CHAPITRE VI
» pondons de rassentiment des Français ! Verser leur sang pour la » liberté et pour le maintien de vos lois , est Tunique vœu qu'ils » brûlent de remplir. »
Cette adresse provoqua de nombreux applaudissements sur les bancs de l'Assemblée législative; cependant un député, M. Hua, repoussa fortement sa mention honorable au procès-verbal de la séance : « Je suis forcé, s'écria-t-il , de rappeler à mes collègues que le salut du peuple se trouve seulement dans la constitution; il faut donc la respecter : je regarde comme ennemis de la constitution , ceux qui déclament sans cesse contre Faction du pouvoir exécutif ou du Corps législatif. Il est possible que les signataires aient été induits en erreur, et que leur patriotisme leur ferme les yeux sur les vrais principes ; je déclare, quant à moi , que l'adresse en question est inconstitutionnelle, en ce qu'elle inculpe le pouvoir exécutif. »
En réponse à ces paroles, un autre député, Lacroix, soutint que radresse de la commune de Lyon était légale, attendu que les signataires ne prétendaient pas refuser au roi le droit de choisir et de renvoyer Sjds ministres; mais ils pensaient avec raison que le roi devait consulter invariablement dans leur choix le salut de la patrie. La mention honorable fut décrétée.
Deux jours après, le 27 juin, un secrétaire de l'Assemblée fit lecture d'une nouvelle adresse signée par six mille six cent vingt citoyens de Lyon ; elle était plus virulente encore que la première, et fut interrompue à plusieurs reprises par les murmures du côté droit et les acclamations des tribunes. « Représentants du peuple » français, disait^Ue, la constitution est en danger; les citoyens de w Lyon viennent pour la défendre ou périr avec elle. Les factieux » entourent le trône, et celui que la nation y a placé s'aban- V donne à leurs fatales et criminelles suggestions; prévenez, par » une grande mesure, une insurrection que votre indifférence ren- » drait légitime. Ne vous fiez donc plus, représentants du peuple » français, aux paroles d'un .roi qui vous trompe. Louis XVI ne » veut pas la constitution , puisqu'il protège les monstres qui l'atta- » quent, puisqu'il renvoie les ministres qui la font marcher, puis- » qu'il frappe de nullité les décrets qui la servent. Cet homme, pour » lequel la nation a tout fait, qui engloutit dans de vaines dissipa- »» tions le fruit des sueurs de quatre à cinq départements, ose se pré-
7a HISTOIRE DE LYON. — 1792.
» senler ^vec li'offre de 20,06d Iîy. Cet homme qm avait fui Miche- » chement soil iposte, -et qui ramené sirr le plus beau trône de Tu- » nivers, a sitôt oublié la générosité de la nation, peut-il diriger « encore les mouvements de nos armées? Encore quelques jours »» d'indulgence, «et la liberté n'-est plus. Écoutez ces avis, c'est la « morjorité des citoyens d'u'oe .grande ville qui vous les donne; vàé- » prisez «cette minorité qui s'agite, qui voudrait mécomiaitre la sou- » veraineté «du peuple; nous la dédaignons. Si les fonctionnaires » trabisseAt 'leurs devoirs, vous qui les respectez, déchirez 4e voile, » prenez tes mesures imposantes, «et des milliers de bra^ vo«t se te- »• -ver pour en assurer r«exécatron. »
iDans un pays où l'on tiewt !un pareil langage, il ifi'est pas difficile 4e prévoir que le trône encore debout sera bientôt Tcnversé.
r.MAPITBF. Vil. 78