‹ Histoire populaire de l'EgliseChapitre 5 sur 26 · L*ŒUVRE DES APOTRES · texte numérisé non relu

L*ŒUVRE DES APOTRES

de leurs vêtements etballre de verges. Couverts de plaies, ils furent jetés en prison et garrolcs étroitement. Mais pendant la nuit un grand tremblement de terre ébranla leur g-eôle jusque dans ses fondements, toutes les portes s'ouvrirera et les liens des captifs éclatèrent. Le geôlier, convaincu qu'ils s'étaient évadés, voulait se donner la mort. Paul éleva la voix : Ne te tue pas, nous sommes tous là! Cet homme tomba à leurs pieds, touché par la grâce, et leur demanda ce qu'il devait faire pour être sauvé. — Crois en Jésus-Christ, lui dirent-ils, et tu obtiendras le salut. Ils l'instruisirent et le baptisèrent avec toute sa maison. Tandis que le néophyte reconnaissant lavait leurs plaies et leur faisait préparer un repas, les magistrats envoyèrent des licteurs lui enjoindre de relâcher des prisonniers si dangereux et de leur faire quitter la ville. Mais Paul, avec le même souci de ne pas laisser entacher l'honneur du nom chrétien qui devait lui faire réclamer plus tard son titre de citoyen romain, et tout en se réjouissant d'avoir souffert pour son Maître, refusa de se laisser congédier sou.^ la flétrissure des verges. Ils nous ont faits flageller, innocents et sujets de Rome, ils nous ont jetés dans cette prison, et ils veulent maintenant nous renvoyer en secret, dit-il, non pas ! mais qu'ils viennent eux-mêmes nous rendre la liberté. La frayeur des magistrats redouble en apprenant la qualité des victimes auxquelles ils avaient infligé le traitement des misérables, et ils accourent les prier avec excuses de consentir à se retirer de la ville. Paul et Silas revinrent chez Lydie, revirent

et consolèrent leurs frères, et partirent ensuite.

A Thessalonique et à Bérée, ce furent des violences semblables. Dans la première de ces villes, Paul discuta des Ecritures, trois sabbats durant, devant la synagogue : Ce Christ, qui devait souffrir et ressusciter après sa mort, c'est lui que nous vous annonçons. Plusieurs Juifs d'origine se rangèrent à la foi, plusieurs aussi de ceux de la dispersion, et un grand nombre de Gentils, hommes et femmes. Mais les juifs obstinés , réunissant une tourbe de mauvaises gens, mirent la ville en révolution, et vinrent assiéger la maison des apôtres pour les livrer aux magistrats, en criant qu'ils outrageaient César par leur prétention de faire de Jésus un roi. Paul était alors hors de la maison ; ses disciples le firent échapper à ces poursuites et le conduisirent avec Silas à Bérée. Il y conquit encore beaucoup d'àmes parmi les Juifs et les Gentils. Mais ses ennemis de Thessalonique, l'ayant appris, vinrent à Bérée et y soulevèrent les mêmes troubles: Paul fut entraîné par les siens, conduit à la mer et accompagnéjusqu'à Athènes.

Dans la capitale de cette Grèce, mère des beaux esprits, mais d'une corruption raffinée, l'apôtre sentait son zèle s'enflammer au spectacle de l'idolâtrie qui la déshonorait. Il discutait chaque jour, dans la synagogue et sur l'Agora, avec les juifs et les païens, si bien que des philosophes stoïciens et des Epicuriens l'attirèrent devant l'Aréopage. Les Grecs étaient avides de nouveautés, et les harangues de Paul sur le Christ et sa résurrection en étaient une grande. En présence de l'illustre assemblée, l'apô-

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'e des nations prit occasion de ce qu'il avait vu un ^utel dédié « au dieu inconnu ». Ce Dieu, il se mit l'annoncer. On écouta ce qu'il dit de sa nature ipirituelle, de son élévation infinie au-dessus des

loinmes, de son œuvre créatrice, de son omni-prétence. L'attention devint plus inquiète quand il déclara qu'aujourd'hui ce grand Dieu invitait tous

