qu'en organisant promptement une armée » qui, rassemblée dans des casernes, livrée aux instructions mili- » taires, puisse toujours être disponible et prête à obéir aux ordres » généraux.

» Cependant, par une suite de cette malveillance qui, toujours, a » mis des entraves aux établissements les plus utiles, et par des

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