‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 187 sur 217 · CHAPITRE XXVU · texte numérisé non relu

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» rage dans le sang des républicains. Pendant ce temps, nos fron- » tières, après la trahison de Dumouriez, se sont trouvées cernées » de toutes parts, et les innombrables armées de la République suf- » fisent à peine pour les défendre.

» N'était-ce pas assez de tant de fléaux, de tant de perfidies? Fal- » lait-il encore qu'une secte nouvelle d'assassins tentât de combler » nos maux et de renverser le temple de l'égalité pour élever sur » ses débris un patriciat judiciaire et administratif, sous le nom de • Fédéralisme départemental? Ehl qui compose cette secte? Ce sont » tous les ci-devant nobles, les ci-devant robins, les marchands char- « gés d'accaparements, tous vampires dévorant la substance du pau- ' vre et qui crient sans cesse à l'anarchie.

» La ville de Lyon a été choisie pour point de centre de cette nou- » velle conspiration; c'est dans cette immense cité que l'égoïste et » l'ambitieux, tenant le pauvre sous la plus dure oppression, et » voyant approcher l'instant où une constitution populaire devait » leur arracher leurs victimes, ont levé l'étendard de la révolte contre » la Convention nationale, seul point de ralliement de tous les bons » Français; contre Paris, qui a fait à la patrie les sacrifices les plus » généreux ; contre la constitution qui, fondée sur les bases saintes » de l'égalité , assure à tous les hommes leurs droits et leurs pro- » priétés, et qui n'a d'autres torts aux yeux de ces vampires, que » celui de placer, dans l'opinion, les vertus au-dessus des richesses.

« Longtemps nous avons balancé à nous servir des pouvoirs que » la Convention nous a donnés pour punir une horde de factieux » composée d'émigrés, de réfractaires, de contre-révolutionnaires du » Midi, réfugiés depuis longtemps dans cette cité, sous la protection » d'un Directoire perfide , et qui s'y sont enfin emparés des sections, » des administrations et de tous les pouvoirs civils et militaires. Nous » avons pensé que le peuple, que ces brigands avaient égaré, revien- » drait de son erreur, et nous dispenserait d'employer la force pour » le rétablissement de l'ordre et des lois; mais les horreurs qui se » commettent depuis deux mois dans cette ville, et la persistance » que l'on met à rester en révolte ouverte contre la Convention et la » nation entière, nous font craindre que ce foyer, d'une nouvelle » Vendée, ne finisse par iiicendier tout ce qui Venvironne.

» Nous avons ouvert les yeux de nos frères de l'Isère et de la Drôine

» sur les dangers de la coalition formée entre les aristocrates de Mar- » seille et les aristocrates de Lyon. Nous sommes assurés du bon » esprit de nos frères du Mont-Blanc, de F Ain et de Saône-et-Loire ; ' » nous connaissons celui de la Haute-Saône, et nous ne doutons pas •> que les habitants môme de Rhône-et-Loire ne concourent avec nous » à rendre aux citoyens de Lyon leurs droits et leur liberté.

» Car, qui pourrait se dire Français et s'unir à une ville qui est » devenue le Goblentz du Midi, où Ton opprime tous les patriotes, » où l'on a désarmé, où Ton emprisonne, où Ton assassine tout ce « qui n'est pas aristocrate, où Ton ne respecte ni le droit des gens » ni la représentation nationale, où Ton refuse d'obéir aux lois et de » reconnaître la Convention et ses décrets, où Ton retient les muni- » tions de guerre et de bouche de l'armée, où l'on appelle à grands » cris les Piémontais, enfin où l'on compte fonder le palais d'un roi I M Aux armes^, citoyens ! aux armes / les lois sont méprisées, r humanité » est violée, la liberté est en péril, aux armes! nous vous attendons avec » l'armée aux portes de Lyon. »

Avant de répondre à cette fougueuse adresse , où le proconsul implacable signalait avec énergie l'esprit et les tendances des fédéralistes de Rhône-et-Loire, les corps administratifs et le peuple de Lyon, réunis en assemblée primaire, le dimanche 28 juillet, reconnurent publiquement la Convention nationale, déclarant qu'ils la regardaient comme le seul point central et de ralliement de tous les citoyens français et républicains. Hs déclarèrent en outre que tous les décrets émanés d'elle, concernant l'intérêt général de la République, devaient être exécutés; mais, d'après l'observation faite par un grand nombre de citoyens et par la section entière du Port-du-Temple, que cette nouvelle et tardive déclaration pourrait être considérée comme un manifeste arraché, par la menace et la violence, à la crainte et à la lâcheté, qu'il serait peu digne des vainqueurs du 29 mai, des Lyonnais en armes, de paraître sacrifier à la peur, ils déclarèrent qu'ils maintiendraient, par tous les moyens possibles, dans le département de Rhône-et-Loire, l'ordre public, le règne des lois, le respect des personnes et des propriétés, la vraie liberté, et qu'au péril de leur vie et de leur fortune ils résisteraient de toutes leurs forces à l'oppression, quelque forme qu'elle prit. C'était un nouvel acte de fédéralisme ; c était accepter le pouvoir central en tout ce qui ne concernait pas directement la ville de Lyon.

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