‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 189 sur 217 · CHAPITRE XXVII. 3i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII. 3i

» publie que nous voulons nous fédéraliser, quelle calomnie 1 nous » des rebelles 1 mais, citoyens, vous nous avez toujours vus esclaves » des lois; nous les avons respectées jusque dans la personne de nos » bourreaux.

» Nous des rebelles ! mais on ne voit flotter chez nous que des dra- » peaux tricolores : la cocarde blanche , symbole de la rébellion , n'a « jamais paru dans nos murs. Nous des rebelles 1 mais qu'on nous cite » les lois générales que nous avons méprisées, les trophées de la li- » berté que nous ayons abattus.

» On nous accuse de royalisme : quelle imposture ! les cris de Vive » la République se font entendre ici de toutes parts. Par un mouve- » ment spontané nous avons tous prononcé le serment de courir sur » quiconque proposerait un roi , un dictateur, des triumvirs. Nous » défions qu'on trouve sur nos monuments publics aucun attribut de » royauté!; dans nos assemblées primaires nous avons examiné et reçu » avec empressement la constitution républicaine qu'on nous offre. » Nous avons juré plusieurs fois de maintenir la République une et B indivisible.

» Citoyens, si vous ne croyez pas à la foi du serment, quelle autre • garantie pourrez-vous exiger? avec cette tactique, vous allez devenir » le bourreau des consciences, sur de simples soupçons de parjure, » on vous fera immoler des millions de victimes.

« EnGn , on nous taxe de fédéralisme. Frères et amis 1 cette espèce » de gouvernement nous révolte. Si nous avons rompu quelques jours » avec la Convention , à la moindre apparence d'intégralité nous nous » sommes ralliés autour d'elle comme centre d'actions.

» Comment peut-on appeler fédéralistes des hommes qui sont soumis » aux lois de toute la République, qui fournissent pour les frontières » toutes les armes qu'ils peuvent, qui s'exposent, pour assurer nos suc- » ces, à être frappés de nos propres fers, écrasés sous le poids de nos » armes? Cette calomnie est trop visible pour vous échapper. On vous » trompe donc, citoyens, lorsqu'on nous dit en pleine contre-révolu- » tion. Si nous sommes armés, c'est pour terrasser Fhydre de l'anar- » chie, c'est pour nous mettre à couvert de la doctrine sacrilège qui » veut niveler les fortunes et les têtes , c'est pour réduire au silence > ces factieux qui nous victimaient il y a peu de temps, c'est pour » résister aux efforts de Dubois-Crancé qui voudrait exercer ses ven- » geanees , c'est

>• Mais n'est-ce pas assez pour vous montrer qu'il n'y eut jamais une » cause plus juste? Si l'on nous fait un crime de résister à l'oppression, V qu'on anéantisse la charte constitutionnelle : ce droit y est consigné. » Si notre conduite est illégale , il faudra donc ensanglanter les plages » des modernes Phocéens , les Landes de la Gironde , les habitations

» du Jura , etc. , etc. , etc Dans ces lieux comme chez nous, l'anar-

» chie en multipliant les victimes a fait lever des héros, le brigandage «seul les redoute.

» â^Votre intérêt personnel ne vous permet point d'ob éir aux ré- » quisitions des deux représentants Dubois-Crancé et Albitte.

» Lyon est la seconde ville de la République. L'étendue de son com- » merce, la grandeur de ses richesses, son activité pour les arts, vivi- » fient les départements voisins. Si vous y entrez les armes à la main , » si le sang coule , votre attaque ou votre victoire ruinent des mil- » liers de citoyens; si la faction désorganisatrice reprend le dessus, la » crainte des proscriptions en fait une vaste solitude : Lyon est perdu.

» Et quelle perte, par contre-coup, pour les communes environ- » nantes.

» Nous parlons ici d'intérêt personnel ; nous le ferions taire ce sen- » timent devant l'intérêt général; nous le ferions taire, s'il était con-

> traire aux intérêts de la République : mais il ne s'agit dans cette » lutte que de servir des passions particulières , et l'ambition de parti- » culiers qui fomentent des troubles pour nous ravir la liberté , que

> d'exécuter des décrets que la calomnie a arrachés, que d'établir à » Lyon comme à Paris un système de terreur : et vous vous y prôte- ^ riez? ah 1 vous seriez indignes de la liberté.

» 3^ Le salut de la République vous interdit cette guerre. Soyons » vrais, citoyens, la crise où nous sommes est alarmante. Vers les >» Pyrénées un despote qu'on disait imbécile pénètre dans nos foyers » et souille la terre de la liberté. Du côté des Alpes, des monts escar- » pés que la nature nous a donnés pour remparts, nos dernières vic- » toires nous échappent : notre armée se perd sur les rochers de » la Sardaigne. Vers le nord, Mayence capitule, Condé se rend, Va- >» lenciennes semble disparaître. A l'occident, des hommes super- » stitieux et idolâtres d'un trône semblent acquérir des forces quand » on parle de défaites. Les ondes de la mer se courbent sous le poids « des flottes ennemies. Quelle position! Pour braver ces efforts corn- » binés, nous devrions cHre unis, ne former qu'un faiscsau; devant

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