‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 72 sur 217 · CHAPITRE XI. 1S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. 1S

registres et les papiers pour les porter au département, s'emparent des bustes de la Liberté et de Jean-Jacques Rousseau , et vont les clouer à Tarbre de la place des Terreaux , tandis que les clubistes se réfugient dans les galeries élevées ou dans les réduits secrets du bâtiment. Challier était en fuite ; Gaillard tomba seul entre les mains des modérés^ et, dangereusement blessé, n'échappa à la mort que par miracle.

11 était onze heures du soir : depuis huit heures, la municipalité ne cessait de s'entourer d'un appareil militaire nombreux et menaçant; à chaque instant il lui arrivait de nouveaux renforts. Plusieurs bataillons de gardes nationales, formés d'hommes dévoués aux clubistes, encombraient la cour de THôtel-de-Ville, soutenus par des pièces de canon chargées à mitraille. Laussel et le commandant en chef des gardes citoyennes, Juillard, dirigeaient les mouvements de la force armée; ce dernier pouvant à peine se tenir sur ses jambes, le procureur de la commune lui reprocha vertement de s'être laissé enivrer par les muscadins. Quelques coups de fusil furent tirés dans la rue du Garet, mais ils n'atteignirent personne.

Différentes sections s'étaient déclarées en permanence; invitées à se dissoudre au nom de la loi par une députation municipale, elles répondent par un refus formel. Environ quatre mille citoyens, renforcés par les sections du Port-du-Temple, de la Place Neuve et de Bellecour, s'emparent sans coup férir de l'Arsenal et de la Poudrière, où ils se maintiennent, malgré les sommations réitérées des commissaires de la Commune. Ceux-ci reviennent à la charge, escortés de membres du district et de deux cents hommes armés. « Halte-là, en joue! crie la garde de la section de l'Arsenal. — Au nom de la loi, dit un officier municipal , vous ne devez , ni ne pouvez nous refuser l'entrée. » En môme temps, il relève les fusils, et passe outre ; les députés sont environnés d'insurgés : « Nous ne connaissons, leur dit-on, ni lois, ni autorités constituées ; nous ne livrerons pas des armes à des brigands. »»

La députation se retire après avoir dressé procès-verbal, et en arrivant à l'Hôtel-de-Ville, le trouve envahi par un attroupement qui pousse les cris de : « A bas la municipalité ! la tête de Challier et de Laussel ! » Les municipaux descendent pour rétablir l'ordre : on les insulte, on les frappe, on déchire l'écharpe de l'un d'eux; mais un détachement de troupes de ligne survient, et disperse le rassemblement.

Le lendemain, 19 février, les administrateurs du département et du

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district se mirent à la tète de la police ; les sections insurgées évacuèrent les postes dont ils s'étaient emparés ; les assemblées se séparèrent, et Tordre se rétablit.

Tel fut le premier acte de résistance des Lyonnais à la révolution terroriste. Les Girondins y eurent la plus grande part. Un prêtre assermenté, nommé Joliclerc, curé deSaint-Nizier, avait fait de son presbytère le quartier-général du Rolandisme. C'était là qu'on fabriquait des décrets, des proclamations, pour les répandre à l'occasion parmi les masses. Le 19 février, la municipalité y Ot une descente, dispersa un conciliabule d'environ quarante personnes, et saisit un tambour et divers papiers qui devaient être plus lard d'irrécusables bases d'accusation.

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