‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 203 sur 217 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

SOMMAIRE : Chansons du siôj^e ilc Lyon. — Le chant dos fantassins. — Le chant des cavaliers. — Le chasseur Frédéric. — Le chant des canonniers.

— Manœuvres royalistes. — Singulière proclamation du général Précy. — Exécution d'une femme. — Attaque du poste de Cuires. — Succès des Lyonnais. — Le capitaine Verdun. — Bulletin. — Témérité des Lyonnais.

— Lettre de Duhois-Crancé. — Mission du citoyen Paris. —Lettre des représentants du peuple aux sections de Lyon. — Réponse énergique des sections.

Ce feu de file de lettres échangées n'arrêtait pas le cours des événements. Des deux côtés on déplorait cette guerre impie, et cependant de part et d'autre et sous les mêmes couleurs on continuait à combattre avec la même audace et le même acharnement. Comme les chevau-légers et les compagnies rouges de Richelieu, les Lyonnais marchaient au feu galment, en répétant les chansons que leurs poètes avaient composées au bivouac. L*infanterie et la cavalerie avaient leurs chants de guerre, qu'ils disaient avant et après la bataille et quelquefois même pendant Faction. Ceux que la tradition nous a conservés sont tous empreints de la couleur du temps; le laisser-aller du style répond à Ténergie de la pensée et ne le cède en rien, quant à la forme, aux pamphlets osés du père Duchesne. Pour en donner une idée, nous croyons devoir reproduire en son entier le chant des fantassins, composé par lin chasseur du bataillon de la Déserte sur Tair : AussUôt qtte la lumière.

Aujourd'hui la ligue noire Vient se livrer à nos coups; Ami, verse-nous à boire, El la victoire est à nous!

Triples yeux! remplis mon verre, I.e vin fait de bons guerriers; Bacchus, mon Dieu tutélaire, Arrosera nos lauriers.

IIISTOIUE DE LYON. — 1793.

Un plat b...,. nous menace, La colère est sur son front.

Crancé, f , quelle audace !

Veut nous faire la leçon; A nousî jour de Dieu, j'enrage!

Nous le fléau des pervers, Nous, dont le mâle courage Se f...rail de l'univers.

Verse donc, cher camarade ; De soif tu me fais languir; Verse encore une rasade, Et je veux vaincre ou mourir.

J'en veux f..... cent par terre.

Et de sang tout inondé, Oui , je yeux dans la poussière Rouler Albitte et Crancé.

Gauthier, scélérat perfide, Assassin des Lyonnais ; Et toi, Crancé parricide, L'horreur de tous les Français.

Ambitieux sanguinaires !

Les Lyonnais sont tous prêts :

Ils embrasseront leurs frères.

Mais puniront vos forfaits.

Peut-être au sein de la gloire, Un f.... morceau de plomb M'enverra sur Tonde noire.

Vers ce b de Caron.

Content, je perdrai la vie.

Je m'en f..., j'aurai vaincu; Quand on meurt pour sa patrie, N'a t-on pas assez vécu ?

Femme, nargue le veuvage Quand j'aurai rendu l'esprit; Dis-moi, f...... est-on moins sage

Quand on n'a pas de mari ;

Mais garde^toi qu'un faux frère Te fasse jamais la cour ; Celui qui tremble à la guerre Est un Jean-f..... en amour.

Tout l'univers nous contemple, Amis, frappons-en plus fort ; Au monde donnons l'exemple.

Aux brigands donnons la mort.

Canonniers!... brûlez l'amorce; Redoublons tous nos efforts.

Faisons-leur entrer par force La vérité dans le^ corps.

La liberté, la patrie, Voilà le vœu de nos cœurs!

Pour cette muse chérie Nous jurons d'être vainqueurs.

C'en est fait, le canon gronde, Nous ne voulons plus de paix.

Que tous les brigands du monde Soient aux pieds des Lyonnais.

Précy conduit nos phalanges, Les lauriers seront pour nous, Et du Rhône jusqu'au Gange On dira que, sous nos coups.

Des envoyés sanguinaires Ont vu près de nos remparts Une famille de frères Qui, pour pore, a le dieu Mai-s.

J'entends une canonnade :

Vite, allons à l'ennemi !

Mais, avant, une rasade A la santé de Précy ; Son nom, qu'annonce la gloii^.

Seul fait trembler Montessuy :

On est sûr de la victoire Quand on combat avec lui.

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