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CHAPITRE lïl

Les Pères et les Docteurs de l'Église du IVe au VII^ siècle.

Les deux chapitres précédents retracent le cadre historique, politique, dans lequel se déroule un autre drame, non moins poignant que celui des convulsions de l'Empire, mais dont Tissue fut toute glorieuse. C'est la lutte ardente, prolongée et renaissant sous mille formes, la persécution tantôt perfide et tantôt violente que l'Eglise, à peine rendue à la liberté par Constantin, eut à supporter pendant trois siècles de la part des hérésies et des schismes qui la désolèrent.

Avant d'en faire le récit, il sera bon de voir par quels moyens providentiels Dieu pourvut à sa défense et à son triomphe, et quelle magnifique institution il fit se développer en son sein, pour l'entretien, la rénovation de ses forces spirituelles, et, en même temps, pour le soulagement des mau>^ et pour le relèvement d'un monde profondément bouleversé. Celle-ci, l'institution monastique, sera décrite à part dans le chapitre suivant.

Les Pères et les Docteurs de l'Eglise furent la phalange invincible contre laquelle vinrent se briser tous les assauts des puissances du mal, l'inexpu-

gnable rempart d'où partirent les traits qui les écrasèrent. L'épreuve des hérésies ne sera pas plus fatale à l'Eg-lise que celle des persécutions. Jésus- Christ est toujours avec les siens, comme il le leur a promis pour la durée des siècles. Les hérésies serviront au contraire à la manifestation des dogmes sacrés. Si les Domitien, les Dioclétien, les Valérien, les Maxence ont fait surgir par leurs violences les Poljcarpe, les Laurent, les Perpétue et tant d'autres illustres martyrs, témoins de la foi, les hérésiarques ont fait s'élever les plus éminents Docteurs de la science chrétienne. Arius a fait grandir saint Athanase ; Pelage, saint Augustin ; Nestorius, saint Cyrille, etc. Après le solennel témoignage du sang, qui donnait pour tout l'avenir au credo catholique une inébranlable force de persuasion, il fallait la leçon qui explique, la lumière qui dissipe les obscurités, le génie qui enflamme et ravit. Alors, au premier temps de la paix de l'Eglise, apparut la magnifique armée des docteurs. C'était d'ailleurs pour elle l'heure de paraître, car tous les efforts précédents de l'erreur n'étaient pour ainsi dire que de vagues escarmouches préludant à un assaut plus direct. Mais, précisément, le quatrième siècle, où les grandes hérésies commencent à se prononcer, est aussi le grand siècle des Pères de l'Eglise. Jamais, à aucune époque, l'esprit humain ne fut illustré ni par un si grand nombre de génies, ni par une aussi prodigieuse élévation de leur vol. La Grèce et Rome en avaient produit de brillants, mais les grands écrivains de l'Eglise les laissent loin derrière eux, si l'oa compare la variété, la beauté

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