‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 191 sur 217 · CHAPITRE XXVIIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIIÏ

SOMMAIRE : Vrotestaition lyonnaise .du 6 août. — Irriladon des esprits. — Le général Kellermann. — Notice biographique. — Position des assiégeants. — Situation des assiégés. — Proclamation des représentants du peuple. — Sommation du général Kellermann. — Fière réponse des Lyonnais. — Premier coup de canon. — Calomnie. — La cocarde blanche.

Tandis que la Convention ordonnait à ses représentants de n'avoir aucun égard pour la résipiscence des Lyonnais, et d'achever l'extermination du fédéralisme. par la compression violente de son prétendu fidèle allié le royalisme lyonnais, Dubois-Crancé et Gauthier achevaient leurs préparatifs de siège : par un nouvel arrêté basé sur les décrets de la Convention nationale des 12 et 14 juillet, ils réunissaient aux troupes détachées dé l'armée des Alpes treize mille deux cents gardes nationaux levés d'après un ordre de réquisition.

Les administrateurs du département de Rhône-et-Loire, les administrateurs des districts de la ville et de la campagne de Lyon, les citoyens remplissant provisoirement les fonctions municipales, réunis aux délégués des assemblées primaires du département de Rhôneet-Loire, répondirent en vain par cette protestation adressée aux représentants du peuple Dubois-Crancé, Gauthier, Nioche, Âlbitte, Reverçhon et Laporte : *

« Citoyens représentants,

» Nous avons accepté la constitution; nous reconnaissons la Con- >> vention nationale comme centre d'unité ; nous obéissons à ses dé-

aA8 HISTOIRE DE LYON. — 1793.

» crets ; et cependant , par votre arrêté du 25 juillet dernier, vous >• avez requis une force armée pour marcher contre nous, et vous » paraissez encore aujourd'hui persister dans les mêmes desseins.

» La constitution dans la déclaration des droits de Thomme et du » citoyen consacre, art. IX, que la loi doit protéger la liberté publi- » que et individuelle contre l'oppression de ceux qui gouvernent.

»> Art. XXXIIl. Que la résistance à l'oppression est la conséquence » des autres droits de l'homme.

»» Art. XXXV. Que quand le gouvernement viole les droits du peu- » pie, rinsurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du » peuple le plus sacré des droits, et le plus indispensable des de- >» voirs.

» Entendez le vœu d'une immense population qui vous parle par » l'organe de ses magistrats : nous vous sommons sous votre res- » ponsabilité personnelle de faire cesser toutes hostilités contre nous. » Nous vous déclarons que toute démarche contraire sera considé- » rée comme acte oppressif de votre part, dénoncé comme tel à la >• Convention, même à tous les départements; et voulant résister à » l'oppression par tous les moyens qui sont en notre pouvoir, nous » repousserons la force par la force.

>• Lyon, du 6 août 1793, Tan II de la République. »

Ainsi, bien loin de se calmer, les esprits s'aigrissaient de plus en plus de part et d'autre, et les choses en vinrent au point que la Convention, redoutant plus le courage des Lyonnais que la force des étrangers, envoya détinitivement Tordre au général Kellermann de faire marcher sur Lyon douze bataillons de troupes faites, plusieurs corps de cavalerie, et un train de siège considérable, qu'il fut d'autant plus difficile de rassembler que l'on manquait de chevaux. Soit qu'il jugeât sa présence aux frontières plus importante, soit qu'il répugnât à sa haute loyauté de soldat et à ses sentiments de Français de combattre des frères dont il plaignait l'égarement, si même il n'appréciait pas leurs intentions, Kellermann voulut donner le commandement de cette division au général Dumuy; mais les représentants exigèrent impérieusement qu'il dirigeât lui-même les opérations du siège; il dut obéir.

Kellermann est l'une des plus belles, des plus importantes figures de notre histoire; hâtons-nous de l'esquisser à grands traits, car bien-

Kellerrnann.

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