‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 192 sur 217 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

tôt nous verrons venir celles des Couthon, des Chàteauncuf-Randon et des Collot-d'Herbois.

François-Christophe Kellermann naquit à Strasbourg le 28 mai

Cadet à Tàge de quinze ans dans le régiment de Lowendalh, il passa trois ans après, en qualité d'enseigne, dans celui de Royal- Bavière pour obtenir, dans le môme espace de temps, une lieutenance dans les volontaires d'Alsace. Alors commençait la fameuse guerre de sept ans; c'est de cette époque que date réellement la carrière militaire du général : sa conduite, sa bravoure, son sang-froid, et surtout ses grandes dispositions pour Tart militaire, lui procurèrent bientôt le grade de capitaine en second de dragons, au même corps, et le firent remarquer en première ligne à la bataille de Bergen. Nommé, Tannée suivante, capitaine à la suite dans les volontaires du Dauphiné, il ne tarda pas à légitimer, par des actions d'éclat, la rapidité de son avancement : à Taffaire d'Austen , il s'élança, à la tête de son escadron, sur trois cents grenadiers du corps du général Scheïder, les fit tous prisonniers et s'empara de leurs canons. Peu après, au village de Mer en Westphalie, il s'emparait de ce général lui-même, et de toute sa cavalerie, après avoir été blessé et avoir vu tomber sous lui son cheval frappé de cinq coups de feu. C'est à cette affaire qu'il reçut, du prince de Condé, la croix de Saint-Louis. Après avoir rendu de grands services à l'armée du général baron de Vioménil, manœuvrant dans le Palatinat de Cracovie, il fut promu au grade de lieutenant-colonel de cavalerie. Major des hussards de Conflans, puis, brigadier des armées du roi, il passa mestre de camp le !«' janvier 1784, et obtint, quatre ans plus tard, le grade de maréchal de camp. En 1790 et 1791, appelé successivement au commandemant du Haut et du Bas-Rhin, il déploya toute son activité pour mettre sur un pied formidable de défense les places fortes de Landau, Neuf-Brisach et Strasbourg.

Au mois de mai 1792, nommé lieutenant-général des armées et commandant en chef de celle qui se trouvait au camp de Neukinck sur la Sarre , il parvint à couvrir par l'habileté de ses manœuvres , avec dix mille hommes seulement, l'Alsace et une partie de la Lorraine menacées par les Autrichiens qui venaient de passer le Rhin près de Spire à la tête de trente-six mille hommes , préservant ainsi de l'invasion ces belles contrées qui devaient être, plus tard , d'un immense secours aux armées françaises.

350 HISÏOIUE DE LYON. — 1793.

Au mois d'août, il joignit son titre de commandant en chef de l'armée de la Sarre , à celui de général en chef de Tarmée du Rhin , et déploya une admirable activité à fortifier les lignes de la Lauter, entre le moulin de Pevad et Weissembourg ; le 28 du môme mois, il prit le commandement en chef de Farmée du centre à la place du maréchal Luckner, sous la condition que cet officier distingué recevrait le titre de généralissime.

Dans ce temps-là, cent trente mille coalisés avaient pénétré en Champagne commandés par le duc de Brunswick lui-même. Kellermann vole à leur rencontre, et parvient, avant de les joindre, à couvrir les villes de Chàlons-sur-Marne et Bar-sur-Ornain. Le 20 septembre il se trouvait en foce des ennemis, et se couvrait de gloire à Valmy. Quelque temps après, il reprit les places de Verdun et de Longwy, et fut nommé général en chef de Tarmée des Alpes, il en prit possession au mois de décembre.

Habile. général sur un champ de bataille, excellent homme dans la vie privée, simple et doux dans ses rapports avec ses subordonnés, plein de noblesse et de distinction avec ses égaux, aristocrate par le cœur et les traditions d'une noble famille, mais républicain alors par la force des choses et par le sentiment de son devoir de soldat, d'une probité et d'une générosité à toute épreuve; tel était Kellermann , tel était l'adversaire que les Lyonnais allaient avoir k combattre.

Dans sa répugnance à commencer les hostilités contre eux, le général se flattait que le développement d'une force nombreuse et imposante sous leurs murs pourrait les effrayer, et les déterminer à ouvrir les portes de leur ville. Il essaya de nouvelles négociations , mais sans résultat. Malgré cette déception , il ne pouvait se décider encore à faire tirer le premier coup de canon; car il était évident pour lui que l'insurrection des Lyonnais n'avait d'autre cause que l'excès des maux auxquels ils avaient été en proie. Alors il pensa que l'occupation des environs , que la séparation de la ville avec tous les points dont elle espérait avoir des secours, et surtout l'immobilité des Piémontais, soumettraient les Lyonnais bien plus vite que les mesures violentes qui ne pouvaient que les irriter davantage. Aussi ne cessait*il de répéter aux représentants du peuple : « Ce n'est pas sous ses murs que vous prendrez Lyon sans perte d'hommes, de temps, et sans grande effusion de sang français. C'est à la frontière que vous soumettrez sans aucun

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