;s hommes à la pénitence, parce que le jour était

Ixé où tous seraient jugés par son Christ ressucité des morts ; et quand il parla de la résurrection des corps, ce fut un désarroi. Les uns, parmi ces hommes asservis à la chair, le tournaient en dérision, les autres, plus troublés et craig-nant d'être éclairés davantag-e, l'arrêtèrent et lui dirent qu'on l'entendrait une autre fois. 11 fallut en rester là. Cependant quelques-uns ouvrirent les yeux à la foi, et, parmi eux, l'aréopag-ite Denis et une femme nommée Damaris.

D'Athènes, Paul se rendit à Gorinthe, ville alors très populeuse, et il y fut rejoint par Silas et Timothée, qu'il avait mandés de Macédoine. Là il trouva un juif chrétien originaire du Pont, nommé Aquila, et dont l'épouse se nommait Priscille. Aquila exerçait le métier de vannier, qui était aussi celui de Paul, car, au milieu de ses incessants labeurs, l'apôtre vivait du travail de SCS mains, pour n'être à charge à personne. Aquila s'était vu chassé de Rome par un édit de l'empereur Claude bannissant tous les Juifs. Paul prit demeure chez lui. Chaque sabbat, il prêchait Jésus dans la synagogue, annonçant qu'il était le Christ. Les Juifs le repoussaient et blasphémaient;

il leur déclara qu'il les abandonnait et qu'il allait vers lesGentils.Sa prédication dans Corinthc opérait des fruits merveilleux, aussi occasionna-t-elle des violences comme il en avait subi ailleurs. Mais le proconsul d'Achaïe, devant lequel les Juifs le traînèrent, refusa de s'occuper de leur querelle. Après un an et demi d'un séjour que la grâce de i'Esprit- Saint avait rendu particulièrement fécond, Paul s'embarqua pour les côtes d'Asie, emmenant avec lui Aquila et Priscille. Il vint à Eplièse, où il les laissa. Son discours à la synagogue inspira aux Juifs le désir de le conserver quelque temps parmi eux, mais, docile à l'Esprit qui le guidait, il les quitta avec promesse de revenir, s'il plaisait à Dieu, passa à Césarée,pour y visiter le communauté chrétienne, et revint à Antioche.

La troisième mission de saint Paul est la plus longue. Elle eut lieu de l'an 55 à l'an 58. Il parcourut d'abord la Galatie et la Phrygie, déjà évangélisées par saint Pierre, pour confirmer les chrétiens dans la foi. Il revint à Ephèse, où son succès fut immense. H y séjourna deux ans, et toute la région recueillit le fruit de son apostolat. Un auxiliaire précieux venait d'y être gagné en la personne d'un juif d'Alexandrie, Apollo, venu à Ephèse, hommedont la bonne foi égalait l'éloquence et la science des Ecritures. Il prêchait Jésus, mais ne connaissait que le baptême de Jean. Aquila et Priscille achevèrent de l'instruire. Apollo se rendit ensuite en Achaïe, muni par eux de lettres, et y prêcha l'Evangile si brillamment que, plus tard, ses admirateurs se disputaient avec ceux de saint Paul.

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Lorsque l'apolre arriva dans cette ville, il y trouva un oroiipe de juifs qui ne connaissaient aussi que le baptême de Jean : il leur conféra celui de Jésus- Christ, et, à ce moment, le Saint-Esprit descendit sur eux, ils reçurent les dons des langues et dç prophétie. Après trois mois de discussions dans la synagogue,Paul dut en séparer ses disciples elles enseigner à part. Mais de grandes consolations lui venaient d'ailleurs. Juifs et Gentils affluaient de toute la contrée et embrassaient la foi, conquis par les miracles de toute sorte qu'il opérait. On se disputait même quelque partie de ses vêtements pour porter la guérison aux infirmes.

