‹ Histoire populaire de l'affaire DreyfusChapitre 20 sur 67 · Espérance ouverte par le procès d'Esterhazy · texte numérisé non relu

Espérance ouverte par le procès d'Esterhazy

A ce moment-là, je me suis dit : « Eh bien! j'ai maintenant deux recours possibles : la revision et l'annulation. »

J'ai donc attendu l'issue du procès de M. Esterhazy.

Il y avait deux cas de revision possibles.

Comme ces jours passés M. l'avocat général vous le signalait dans l'exposé de faits que j'ai entendu, si M. Esterhazj avait été condamné, il y avait deux personnes condamnées pour un môme fait et, par conséquent, la revision s'imposait.

Si M. Esterhazy était acquitté, ce qui a eu lieu, il restait le recours du fait nouveau.

J'attendais donc très impatiemment les débats du procès Esterhazy.

J'ai assisté à la partie publique ; j'avais môme demandé une intervention pour qu'il y eût un contradicteur ; elle a été repoussée.

Mais enfin, ce qui m'intéressait surtout, c'était la déposition des experts, parce que c'était là que je comptais trouver le lait nouveau ; en effet, puisque Dreyfus n'avait été condamné (|ue sur le bordereau et sur l'écriture, l'expertise dans l'affaire de M. Esterhazy, en tn'apportant des éléments, me permettait de dire à M. le ministre de la justice : « Eh bien ! voilà un fait nouveau 1 »

Je savais bien — cela m'a été appris par le rapport de M. Ravary — que les experts concluaient que l'écriture n'était pas de M. Estherazy, mais je ne connaissais pas leurs motifs et l'écriture du bordereau peut ne pas être celle de M. Estherazy, sans pour cela être celle de Dreyfus.

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