‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 66 sur 217 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

SOMMAIRE : Arrestation de rex-contrôleur Lambert. — Visites domiciliaires. — Séance du club central. •— Journée du 6 février. — Démission de Nivière-Chol. — Explications données par Cbàlier sur ses projets. — - Réélection de Nivière-Cbol. — Joie des modérés et des royalistes. — Soirée du 17 février. — Pillage du club central.

La lutte devenait de jour en jour phis imminente entre les partis contraires. Chacun d'eux disposait de forces sufQsantes pour l'engager avec succès ; les Jacobins avaient pour eux les clubistes des sections, une portion du peuple, et le patronage de la Convention. La noblesse, la classe aisée, et un grand nombre d'ouvriers soutenaient soit la cause royale, soit le système fédéraliste. Le maire, Nivîère- Chol , correspondait avec les chefs de la Gironde , et ne fit part d'aucune lettre à ses collègues; depuis la fin du mois de janvier, il n*avait pas convoqué une seule fois le conseil municipal, malgré les prières les plus instantes et les réquisitions les plus formelles. Par ce moyen il se trouvait naturellement le seul dépositaire de la correspondance de la commune, et pouvait à son gré diriger tous les événements.

Furieux des nouvelles allures du maire , Chàlier organisa d'après les conseils de l'ancien curé Laussel, alors procureur de la commune, un comité de sûreté générale, composé des membres les plus patriotes des corps administratifs et judiciaires, réunis aux principaux chefs des sociétés populaires. La première chose que les membres du comité arrêtèrent fut une visite domiciliaire générale opérée avec la plus grande rigueur; la seconde fut de dresser une liste exacte de toutes les personnes suspectes dont il fallait s'assurer. Lorsqu'ils furent parfaitement d'accord sur ces deux points , les clubistes allèrent trouver la municipalité.

On avait arrêté, le 30 janvier, rex-contrôleur-général, Lambert, qui, depuis plusieurs mois, était caché chez un négociant nommé Berlier. On trouva chez lui une correspondance qui prouvait ses relations habituelles avec les émigrés, et qui indiquait les moyens qu'il employait pour se procurer des passeports et de faux certificats de résidence^ Cette circonstance servit les projets de Chàlier; il insista sur la nécessité de démasquer les perturbateurs étrangers qui , comme l'ex-contrôleur, s'étaient introduits dans la ville et imposa au conseil général de la commune l'arrêté suivant :

« Lundi 4 février, une députation nombreuse étant venue prier » le corps municipal de faire une visite domiciliaire aux. fins de pury> ger nos murs des scélérats qu'ils recelaient, il a été arrêté que la » visite domiciliaire demandée aurait lieu , et qu'en conséquence il >. serait de suite donné consigne aux portes de ne laisser passer per- » sonne passe l'heure de dix, et que les rivières seraient surveillées; » que les notables appelés au conseil général seraient constitués en » permanence, jusqu'à la fin des visitea domiciliaires; que, le conseil » général assemblé , il serait nonmié dix citoyens par section pour » opérer la visite domiciliaire; que lesdits citoyens seraient invités à » se rendre au conseil pour y être instruits de leur mission; que la »» force armée serait requise et distribuée sagement; qu'elle se tien- » drait en dehors des domiciles, pour, au besoin, donner secours aux » commissaires visiteurs domiciliaires; que la visite commencerait »» dans toute l'étendue de la cité à cinq heures du matin ; que les » commissaires de sections conduiraient à l'hôtel commun les per- » sonnes suspectes; que les commissaires de police se rendraient » dans leurs cantons respectifs pour instruire au besoin le conseil » général; que le, comité de police tiendrait ouvert son bureau pour n recevoir les procès-verbaux des personnes suspectes arrêtées. »

Du même jour, 4 février, est daté un arrêté véritablement monstrueux, qui autorise un officier municipal à vendre de faux certificats de résidence : « Considérant qu'il est urgent d'autoriser le citoyen « RouUot à délivrer de faux certificats aux divers émigrés, ou à » leurs agents, qui en demandent, afin de pouvoir en mettre sous la » loi autant qu'il sera possible ;

» Le procureur de la commune entendu ;

» L'Assemblée arrête que le signe qui caractérisera la fausseté des » certificats de résidence délivrés par la municipalité de Lyon sera

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