Il arriva que quelques-uns des Juifs acharnés contre lui voulurent pratiquer à son exemple, sur les possédés, les exorcismesdont la coutume n'était pas inconnue chez le peuple de Dieu. C'étaient les fds du chef de la synagogue. Ils adjurèrent le malin esprit au nom de Jésus que Paul prêchait. Je connais Jésus, répondit le possédé, et je connais Paul, mais vous, qui ctes-vous? Et il s'élança sur eux avec fureur, ils s'enfuirent, les habits en lambeaux et roués de coups.

La multitude des croyants ne cessait de s'accroître : tous venaient, confessani leurs fautes. Paul se proposait de passer en Macédoine, puis en Grèce, pour revenir ensuite à Jérusalem, et de là partir pour Rome où il se sentait appelé par l'Esprit de Dieu, lorsqu'une tempête éclata contre lui. L'orfèvre Démélrius, d'Ephcse, qui fabriquait des réductions en argent du temple de Diane, voyant diminuer la vente de ses marchandises, excita une

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sédition populaire. Vous voyez, allait-il répétant, que ce Paul ne trouble pas seulement Eplièse, mais toute l'Asie, et détourne une foule de personnes en niant les dieux faits de mains d'hommes : non seulement leur culte va périr, mais le temple même de notre déesse, que tous vénéraient, est menacé de destruction. Le courroux delà foule monta comme une vag-ue, au cri de : Vive la grande Diane d'Ephèse ! poussé sans relâche.

Le tumulte enfin apaisé, l'apôtre se relira. De la Macédoine, où il répandit partout son ardente parole, il vint en Grèce. 11 parcourut ces provinces, prêchant et écrivant des lettres aux églises; c'est à cette époque que se rapportent en particulier quatre de ces grandes épîtres, adressées aux Romains, aux Corinthiens et aux Galates. Averti des embûches que lui préparaient les Juifs sur la voie de Syrie, il s'embarqua pour Troade. La veille du jour où il devait en partir, il prolongea dans la nuit ses entretiens avec les fidèles. Un enfant, nommé Eutychus, qui se tenait assis sur le bord de la fenêtre pendant cette conférence, finit par être pris de sommeil ; il tomba du troisième étage et se tua. Saint Paul descendit le relever, se pencha sur lui et le rendit vivant aux siens. 11 revint par Mytilène, Chio et Samos à Milet. 11 se proposait de ne pas s'arrêter à Ephèse, pour ne pas s'attarder en Asie, afin de rentrer à Jérusalem pour la Pentecôte. De Milet, il manda à lui les principaux de l'église d'Ephèse, leur fit avec ses recommandations les adieux les plus touchants. Après leur avoir rappelé

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la sincérité de son ministère parmi eux : je sais, leur dit-il, que vous ne me reverrez plus; TEsprit m'appelle h Jérusalem où j'ignore ce qui m'attend, si ce n'est que, de ville en ville, il m'annonce chaînes et tribulations. Mais je ne tiens pas à la vie, il m'importe seulement de remplir la mission que j'ai reçue du Seigneur Jésus en rendant témoignage à son Evangile. Il les pressa de garder leur foi avec vigilance et les avertit, qu'après son départ^ le troupeau des fidèles serait ravagé par des loups, faux prophètes, sortis même de leurs propres rangs. Une prière commune termina ces entretiens. Ses disciples versaient des larmes à la pensée de ne plus le revoir, et l'accompagnèrent jusqu'au vaisseau.

Une des stations du retour fut Gésarée, où Paul

descendit chez le diacre Philippe. Le prophète Aga-

bus qui, déjà, peu après la conversion de Paul,

avait annoncé qu'il aurait beaucoup à souffrir, se

,j trouvait dans la ville et vint dans cette maison. Il

j prit à Paul sa ceinture, et, s'en liant les pieds et les

mains, il dit : Celui dont voici la ceinture, dit le

i Saint-Esprit, sera enchaîné à Jérusalem par les

Juifs et livré par eux aux Gentils. — Je ne souhaite

pas seulement d'être enchaîné, répondit l'apôtre,

mais je suis prêt à mourir à Jérusalem pour le nom

du Seigneur Jésus. Il ne devait pas y trouver la

mort; c'était seulement la voie par laquelle l'Esprit

de Dieu l'acheminait vers Rome.

