‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 182 sur 217 · CHAPITRE XXVIl. 32!J · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIl. 32!J

» bruits sourds et calomnieux qu'on a soin de répandre, l'on cher* » che à vous persuader qu'entre la troupe soldée et la garde natio- » nale il existera une ligne de démarcation; rien n'est plus faux. » Nous sommes tous eu réquisition permanente; tous nous devons » être prêts à marcher et à périr, s'il le faut, pour la cause que nous « défendons. Or, si vos mandataires ont cru devoir organiser une » force départementale et soldée, c'est pour laisser une partie des » citoyens à leurs travaux , tandis que l'autre sera toujours prête à » défendre votre vie et vos propriétés. Aussi la commission, dans sa » sollicitude pour ses frères d armes, vient d'arrêter, cejourd'hui » 23 juillet, que la solde sera portée à quarante sous par jour, et « lorsqu'un détachement sera en marche , il aura l'étape en sus , » même le jour d'arrivée au lieu de sa destination ainsi que celui » où il reviendra dans ses casernes.

» Que ne pouvons-nous traiter de même nos frères d'armes qui » sont aux frontières! mais laissons-leur la gloire de combattre nos » ennemis extérieurs, et bornons-nous à terrasser ceux du dedans.

» Fait et proclamé en comité militaire, le 23 juillet 1793. » (Extrait coUationné). Signé BOYRIVEN, secrétaire. »

Ces quelques lignes dictées par la vérité rétablirent immédia-^ tement entre les Lyonnais la bonne intelligence que les malveillante avaient su momentanément troubler.

Le temps marchait avec une rapidité effrayante , et le jour n'était pas éloigné où le premier boulet de la Convention lancé contre Lyon devait trouver cette ville abandonnée des autres départements fédéralisés, et réduite à ses propres ressources, au courage de ses enfants. En effet, les secours sur lesquels la commission populaire avait compté n'arrivaient point ; la réserve , le scrupule patriotique qu'elle avait mis dans ses relations diplomatiques avec les cours étrangères, n'avaient eu d'autre résultat que celui de constater l'égoisme des unes ou la faiblesse des autres.

Le cabinet de Turin qui pouvait opérer une diversion utile en manœuvrant sur l'armée des Alpes, de manière à percer ses lignes fort affaiblies, et à reprendre son beau duché de Savoie , se contenta de quelques démonstrations insigniGantes réprimées dès leur début. L'assertion de Lacretelle semble accréditer ce fait, que la cour de Turin exigeait des Lyonnais, pour les secourir ouvertement, un sub- I. 42

side bien au-dessus de leurs ressources financières ; nous croyons devoir repousser cette opinion comme opposée non-seulement à la vérité, mais comme contraire au caractère franc et loyal du prince régnant alors. «

Ce n'est point une politique mesquine , et réduite à une question d'argent, qui l'a empêché de venir au secours des Lyonnais , mais une question autrement plus importante à son point de vue , celle de se défendre lui-môme contre les progrès et l'esprit de l'action révolutionnaire , qui l'enveloppaient et menaçaient de l'envahir de toutes parts.

Le chef lyonnais avait jeté les yeux sur la Suisse, ofifrant à ses soldats le moyen de venir venger leurs compagnons d'armes, massacrés dans la journée du 10 août. Ce pays crut devoir conserver une stricte neutralité entre une ville dont il appréciait le courage, et les délégués de la Convention dont il blâmait l'esprit et les actes, comme contraires au républicanisme mitigé de Foligarchie helvétique.

Les royalistes, dont l'influence occulte commençait à dominer la commission populaire et républicaine , correspondaient activement avec l'armée de Condé, campée sur les bords du Rhin. MM. de Virieux, Terrasse de Tessonnet et plusieurs autres agents secrets des princes leur envoyaient courrier sur courrier, pour les engager à se porter au secours des Lyonnais dont l'insurrection servait merveilleusement les mouvements de la Vendée victorieuse. Mais le prince de Condé , les ducs de Bourbon, d'Enghien et leurs principaux ofBciers ne purent obtenir de la cour de Vienne les moyens d'opérer ce mouvement hardi, approuvé cependant par le vieux Wurmser , général des troupes autrichiennes. Alors il n'entrait pas dans les desseins des puissances étrangères d'en finir si promptement avec les troubles intérieurs d'une nation dont la grandeur , la gloire, la prospérité faisaient ombre à leur infériorité. Ne se sont-elles pas toujours réjouies en famille, pour ainsi dire, des désastres de nos années, de nos malheurs et de nos revers ? pendant que l'Autriche contenait sur les rives du Rhin l'ardeur des émigrés, l'Angleterre empêchait le comte d'Artois de se jeter dans la Vendée pour réunir, dans une seule main, les fils de la contre-révolution royaliste. L'Angleterre préludait ainsi aux assassinats de Quiberon et au meurtre de Sainte-Hélène.

Restaient les troupes fédéralistes des provinces méridionales , que

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