‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 201 sur 217 · CHAPITRE XXIX. 37:î · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX. 37:î

a mis au grand jour Ténergie de dos soldats. Au milieu des boulets qui pleuvaient à ses côtés, le détachement du bataillon de Washington a conservé une froide immobilité; on eût dit de vieilles troupes : son feu soutenu avec vigueur a débusqué deux pièces de quatre, etc., etc. » Les représentants du peuple, Kellermann lui-môme, avaient espéré emporter Lyon de vive force, et dans un premier assaut. Mais, comme récrivait Dubois- Crancé, il leur suffit d'une première reconnaissance pour s'assurer que les préparatifs de la défense avaient été ;«c/Te///<?wsement combinés par le colonel Chenelette et par les officiers de Tarmée lyonnaise, et pour se confirmer dans la pensée quilsse trouvaient en face d'ennemis braves, aguerris, et décidés à se défendre jusqu'à la dernière extrémité à la faveur de retranchements presque inexpugnables. Aussi, furieux d'avoir été repoussés dans leurs commencements d'attaque et d'être forcés de renoncer à prendre la ville par un coup de main, ils modifièrent leurs dispositions, et résolurent de faire marcher de pair l'agression violente et la diplomatie. Le jour où le peuple de Lyon célébrait l'anniversaire du 10 août, ils publièrent un arrêté de séquestre sur tous leurs biens et sur tous ceux des citoyens qui avaient quitté leurs foyers, pour leur prêter main forte. Cet arrêté avait été mis sur-le-champ à exécution ; puis, sous le prétexte de céder à l'impérieuse voixdeThumanité, mais dans l'intention bien réelle et bien calculée de dégarnir les cadres de l'armée départementale, ils proclamèrent un second arrêté portant que tous les citoyens qui sortiraient de Lyon pour fuir la prétendue persécution des rebelles, et se réunir aux bataillons conventionnels, recevraient, les premiers, dans le lieu qu'ils voudraient choisir pour domicile, une livre et demie de pain et dix sous par jour ; les seconds, la paie déterminée par leurs grades, et ce pendant toute la durée du siège, après toutefois avoir été vérifiés par un comité de patriotes lyonnais installés par les soins des représentants à Caluire.

Ce comité faisait enfermer dans une maison d'arrêt tous ceux qu'il regardait comme suspects, et les déclarait tels. Enfin, pour isoler Lyon des campagnes qui l'avoisinaient , pour lui enlever ses ressources d'hommes et d'approvisionnements, ils scindèrent par un troisième arrêté le département de Rhône- et-Loire. Pour transférer à Feurs le chef-lieu de la Loire, ils établirent le district de la campagne à Neuville-sur-Saône, après avoir installé leurs créatures à la municipalité de cette ville , détachant également du département de Rhône-et-Loiro

37i HISTOIRE DE LYON. — 1793,

le faubourg de la Guillotière qu'ils réunirent au département de TIsère. C'est le 12 août, et d'après ces vues politiques, que Gauthier et Dubois-Crancé détachèrent de la couronne lyonnaise un de ses plus beaux fleurons, le Forez, et que la France apprit qu'elle possédait un département particulier sous le nom de département de la Loire. On a dit que la séparation de la Guillotière ne fut pas une perte pour les Lyonnais, parce que ce faubourg était peuplé en grande partie par un amas de contrebandiers et de réfugiés de tous les pays, nous croyons que c'est une erreur. Les habitants de la Guillotière pensèrent un instant faire cause commune avec le peuple de Lyon ; ils lui proposèrent même des secours en hommes et en argent; mais la commission populaireet républicaine crut devoir les refuser, parce que la position de ce faubourg placé en dehors du Rhône, limites naturelles de la ville, pouvait nuire au système de défense indiqué par la topographie. Ce fut de ce moment seulement que les Lyonnais rétablirent, sur le pont de communication, le pont-levis hors de service. De là s'explique parfaitement l'attitude hostile que ce faubourg fut jusqu'à un certain point obligé de prendre malgré lui, aiin d'éviter les colères et les soupçons des troupes qui s'en étaient emparées pour en faire un centre d'opérations.

Ce fut seulement dans la nuit du 11 au 12 août que les corps administratifs et les délégués de la section du peuple français dans le département du Rhône, et formant le comité général de salut public, répondirent à la lettre que le général leur avait écrite le 10 du même mois de son quartier général de Lapape.

« Citoyen général,

» Oui, il ne peut réellement convenir à un général de la République » française de professer d'autres sentiments que la fraternité qui lie » tous les bons citoyens ; mais en énonçant ce principe , pouvez-vous » rappliquer à votre conduite envers nous ?

» Quoi ! d'après la conviction intime de nos principes, d'après l'exa- » men le plus scrupuleux de nos actions, d'après la notoriété des faits » que vous avez acquise, vous nous entourez de l'appareil le plus hos- » tile, des dispositions les plus menaçantes; vous nous attaquez, et • prétendez nous traiter en frères! Pouvez-vous ignorer que comme » vous, et selon vos propres expressions, les républicains de Rhône- »> et-Loire sentent la nécessité qu'il n'y ait dans notre gouvernement

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