‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 29 sur 217 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

SOMMAIRE : Fuite de Varennes. — Motion de Nivière-Chol. — Adresses de radministration du district des laboureurs de Sainte-Foix , de la municipalité de Lyon , de la garde nationale. — Départ du bataillon de Rhône-et-Loire. — Lyon demande la suppression de la garnison. — Dénonciation de Dumas contre Laussel. — Club des femmes citoyennes dévouées à la patrie. — Débuts de Camer. — Journal de la société populaire des amis de la constitution. — Il est le premier à protester contre les formules de politesse. — Pamphlets royalistes. — Manifestations royalistes au Grand-Théâtre. -« Chanson de circonstance. — Dubois- Crancé au club central. — Députés de TAssemblée législative.

Deux grands événements signalèrent lâGn de l'année 1791^ la fuite de Louis XVI, et Facceptation de la Constitution. On vit, pour la première fois dans Fhistoire des nations, un roi clandestinement échappé de sa capitale, arrêté par un maître de poste, ramené prisonnier dans son palais, et forcé d'accepter solennellement la Constitution qui lui était odieuse. Aussitôt qu'on sut à Lyon que Louis XVI s'acheminait vers les frontières, où les étrangers l'attendaient, un membre du conseil municipal , Nivière-Chol, proposa d'enlever de la salle des séances le portrait du roi. Cette mesiu*e fut adoptée avec enthousiasme, et le conseil arrêta la rédaction d'une adresse; mais il fut devancé par l'administration du district, dont l'adhésion à la conduite de l'Assemblée constituante fut lue dans la séance extraordinaire du lundi 27 juin. Le lendemain, les laboureurs de Sainte-Foi- lès-Lyon annonçaient à l'Assemblée qu'à la nouvelle de la fuite du roi, ils

avaient anticipé sur la confection du rôle de la contribution foncière, I. 7

et payé un à-compte de 6,000 livres, afin d*aider la patrie. L'adresse de la miuiicipalité lyonnaise n'arriva à Paris que le 27 juillet; c'était une manifestation républicaine, que le maire Louis Vitet avait dictée. Non contents d'approuver la marche des représentants de la nation, les municipaux de Lyon leur donnaient des conseils et leur traçaient la ligne à suivre : « Noys avions reçu sans murmures, disaient-ils, vos » décrets sur l'organisation du pouvoir du monarque, parce que nous » avions cru que Louis XVI effacerait par des vertus la tache qu'il » cause dans la Constitution; mais sa fuite, mais son aveu de n'avoir » donné qu'un consentement forcé à nos lois, mais l'impudeur de sa » plainte sur la modicité des fonds appliqués A la liste civile nous ont » enfin ouvert les yeux ; et, considérant avec effroi le précipice où » nous allions être engloutis, nous vous conjurons, représentants, de » rester fidèles à la cause du peuple, de revenir sur vos pas; et si » vous n'êtes pas assez forts de votre opinion, opposez à vos détrac- » teurs celles de toutes les communes de l'empire, qui se réunissent » dans cet instant, se soulèvent contre celui qui, en fuyant, nous a V exposés aux horreurs d'une guerre civile et étrangère, et vous » disent, avec l'énergie de la souveraineté qui leur appartient, de réfor- » mer r organisation du pouvoir exécutif, de rendre à la nation le choix » des ministres; et s'il faut encore qu'une famille sommeille héréditai- » rement sur le trône, ne lui confiez pas des armes dont elle puisse » abuser; supprimez vingt-quatre millions de vingt-cinq, qu'une pro- » digalité irréfiéchie allait arracher à la sueur des peuples; ne laissez » pas dans les mains de nos rois des moyens de corruption qui sape-* » raient tôt ou tard et nos lois et notre liberté; soyez certains, » représentants, que, lorsqu'ils ne pourront pas soudoyer des traîtres, » nous n'aurons plus de trahisons à craindre ; nous ne verrons plus » le trône entouré de ces faméliques ambitieux qui l'ont rendu jus- ^ qu'ici étranger à la vérité, aux vertus, et qui ne s'agitent en sa » faveur que pour les places et les millions qui en découlent ; songez » enfin, représentants, que, si vous n'admettez pas la mesure qui vous » est demandée au nom de la justice étemelle, jamais vous ne ferez » regagner à Louis XVI la confiance qu'il a perdue, et vous laisseriez » aux prochaines Conventions nationales une erreur dangereuse à 9 corriger dans l'ouvrage de la Révolution. »

Les adresses étaient alors à la mode; il en venait de tous les points de la France, de toutes les autorités constituées, de toutes les réunions

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