A Jérusalem, en effet, et à peine y était-il de I retour, les Juifs, l'ayant trouvé dans le temple,

ameutèrent le peuple en criant qu'il répandait des blasphèmes contre la Loi et lo temple, et profanait même le lieu saint en y introduisant des gentils. Ils l'entraînèrent hors du temple et voulaient le mettre à mort. Averti de l'émeute, le tribun de la cohorte romaine, Lysias, accourut avec une troupe et l'arracha de leurs mains. Il fallut le faire conduire sous bonne garde jusqu'au camp, pour le dérober aux violences. La foule le suivait en criant : Toile î Toile! Devant Lysias, Paul demanda à s'expliquer et à parler au peuple. Debout sur une estrade, il prit la parole en hébreu, ce qui augmenta l'attention. L'apôtre rappela qu'il était juif, né à Tarse, disciple de Garnaliel, dont tous vénéraient la sag^esse et la science ; qu'il avait été luimême persécuteur des disciples du Christ, et comment Jésus lui était apparu pour le convertir. Mais les vociférations éclatèrent quand il en vint à dire qu'à ses craintes de ne pas être écoulé de ceux qui l'avaient connu, le Seigneur avait répondu : Je t'enverrai au loin vers les Gentils. Le tumulte fut à son comble. Lysias, se flattant de le calmer par cette rigueur, et pour en éclaircir la cause, ordonna de livrer l'apôtre aux fouets. Déjà Paul était garrotté pour subir son supplice, quand il demanda au centurion désigné pour y présider : Vous est-il permis de flageller un citoyen de Pvome, qui n'a même pas étéjugé? Le centurion en référa à Lysias qui interrogea l'apôtre : Avez-vous qualité de ci- j toyen romain? — Oui, répondit-il. Les bourreaux ( durent s'écarter. I

Le lendemain, le tribun convoqua les juifs en i:

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assemblée et donna la parole à saint Paul, qui, voyant l'auditoire composé en grande partie de pharisiens et de sadducéens, dont les oppositions de doctrine étaient bien connues, jeta habilement entre eux un sujet de discorde. Je suis pharisien d'origine, s'écria-t-il, et fils de pharisien ; c'est parce que je prêche comme eux l'espoir d'une vie future et la résurrection des morts que je suis mis e;i cause. Pharisiens et sadducéens se trouvèrent dès lors aux prises ; les pharisiens parlaient en sa faveur, les sadducéens s'élevèrent contre eux et l'accablèrent ; Lysias le fit arracher de leurs mains par les soldats et renfermer dans le camp. La nuit suivante le Seigneur apparut à Paul, et lui dit : Garde ton assurance, car il faut que tu me rendes témoignage à Rome comme à Jérusalem.

Cependant un groupe de juifs, au nombre d'environ quarante, avaient juré la mort de l'apôtre, et fait vœu de ne manger ni boire jusqu'à l'accomplissement de leur dessein. Ils vinrent s'offrir aux princes des prêtres et aux anciens. Mais un neveu de Paul, qui avait découvert le complot, en informa secrètement Lysias. Le tribun, de plus en plus embarrassé, prit le parti d'envoyer son prisonnier sous bonne escorte au président Félix, qui résidait alors à Césarée, avec une lettre d'information.

Félix le fit garder dans le prétoire. Bientôt arrivèrent de Césarée le prince des prêtres et d'autres accusateurs de Paul. Aux imputations portées contre lui devant le président, il répondit en prouvant que, fidèle serviteur du Dieu dès Juifs, il n'avait rien fait contre la Loi et le temple. La cause fut remise à

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plus tard, et Paul demeura prisonnier, mais avec la faculté de communiquer avec les siens. Félix avait épousé une juive, Drusilla, et il se plaisait à entendre discourir son captif^ mais, quand il l'entendit lui parler de la justice chrétienne, du devoir de la chasteté et du jugement futur, il ajourna lés entretiens. C'était d'ailleurs un homme avide. L'espoir que Paul se rachèterait à prix d'argent le lui fit retenir deux années. Remplacé alors dans ses fonctions par Portius Festus, il laissa Paul en prison pour être agréable aux Juifs.

