CHAPITRE XIV
>» ses sont vides.... »> Achard avait tristement répondu : « Ce que tu » m'écris, mon cher, me navre le cœur ; nous n'avons pas d'argent, » mais Rome n'en avait point non plus quand elle s'est rendue libre; » ce n'est point avec de l'or que Lucrèce s'est défait de Tarquin, » elle l'a tué avec du ferî » « Tout ce que tu m'as dit dans ta dernière » lettre, répliqua quelques jours après Pelletot, lorsque le mouve^ * ment fut tout à fait manqué; ce que tu m'as dit est fort beau en V principe, mais ne vaut pas le diable en exécution. Quoi que nous puis- » sions dire et faire, Lyon est à quatre cents lieues de Rome, et la » Jacobine la plus patriote est à plus de deux mille ans de la Lucrèce » dont tu me parles* »
CHAPITRIi Xr.
SOMMAIRE : Taxes arbitraires. — Arrivée de Dubois-Crancé, Ajbitte, Gautier et Nioche. — Séance du 13 mai à la maison commune. — Créa-, tion d*une armée révolutionnaire. — Contributions forcées. — Curieux détails sur la taxe de la section de FÉgalité. — Adresse dé Challier. — Liste de proscription.
Les conjurés, furieux de leurs défaites, s'en prirent aux administrateurs du département qui les avaient entravés; le comité du salut public, plus furieux encore, dénonça le département aux Jacobins de Paris, les engageant à se sauver eux-mêmes, et déclarant qu'ils ne pouvaient rien , attendu que leurs bras et. leur patriotisme se trouvaient liés faute d'argent. Les Jacobins à leur tour dénoncèrent le département de Lyon au conseil général de la commune, et le conseil général de la commune arrêta que « les présidents des co- » mités de surveillance, établis dans chaque section, seraient invités » à apporter au comité des finances, dans les vingt-quatre heures, «les noms à^s agitateurs , accapareurs, riches, capitalistes, insou- » eiants, pour les prier de donner une somme d'argent, une rétri- » bution civique qui serait taxée d'une manière impartiale et propor- » tionnelle à leurs fortunes. Le conseil général pensai) être agréable » aux personnes taxées, en leur offrant généreusement l'occasion de » prouver leur amour et leur dévouement à la patrie. Dans tous les » cas, le comité des finances restait autorisé à taxer provisoirement » les gens riches et à les faire payer. »
Ces provocations ne produisant pas tout l'effet qu'on s'en était pro-