‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 186 sur 217 · CHAPITRE XXVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVn

» régalité, se défient de sang-froid au combat, tandis qu'il leur reste > tant d'ennemis communs à combattre, soit au dedans, soit au de- » hors ! Ah 1 mes chers collègues , combien ce tableau déchirant » n'esWl pas fait pour émouvoir! Pour nous, dont l'état de stagra- » tion involontaire nous met à même de comparer et de voir, nous « gémissons de tant de maux qui affligent la patrie et nous recou- » rons franchement à vous pour les faire cesser.

» Nous vous prévenons que les assemblées primaires du dépar- » tement de Rhône-et-Loire sont convoquées pour le 28 de ce mois, » à l'effet d'examiner la constitution, et nous ne doutons pas de son » acceptation.

» Dans l'état de choses où nous avons trouvé ce département ,

• nous avons senti que l'unique moyen de calmer les esprits était

• de les réunir à un point central et de les rallier peu à peu à la » Convention nationale.

» Nous avons donc profité des égards et des attentions des citoyens » de Lyon pour y paraître sensibles et capter leur confiance. Nos » efforts n'ont pas été infructueux, et nous nous applaudissons de »» nos premiers succès.

1» En conséquence, nous avons expédié hier un courrier à la Con- » vention pour l'instruire et la prier de retirer ses décrets rendus » contre la ville de Lyon et le département de Rhône-et-Loire, dont » nous pouvons maintenant annoncer les bonnes dispositions, il sera » l'un des mieux prononcés en faveur de la République et de la » constitution. Craignons au contraire tous les désordres qui naî- » traient d'une guerre intestine, si l'on réduisait un peuple nom- » breux et courageux à la dernière extrémité.

» En attendant le retour de notre courrier, il dépend de vous de )> faire cesser tous actes d'hostilités contre la ville de Lyon , nous » vous y invitons au nom de la patrie et du salut public qui nous >» sont également chers. Nous faisons la même prière à nos collé* » gués Albitte, Rovère, Poultier, Reverchou et Laporte. »

A cette lettre, où l'amour de la paix et le désir de rétablir la bonne harmonie perçaient à chaque ligne, Dubois-Crancé répondit en persiflant ses collègues qui avaient pu profiter des égards et des attentions des citoyens de Lyon pour capter leur confiance; il ajouta qu'il connaissait assQ^ l'esprit des prétendues administrations de Lyon, pour ôlre bien I. 43

convaincu qu'il n'armait pas des frères contre des frères, des citoyens contre des citoyens, attendu que des rebelles à la loi et des assassins n'appartenaient aucunement à la famille de la France. Il repoussait de toutes ses forces l'ombre môme d'une parenté avec les Biroteau, Chassey et autres que la loi avait flétris du nom de traîtres à la nation. Il finissait par leur dire que, voulant épuiser tous les moyens de conciliation qui leur restaient avant d'attaqper leCoblentz du Midi, il les engageait, puisqu'ils avaient si bien su profiter des égards et des attentions des citoyens de Lyon pour capter leur confiance, à proposer aux habitants d'arrêter et de livrer au glaive de la loi tous ceux qu'elle avait désignés comme rebelles. C'était la seule condition qu'il pouvait accepter.

Ces propositions étaient impossibles à des hommes convaincus, voués de cœur au modérantisme fédéral, et qui n'estimaient pas assez la vie pour l'abriter dans une lâcheté. Aussi les représentants Rouyer et Brunel, qui connaissaient bien le caractère généreux du peuple de Lyon, n'osèrent-ils prendre sur eux le soin de les lui présenter. Dubois-Crancé n'hésita plus alors à frapper les premiers coups et à manœuvrer d'après son plan de campagne qui consistait à faire intercepter la Saône à Trévoux, le Rhône à Montluel, et à développer de l'infanterie et de la cavalerie dans l'intervalle ; à porter une forte colonne sur la Croix-Rousse, avec du gros canon et des mortiers , pendant que deux tètes de colonnes inquiéteraient le pont Morand et la Guillotière, avec des mortiers et des obusiers.

A cet effet, il commença par détacher de Tarmée des Alpes quinze bataillons et six cents chevaux; puis il adressa cette proclamation aux citoyens des départements de ITsère, de l'Ain, de la Haute^ône et de Rbône-et-Loire.

« Les malheurs de nos frères de la Vendée sont un grand exemple. » Une horde de brigands, d'abord peu imposante, a commencé par > piller quelques domaines ; on a méprisé ce mouvement contre-ré- » volutionnaire, on a cru devoir quelques ménagements à des frères » que l'on ne supposait qu'égarés , on leur a opposé trop peu de » moyens, et ces brigands accrus au nombre de plus de cent mille, « dévastent nos plus belles contrées; déchirent les membres palpi- » taots des patriotes et proclament un roi sous les ordres de Bouille, » d'Autichamp et d'une foule d'émigrés rentrés pour assouvir leur

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