Festus^ ayant pris possession de son gouvernement, monta de Gésarée à Jérusalem. 11 y fut obsédé par les accusations des princes des prêtres et des principaux juifs contre Paul, qui le priaient de le faire amener de sa prison, avec le dessein de le faire périr pendant le voyage. Le président s'y refusa, mais les convoqua eux-mêmes à Césarée, dont il allait reprendre le chemin. Là, il fit comparaître l'apôlre en sa présence devant eux. Paul se défendit de nouveau d'avoir rien fait contre les Juifs ni contre César ; et comme Festus lui proposait de venir débattre le procès à Jérusalem en face du peuple, Paul ne voulant pas consentira ce que la qualité de juif chrétien devînt un opprobre par , le fait de sa condamnation, répondit : Je n'ai commis aucun crime contre les Juifs, vous le savez, personne ne peut me livrer à eux, et, du reste, c'est i\ César qu'il appartient de méjuger en une cause I capitale : je ne refuse pas de mourir si je le mérite, mais j'en appelle à son tribunal. ■ — Tu en as appelé à César, dit Festus, tu seras conduit à César. C'est

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ainsi que saint Paul partit pour Rome (Tan 60).

Or, le roi Agrippa venait d'arriver à Gésarée avec son épouse Bérénice. Festus, pour les honorer, ordonna une nouvelle comparution. Paul refit avec le môme éclat sa défense, expliqua le contraste entre sa vie de persécuteur et sa vie d'apôtre, et, appuyé sur les prophéties qui n'étaient point inconnues d'Agrippa, proclama une fois déplus la résurrection du Christ qui avait fait de lui son témoin. Sur quoi, tandis que Festus lui disait : les Ecritures te font perdre la raison, le roi et la reine convinrent devant lui que cet homme pourrait être relâché s'il n'en avait appelé à César.

Paul, embarqué sous bonne garde, fit une traversée longue et difficile. Une violente tempête, qui dura trois jours, mit le vaisseau dans le plus grand péril, et tous étaient désespérés, lorsqu'il leur annonça qu'un ange lui était apparu pendant la nuit et lui avait dit d'avoir confiance, que Dieu les sauvait à cause de lui, parce qu'il fallait qu'il parût devant César. Enfin on aborda en Italie et l'on parvint à Rome.

L'apôtre y demeura deux ans en prison. Mais sa captivité n'était pas si étroite qu'il ne pût entretenir des rapports avec le monde et exercer l'apostolat au sein même de la capitale de l'empire. Il s'y était déjà fait connaître par une lettre magistrale adressée aux chrétiens de cette ville. A peine arrivé, il convoqua près de lui les principaux des juifs et leur rendit compte de la cause qui l'amenait parmi eux en cet état. Alors s'engagèrent, les jours suivants, des discussions prolongées où le témoin

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de Jésus dissertait du royaume de Dieu, des prophètes, de Moïse et du Messie. Les uus embrassaient la foi, d'autres la repoussaient avec obstination, et Paul rappelait à ceux-ci les malédictions d'ïsaïe contre le peuple qui a des oreilles et ne Yeut pas entendre. Ainsi, s'écoulèrent ces deux années. A tous ceux qui venaient le voir il prêchait librement le Seigneur Jésus-Christ. Parmi les fidèles son apostolat fut merveilleux. Mais il en recueillit encore d'autres fruits : l'aristocratie romaine n'en profita pas moins. Un passage de sa lettre aux Thessaloniciens fait allusion à la fameuse séance du prétoire, où il comparut devant ce que Rome avait de plus illustre et rendit magnifiquement témoignage de la foi chrétienne.

Cette audience eut pour conclusion la mise en liberté de l'apôtre. Il est très probable qu'il en profita pour aller prêcher en Espagne. On le retrouve ensuite en Orient, poursuivant ses labeurs apostoliques. Il visita Colosse, Ephèse où il laissa comme évêque son disciple Timothée, et évangélisa l'île de Crète dont il fit évêque Tite, un autre de ses disciples. Il revint à Pvome sous la persécution de Néron, et ce fut pour consacrer par le martyre son admirable apostolat.

