‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 196 sur 217 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

SOMMAIRE : Confirmation de la réponse des Lyonnais à la sommation de Kellerniann. — Progrès du parti royaliste. — Combats d'avant-postes.

— Message des Lyonnais à Rellermann. — Fête anniversaire du 10 août.

— Discours et serments. — Courage d'une dame lyonnaise. — Générosité de Dubois-Crancé. — Continuation des hostilités. — Belle conduite du bataillon lyonnais de Washington. —Déception des représentants du peuple.

— Formation du département de la Loire. — Séparation de la Guillotière du département de Rhône-et-Loire. — Réponse tardive des Lyonnais à une lettre de Rellermann.

Le lendemain 9 août, les corps administratifs et les délégués de la section du peuple français dans le département de Rbône-et-Loire, formant le comité de sûreté générale et de salut public, confirmèrent la réponse qu'ils avaient faite à la sommation de Rellermann, en lui adressant cette seconde lettre :

« Citoyen général ,

» La sommation des représentants du peuple et celle que vous y » avez jointe nous ont été remises ; avant Theure demandée, la rè- « ponse était prête et envoyée.

» Général, nous vous parlerons en hommes libres, en Républicains ; » les menaces ne nous effraient pas, et la copie de la réponse que » nous vous avons adressée hier vous le prouve.

» Nous persistons dans les mêmes sentiments, nous ne voulons » point d'oppression : la loi naturelle et la déclaration des droits ; »> voilà notre égide.

» Incapables de perfidie, nous reportons tout Todieux de l'attaque » que vous nous reprochez sur votre avant -garde qui avant même » Tarrivée de notre réponse avait tiré sur nous. Vos chasseurs, d'autre » part, ont voulu fraterniser avec notre cavalerie, et au moment de la >» séparation , ils ont été envel(^)pés. La vérité est pour ce récit. Votre » lettre sur ce point prouve que Ton vous a fait des, rapports faux et » perfides.

» Quant aux émigrés, nous attestons de nouveau T'honneur et la » religion que nous n'en connaissons point; nous l'avons déclaré à la » Convention, aux représentants du peuple sous les ordres de qui vous » agissez , à la République entière. Qu'on nous les indique , et nous *» serons les premiers à les mettre sous la sévérité de la loi , à vous les » envoyer. Voilà ce que nous répondons à votre lettre, voilà ce que » par notre organe vous déclare la population entière de Lyon. » Nous y ajoutons la déclaration tant de fois répétée par nos coeurs, » par nos bouches et par nos écrits , que nous voulons la liberté , Té- » galité, la République une et indivisible; que nous reconnaissons la » Convention comme centre dunité; que nous obéissons à ses décrets, » mais encore que nous combattrons l'anarchie, les factieux, et toute » cette horde de despotes sanguinaires qui arment aujourd'hui des » frères contre des frères, et ce pour nous livrer à l'asservissement le » plus honteux, et parvenir de la sorte à substituer au bonnet sacré » de la liberté, le sceptre sanglant du pillage, de l'assassinat, de la » violation de tous les principes et de toutes les vertus.

» Jugez dès lors si nous pouvons être intimidés; jugez si mieux ne » serait pour votre honneur et pour votre gloire, de vous rappeler que » la loi ne peut jamais commander des crimes; que vous avez eu et » que vous avez encore l'estime générale du peuple de Lyon, qu'il » lui serait cruel de vous l'ôter, et qu'il ne peut jamais voqs souvenir » de vous charger de la responsabilité des événements qui résulte- • ront de la démarche atroce qu'on vous force de faire et du sang que » les dictateurs modernes du camp de Lapape veulent faire répandre. » Signé Gilibert, président; Bemani, Matheron, Richard aîné, Amiot frère.

Les signataires de cette lettre, en repoussant officiellement et avec indignation l'inculpation qu'on leur faisait d'attirer des émigrés, violaient les lois de la bonne foi ; car, comme ils ne le pouvaient ignorer,

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