Le récit des travaux de saint Paul, ainsi conservé par la Sainte Ecriture, est un témoignage précieux de ce que fut l'œuvre d'évangélisation accomplie par les apôtres. Ceux des autres, hormis ce qui a été dit de saint Pierre, ne nous sont connus que par des traditions rendues éminemment recomman-

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dables vu leur très haute antiquité. C'en est d'abord une, qu'avant de se disperser par le monde, les apôtres rédig"èrent en commua le symbole de la foi.

Saint Jacques le Mineur et saint Jean, le disciple bien-aimé, ont cependant une histoire plus certaine. On a déjà vu que saint Jacques le Majeur, frère de Jean, fut exécuté en 42, par le roi Agrippa pour plaire aux juifs. Saint Jacques le Mineur fut évèque de Jérusalem. Sa droiture, égale à sa grande sainteté, lui avait fait décerner, même par ceux-ci, le titre de Juste. 11 n'en fut pas moins victime de leur haine du Christ. Dénoncé vers l'an 62, par le grand-prôlre Ananie, à cause du témoignage public qu'il rendait à Notre Seigneur, il fut précipité du haut d'une des terrasses du temple. Il respirait encore et priait pour ses bourreaux ; un foulon l'acheva d'un coup de maillet.

Saint Jean ne s'éloigna de la Judée qu'après la mort de la Très Sainte Vierge, que le Sauveur lui avait confiée du haut de la croix. Suivant une très solide tradition, les apôtres assistèrent à cette sainte mort, et constatèrent la merveille de l'Assomption de Marie. Jean vint ensuite à Ephèse, d'où il exerça une vigilante sollicitude sur les Eglises d'Asie dont il était l'oracle. La persécution vint le chercher au milieu de ses travaux et de ses suc- 'cès. On le verra conduit à Rome sous Domilien, condamné à un affreux supplice, et, sauvé par un éclatant miracle, relégué ensuite dans l'île de Pathmos, où il mourut centenaire, après tous les autres, vers l'an io4.

Saint André, frère de Simon-Pierre, se rendit

eu Scjthie, évan^élisa la Thrace et TEpire, puis il passa en Achaïe, et fut crucifié à Patras, par ordre du proconsul Œgée.

Saint Matthieu se fixa d'abord en Judée, où il écrivit son évangile, et partit ensuite pour TEthiopie et le pays des Parthcs. Saint Thomas pénétra i aussi chez les Parthes et poussa probablement ses j conquêtesjusqu'aux Indes. Saiiit Barthélémy qu'on croit être le même que Nathanaël, un des premiers disciples de Jésus, exerça son apostolat dans les Indes, en Phrygie, en Lycaonie et subit le martyre ; en Arménie où il fut écorché vif, en l'an 71. Saint Jude, frère de Jacques le Mineur, parcourut la Mésopotamie, la Perse et l'Arménie. Simonie Zélote, prêcha en Mésopotamie, dans i'Iduméet l'Arabie. Saint Philippe évangélisa la haute Asie et paraît avoir consommé sa longue carrière en Phrygie. Enfin saint Matthias^substitué au traître Judas, entra en Cappadoce, suivit les bords de la mer Caspienne et fut martyrisé en Colchide.

On voit que le monde romain presque tout entier a été évangélisé par les apôtres. De fervents disciples formés et envoyés par eux venaient sur leurs pas ou se portaient dans les parties que leurs maîtres n'avaient pu qu'explorer, pour y prêcher l'Evangile et fonder des églises.

L'histoire des Gaules, par exemple, témoigne de j ces missions. Six hommes apostoliques y furent envoyés par saint Pierre : saint Trophime d'Arles, saint Martial de Limoges, saint Austremont de Glermont, saint Gaîien de Tours, saint Saturnin de Toulouse, saint Valère de Trêves.

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